Avant le match, Nathan MacKinnon a avoué souhaiter que les Sénateurs terminent au dernier rang du classement général. Zack Smith et Mark Borowieck auraient-ils eu vent de ses propos.

L’Avalanche rêve à Hughes

Nathan MacKinnon se sent obligé de répondre honnêtement à la question.

Si les Sénateurs terminent la saison au 31e et dernier rang du classement général, il sera heureux.

« Je pourrais prétendre le contraire, mais ce serait malhonnête de ma part », déclare le centre du trio le plus productif de toute la Ligue nationale de hockey (LNH).

On peut facilement le comprendre.

L’Avalanche détient présentement le premier choix des Sénateurs au prochain repêchage amateur.

L’équipe qui terminera dans la cave du classement sera celle qui aura le plus de chances de remporter la loterie donnant accès au premier choix.

Alors...

« On serait vraiment heureux d’accueillir Jack Hughes ou Kaapo Kakko, confirme MacKinnon. En fait, on serait heureux d’ajouter n’importe quel jeune joueur de talent à notre formation. »

« Nous n’avons pas nécessairement besoin de cela. Nous sommes heureux de travailler avec les joueurs qui font partie de l’équipe en ce moment. »

Le pire, c’est que MacKinnon n’est pas tout seul.

Le capitaine Gabriel Landeskog, qui ressemble de plus en plus à Daniel Alfredsson, admet qu’il accorde une plus grande importance que d’habitude au classement de l’Association Est.

« Il est encore tôt, dit-il. Je vais accorder plus d’importance à toutes ces histoires en mars », avec un petit sourire qui trahit un certain malaise.

« Je dois cependant reconnaître que je m’intéresse davantage au classement cette saison. »

La franchise des jeunes piliers de l’Avalanche surprend. Dans le monde très « propre » de la LNH, rares sont les gens qui osent souhaiter, ouvertement, du mal à leurs rivaux.

Le collègue qui a posé la question à l’entraîneur-chef Jared Bednar lui a même laissé une porte de sortie.

« Le classement des Sénateurs... Ça vous intéresse ou ça vous laisse complètement indifférent ?

— Je ne dirais pas que ça me laisse complètement indifférent », a-t-il répondu.

« Je suis un entraîneur. Mon équipe remplit déjà très bien mes journées. J’ai des choses à corriger et des choses que nous devons améliorer. Lorsque ça va bien, je dépense autant d’énergie à trouver des façons de garder le cap. »

« Il m’arrive quand même de jeter un coup d’œil au classement. Je passe davantage de temps à l’étudier durant nos séquences victorieuses. Quand on perd, ça me déprime un peu. »

Un mauvais mois

L’Avalanche ne peut pas gaspiller trop de temps à rêver. L’équipe a conservé une fiche de 4-7-3 en décembre. Ils viennent de connaître une séquence de trois revers sur la route, histoire de mal commencer l’année.

« Nous sommes toujours en bonne position », argue Landeskog.

Une participation aux séries n’est cependant pas assurée.

Si l’Avalanche n’est pas capable de redresser la barre, l’équipe pourrait avoir encore plus de chances de remporter la loterie du repêchage.

« Nous traversons tout simplement une mauvaise passe, croit l’ailier suédois. Nous ne sommes pas moins bons qu’avant. Nous avons connu quelques matches difficiles où l’effort n’était pas au rendez-vous. C’était inacceptable. Certains soirs, nous jouons bien, mais nous sommes incapables de gagner. »

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Les pères voyagent

Le court séjour à la maison est déjà terminé. Les Sénateurs quittent à nouveau Ottawa, jeudi, afin de passer le week-end aux États-Unis. L’avion de l’équipe sera un peu plus chargé, puisqu’il s’agira du voyage annuel des pères.

Un sourire est apparu sur le visage de Thomas Chabot, mercredi matin, quand il s’est mis à parler de son propre père, qui venait de quitter la Beauce en voiture. «Il est pas mal excité. Je pense que ça va être le fun de l’avoir avec nous sur la route», a-t-il commenté. Les parents de Chabot avaient l’habitude de suivre leur fiston un peu partout, pour le suivre dans la LHJMQ. Le jeune défenseur a pu récompenser sa mère, le printemps dernier, en l’invitant à l’accompagner au Danemark lors du Championnat mondial de l’IIHF.

«Mon père est enseignant. Il n’avait pas été capable de se libérer au printemps, dit-il. Après avoir vu tous ces matches de hockey, il aura enfin la chance de voir comment ça se passe, vraiment, sur la route. Il va même avoir accès à un meeting d’équipe. Ce sera vraiment intéressant.» Le père de Craig Anderson était au CCT, mercredi matin. Il risque de voir son fils à l’oeuvre, ce week-end. Le vétéran gardien doit effectuer son retour au jeu, en Caroline ou à Saint-Louis.

Le grand retour d’Ian Cole

On ne pourra jamais reprocher à Ian Cole de manquer d’humour. Le vétéran défenseur de l’Avalanche rigolait, mercredi matin. Il essayait de convaincre quelques journalistes que les Sénateurs préparaient une vidéo pour lui rendre hommage.

«Je crois que je mérite au moins ça. Quand on y pense, je n’ai pas commis une seule erreur dans l’uniforme d’Ottawa», a-t-il lancé. Cole n’a pas tort. Il n’a jamais réalisé de bon coup non plus, durant son court passage dans la capitale. Pierre Dorion a obtenu ses services dans une transaction avec les Penguins de Pittsburgh, le 23 février. Trois jours plus tard, il a cédé ses droits aux Blue Jackets de Columbus, dans une seconde transaction.

«Vous savez quoi? Je trouve que Pierre s’est comporté de manière très professionnelle. Il m’a passé un coup de fil pour me dire qu’il m’aimait bien, comme joueur. Il m’a dit qu’il comptait quand même m’échanger. Il m’a expliqué qu’il ne servait à rien de me précipiter à Ottawa. J’ai donc pris le temps de faire mes valises, à Pittsburgh, en attendant la suite des choses.»

Cole n’a pas lâché le morceau pour sa vidéo hommage. «Quelqu’un pourrait simplement diffuser au tableau ma conversation avec Pierre. Je présume qu’on l’a enregistrée...»