L’Avalanche, un modèle à suivre

DENVER — Quand les Sénateurs et l’Avalanche se sont affrontés à Stockholm, en Suède, en novembre 2017, la formation du Colorado commençait à se relever d’une saison désastreuse de 48 points au classement tandis qu’Ottawa visait haut après lui avoir soutiré Matt Duchene quelques mois après sa participation à la finale de l’Est.

Deux ans et trois mois plus tard, les rôles sont complètement inversés alors que les anciens Nordiques sont redevenus des aspirants à la coupe Stanley, tandis que leurs adversaires de mardi soir au Pepsi Center sont au cœur d’une reconstruction amorcée quelques mois après l’arrivée de Duchene.

Critiqué à Denver à l’époque parce qu’il avait pris tout son temps pour expédier le récalcitrant centre sous d’autres cieux, le directeur général Joe Sakic fait maintenant figure de génie, avant même l’arrivée du premier choix du dernier repêchage, le défenseur Bowen Byram, acquis avec le choix conditionnel obtenu des Sénateurs en même temps que Kyle Turris (cédé ensuite à Nashville contre le défenseur Samuel Girard et l’attaquant Vladislav Kamenez), Andrew Hammond et Shane Bowers, ancien premier choix d’Ottawa qui est actuellement dans la Ligue américaine.

«Présentement, c’est une équipe qui est red hot. Il y a quatre ans, ils étaient dans une position pire que la nôtre et là, ils sont rendus où nous voulons être éventuellement», a souligné l’entraîneur-chef des Sénateurs D.J. Smith mardi matin avant le deuxième affrontement en moins d’une semaine contre l’Avalanche.

L’équipe du Colorado avait l’avantage de pouvoir rebâtir autour du premier choix au total du repêchage de 2013, Nathan MacKinnon, obtenu grâce à la loterie après une autre saison désastreuse (39 points en 2012-2013).

«Ça prend des bons joueurs pour renverser la vapeur. J’imagine que plusieurs clubs nous regardent, mais nous sommes assez uniques,. Nous avons fait un virage à 180 degrés très rapidement. J’espère pour Ottawa qu’ils vont y arriver eux aussi. Ils sont en avance sur où nous étions, même s’ils ne reviendront pas cette année. Ils doivent continuer à bâtir pour être compétitifs d’ici un an ou deux, a dit MacKinnon en matinée. C’est certain que l’échange [de Duchene] a été bon pour nous, Gee [Girard] est un de nos meilleurs défenseurs et ça aide beaucoup.»

Tête d’affiche à Stockholm avec son compatriote Erik Karlsson, un programme double que les Sénateurs avaient balayé grâce notamment à un doublé de Mike Hoffman lors du second match, le capitaine de l’Avalanche Gabriel Landeskog était comme un peu tout le monde, incrédule de voir le club de la capitale s’effondrer par la suite.

«On ne sait jamais ce qui peut arriver. Tu regardes leur alignement en 2017 comparativement à maintenant, il y a eu beaucoup de changements. Tout le monde passe à travers des changements, c’est naturel. Nous, on s’est remis lentement sur le bon chemin, avec l’arrivée de bons espoirs dans notre système et d’autres au repêchage, en plus de quelques agents libres. Nous avons travaillé fort pour y arriver, on a mérité ce qui nous est arrivé mais nous n’avons vraiment rien accompli encore. Il y a encore beaucoup de travail devant nous», a-t-il commenté.

Le centre gatinois Jean-Gabriel Pageau était le troisième centre de son club à Stockholm, derrière Duchene et Derick Brassard, alors qu’il pivote le premier trio jusqu’à nouvel ordre (rien de nouveau quant à des négociations de contrat, a-t-il réitéré mardi).

«Ils ont été dans la même situation que nous il y a trois-quatre ans, alors qu’ils avaient amassé 48 points et que nous sommes rendus à 47 [avant le match]. On est dans une position qui, je le pense, est encore mieux que celle dans laquelle ils étaient, et aujourd’hui, ils aspirent à la coupe Stanley. Ça donne espoir aux jeunes joueurs dans notre chambre et à tous les joueurs. Si eux ont été capables de faire ça, nous aussi. Il faut juste y mettre l’effort, comme ils l’ont fait eux aussi. C’est pourquoi ils ont autant de succès», a-t-il confié au Droit.