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Kevin Mandolese a repoussé 43 lancers pour vaincre les Marlies de Toronto 3-2 au Centre Canadian Tire vendredi dernier.
Kevin Mandolese a repoussé 43 lancers pour vaincre les Marlies de Toronto 3-2 au Centre Canadian Tire vendredi dernier.

La saison bizarre de Mandolese

Marc Brassard
Marc Brassard
Le Droit
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Le plan lors d’une saison normale aurait été que Kevin Mandolese joue pour le Beast de Brampton, de la ECHL.

La pandémie a forcé cette franchise à fermer boutique en 2021, et les clubs de la LNH sont obligés d’avoir trois gardiens en tout temps pour pouvoir répondre à toute crise reliée au coronavirus. Cela fait qu’à la place, le gardien de l’année dans la LHJMQ l’an dernier a eu plusieurs occasions de s’entraîner avec les Sénateurs d’Ottawa et il a même agi comme substitut pour un match de la LNH lors du récent forfait de Matt Murray pendant une période d’échauffement.

Il était aussi sur l’escouade de réserve pour un long voyage dans l’Ouest, ce qui fait qu’il n’a disputé que trois parties avec le club-école des Senators de Belleville.

Comme un peu tout le monde qui peut jouer au hockey pour gagner sa vie malgré des gradins vides, un des gardiens d’avenir des Sénateurs ne se plaint certainement pas de son sort, qui change constamment en raison des blessures à Murray, Marcus Högberg et Joey Daccord, ainsi que l’émergence de Filip Gustavsson et l’arrivée dans le décor d’Anton Forsberg.

« C’est une année bizarre, c’est certain, a-t-il confié au Droit cette semaine. J’ai passé la première semaine dans la Ligue américaine et j’ai joué mon premier match (un revers de 5-1), puis je n’ai pas eu d’autre match pendant un mois et je n’avais pas vraiment de séance d’entraînement avec l’équipe non plus. Il faut y aller au jour le jour, tu n’as pas trop le choix rendu là. Il faut que tu prennes ce qui t’est donné et quand tu as la chance de jouer, il faut que tu la saisisses et que tu en profites. Exactement comme Joey et Gus l’ont fait. »

En peu de temps avec les Senators de Belleville, Kevin Mandolese a trouvé le moyen d’impressionner son entraîneur, Troy Mann.

La compétition commence à être assez féroce pour le titre de « gardien de l’avenir » des Sénateurs. Si Högberg en a arraché comme adjoint de Murray en début de saison avant de se blesser à l’aine, Daccord commençait à s’imposer avant de se tordre un genou. En relève, Gustavsson a fait encore mieux au cours de la dernière semaine (fiche de 2-0-1, moyenne de 0,86 et taux d’efficacité de ,973). Et les choix des deux dernières saisons, Mads Sogaard (deuxième ronde en 2020) et Leevi Merivalainen (troisième ronde en 2021), connaissent d’excellentes saisons en Europe (Danemark et Finlande, respectivement).

Ce qu’il est intéressant de noter, c’est que plusieurs de ces gardiens s’entendent fort bien lorsqu’ils ne sont pas sur la patinoire, Mandolese s’étant lié particulièrement d’amitié avec Daccord, Gustavsson et Sogaard. Les quatre s’encouragent mutuellement, notamment par le biais de messages sur Instagram. 

« On en a parlé, Joey et moi. Il m’a dit : “Ça m’arrive à moi, mais ça peut t’arriver n’importe quand.” C’est le fun de voir qu’ils ont bien joué, lui et Gus. Je pense que ça aide tous les gardiens de l’organisation d’avoir une compétition saine. Ça nous pousse l’un l’autre à être meilleurs. À la fin de la journée, si tous les gardiens jouent bien, ce sera à l’équipe de prendre une décision. Mais ça peut changer vite : Joey est passé de l’ECHL à la Ligue américaine, puis au taxi squad et à jouer des matches dans la LNH en un an et demi », souligne le cerbère de 20 ans qui fait 6’ 4’’ et pèse 197 livres.

Ce choix de sixième ronde en 2018 a lui aussi touché à la LNH plus vite que prévu, avec ce match où il a été le substitut de Daccord. « Je ne pense pas que je l’ai réalisé parce que ça s’est passé tellement vite, mais c’est un bon petit bonbon et ça me donne un excellent boost... Et le voyage dans l’Ouest m’a permis de voir comment ça se passe sur la route, à quel point on y est bien traité. C’est une saison assez unique », ajoute-t-il.

En peu de temps avec Belleville, il a trouvé le moyen d’impressionner son entraîneur, Troy Mann. « Mando progresse bien avec nous. Il a obtenu du temps de qualité individuellement avec PG (Pierre Groulx, l’entraîneur des gardiens) et Justin Peters (nouveau responsable des gardiens avec Belleville), ce qu’il n’aurait pas obtenu dans l’ECHL. Il a une bonne éthique de travail. Peters pense qu’il pourrait se faciliter la tâche en améliorant son contrôle des retours, ils travaillent là-dessus », estime Mann.

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Kevin Mandolese a été repêché par les Sénateurs en sixième ronde, en 2018.

UN AUTRE CLUB-ÉCOLE AU CAP-BRETON

Si Brady Tkachuk a eu peine à récupérer la rondelle de la première victoire dans la LNH de Filip Gustavsson, Kevin Mandolese n’a pas eu ce problème. Il a repoussé 43 lancers pour vaincre les Marlies de Toronto 3-2 au Centre Canadian Tire vendredi de la semaine dernière et un autre produit de la filière des Screaming Eagles du Cap-Breton, Egor Sokolov, s’est précipité pour la ramasser et la lui remettre.

« Il m’a dit qu’il a sprinté aussi vite qu’il pouvait pour aller ramasser la rondelle, il était content de me la donner. Je suis content, c’était un moment spécial. On a vécu beaucoup d’affaires ensemble dans les dernières années (au Cap). C’était le fun de partager un autre moment ensemble », raconte le gardien originaire de Blainville.

Avec Belleville, il a retrouvé non seulement l’attaquant russe, mais il y a aussi le capitaine Logan Shaw qui est un ancien Screaming Eagle. Les Sénateurs comptent aussi évidemment sur son ancien coéquipier pendant une saison et demie, Drake Batherson, tandis que le centre du quatrième trio actuellement, Clark Bishop, a joué à Sydney, en Nouvelle-Écosse, avant eux.

« C’est le fun d’avoir tous les gars des Screaming Eagles, on a beaucoup de points en commun », dit Mandolese., notant que c’est un autre club-école amateur pour l’équipe, avec l’Université du North Dakota, où se trouvent quatre espoirs (Jacob Bernard-Docker, Shane Pinto, Jake Sanderson et Tyler Kleven).

« Il faut croire que mon frère aime ça aller à l’aréna du Cap-Breton », blague Troy Mann en parlant de Trent Mann, le dépisteur-chef au niveau amateur des Sénateurs.

Ce gain à son deuxième départ dans la Ligue américaine, après un revers de 5-1 contre Laval au Centre Bell le 13 février à ses débuts dans ce circuit, a rassuré Mandolese.

« Après un mois sans jouer, c’était une bonne game. Le jeu est plus rapide et je ne pensais pas me sentir aussi bien si rapidement, mais m’entraîner avec Pierre Groulx, ça a vraiment porté fruit, on a travaillé certains aspects de mon jeu pour rendre le jeu assez simple. Ça a paru dans ce match-là. Ça m’a prouvé que j’ai ma place dans la Ligue américaine. C’est juste de continuer sur cette erre d’aller là... C’est le fun d’être sur le taxi squad, mais c’est plus le fun de jouer. Tu es payé pour jouer et pour gagner des matches », affirme-t-il.