Anders Nilsson sera devant le filet des Sénateurs face aux Blues de Saint-Louis, jeudi. Il aura une chance de prouver à son entraîneur qu’il a l’étoffe d’un gardien numéro un.

L’audition débute pour Anders Nilsson

La bataille pour le poste de gardien de but numéro un va – enfin – débuter.

Craig Anderson a eu le privilège de participer au deux premiers matches de la saison régulière – le match inaugural à Toronto et le match inaugural à la maison.

C’était, tout simplement, une marque de respect envers le vétéran qui a passé les huit dernières années à Ottawa.

Anderson a perdu ces deux matches. Il n’a pas réalisé d’arrêts époustouflants dont ont parle encore aujourd’hui.

On va donc, maintenant, passer aux choses sérieuses.

Anders Nilsson obtiendra son premier départ de la saison régulière, face aux Blues.

S’il veut en obtenir d’autres, il n’a qu’à prouver à ses patrons qu’il est le meilleur.

« Ce n’est rien de nouveau, croit D.J. Smith. C’est la même histoire, dans toutes les villes, avec tous les gardiens. Quand un gardien de but numéro deux se retrouve devant le filet, son objectif consiste à voler le job de son partenaire. »

Ce n’est pas faux.

Ce n’est pas entièrement vrai, non plus.

Dans certaines villes, le numéro deux comprend que ses chances de « voler le poste » du numéro un sont à peu près nulles.

À Ottawa, à l’automne 2019, la porte est grand ouverte.

Smith l’a répété, mercredi. Il considère que ses deux protégés sont sur un pied d’égalité à l’heure actuelle.

« Je l’ai dit, dès le départ. J’ai l’intention de les utiliser, tous les deux. Regardez ce qu’ils ont fait, à Boston, l’an dernier. Ils ont mis en place un système d’alternance qui a fait en sorte que les deux gardiens avaient l’air frais et dispos en fin de saison. »

L’an dernier, à Boston, Tuukka Rask a obtenu 45 départs en saison régulière. Son partenaire, le bon vieux Jaroslav Halak, en a obtenu 37.

Rask avait effectivement l’air en grande forme, quand il a pris la pôle au début des séries éliminatoires. Il a été le meilleur gardien de toute la LNH, et de loin, durant les mois d’avril, mai et juin. Il aurait possiblement gagné le trophée Conn-Smythe, s’il avait réussi à remporter le match numéro sept de la finale.

« Être gardien, dans la LNH, c’est difficile. Je crois que de plus en plus d’équipes vont imiter les Bruins. Ici, en tous cas, je ne veux surtout pas qu’un gardien passe trop de temps à réchauffer le banc. »

Onze jours ont quand même passé, depuis le dernier match disputé par Anders Nilsson.

Le Suédois avait été battu quatre fois sur 34 lancers, lors d’un match préparatoire disputé à Montréal, au Centre Bell.

Il était de mauvais poil en grimpant dans le train qui l’a ramené à Ottawa. Il n’était pas trop satisfait de ses performances durant le camp d’entraînement.

« Nous avons bien utilisé les derniers jours. Nous avons eu de bonnes rencontres productives. Il n’y avait pas de presse. Nous avons été capables de nous concentrer sur les plus petits détails. Nous comprenons mieux notre système de jeu et nous connaissons davantage nos entraîneurs. C’était comme un mini-camp d’entraînement », croit Nilsson.

S’il veut regagner confiance rapidement, il n’aura qu’à penser à ses performances de l’hiver 2019. Il a réussi à conserver une fiche de 11 victoires et 11 défaites à ses 24 dernières parties. Avec un club de dernière place, ce n’était pas vilain du tout.

« Je me sentais bien en fin de saison. Mais ce qui est arrivé dans le passé, c’est du passé. Le passé n’affecte en rien le présent, et je veux vivre dans le présent. »

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WOLANIN COMPLÉTERA SON BACCALAURÉAT

Christian Wolanin trouve parfois le temps long, surtout quand ses coéquipiers des Sénateurs ne sont pas en ville.

Il sait qu’il n’a pas fini de s’ennuyer. « Les gens que je consulte ont différentes opinions. Certains me disent que je serai de retour au jeu d’ici quatre mois. D’autres me disent que je devrai attendre neuf mois », dit le jeune défenseur blessé.

Il a rencontré les représentants des médias, en fin de matinée, mercredi.

Comme il préfère s’occuper l’esprit, tandis que son épaule gauche guérit, l’athlète de 24 ans a choisi de régler un dossier qui traînait.

« Je suis en train de compléter mes études », a-t-il annoncé.

Wolanin a passé trois années à l’Université du Dakota du Nord, entre 2015 et 2018.

En plus de jouer 109 matches de hockey, durant cette période, il a trouvé le temps de compléter à 90 % son baccalauréat en communication.

« J’ai complété tous les cours de mon programme. Il me reste simplement à choisir quelques cours complémentaires. En ce moment, je travaille sur un cours sur les civilisations occidentales, et un autre sur la gouvernance à l’échelle régionale. »

Il pourra faire tout cela à distance. Même pas besoin de se rendre à Grand Forks pour rédiger les examens finaux.

« Je n’ai qu’à ouvrir ma webcam. Quelqu’un peut me surveiller à distance. Ça procure un drôle de feeling », dit-il.

Soutien de Pageau

Ce n’est quand même pas ce que Wolanin avait en tête, quand il pensait aux mois qui s’en viennent.

Il avait terminé la dernière saison en force, dans le top-4 défensif des Sénateurs. L’entraîneur intérimaire Marc Crawford l’utilisait entre 18 et 20 minutes par match.

Il était bien conscient qu’il avait un poste à perdre, en septembre, au camp d’entraînement.

Une chute bête, durant une séance d’entraînement sur glace, a tout gâché.

« Quand je suis tombé, j’ai tout de suite su que c’était sérieux. J’ai passé de longues heures à attendre qu’on remette mon épaule à sa place, et à me dire que je devrais sans doute m’absenter pendant une très longue période. »

« Aujourd’hui, encore, j’ai l’impression que c’est plus difficile mentalement que physiquement. »

Wolanin a consulté des tas de gens qui ont subi des blessures similaires. « J’en ai parlé avec mon père, pour commencer. J’ai repris contact avec des anciens coéquipiers. J’ai discuté avec Josh Norris. Nous appartenons à la même organisation et nous sommes membres du même gymnase durant l’été. »

« En fait, je ne peux pas vous garantir que mon père a déjà subi cette blessure, mais il a tellement été blessé souvent. Il est de très bon conseil », dit le joueur.

Craig Wolanin a franchi le plateau des 70 matches joués à seulement trois reprises, durant sa carrière de 13 saisons dans la LNH.

« Jean-Gabriel Pageau a été le premier à m’offrir son soutien. Il a lui-même subi une blessure au début du camp, l’an dernier. Il me comprend. »