Gabriel Carrière est le 15e meilleur espoir chez les gardiens en vue du prochain repêchage de la LNH.

La sagesse de Gabriel Carrière

C’est une décision déchirante pour tous les joueurs qui ont une chance d’entendre leur nom au repêchage de la LNH, mais qui ne sont pas certains à 100 % d’être sélectionnés : assister ou pas à l’encan annuel.

Le gardien Gabriel Carrière, d’Orléans, n’a pas eu à se casser la tête, lui. Considéré comme le 15e meilleur espoir en Amérique du Nord à sa position, il ne sera pas dans les gradins du Rogers Arena de Vancouver samedi.


«  Être repêché, c’est juste une étape, tu es encore loin d’être capable de jouer dans la Ligue nationale de hockey.  »
Gabriel Carrière

Ce n’est pas tant que le cerbère des Lasers de Kanata, de la Ligue centrale, n’est pas confiant d’être choisi : il sera plutôt sur la chaise d’un dentiste pour se faire retirer ses quatre dents de sagesse.

« Mon rendez-vous est de 13 h à 16 h samedi après-midi, donc si je suis choisi, je ne sais pas si je vais en avoir connaissance, a-t-il confié mardi au Droit. Si ce n’était de ça, je serais probablement allé à Vancouver pour assister au repêchage. Mais en même temps, ça ne me dérange pas trop de manquer ça. Être repêché, c’est juste une étape, tu es encore loin d’être capable de jouer dans la Ligue nationale de hockey. »

Âgé de 18 ans (il en aura 19 en novembre), Carrière fait preuve d’une belle maturité en émettant un commentaire aussi « sage », pardonnez le jeu de mots. C’est probablement dû en partie au fait qu’il est orphelin de son père Daniel, décédé quand il n’avait que 12 ans.

« Il demeure une grande inspiration pour moi, dit-il à ce sujet, au cours d’une entrevue téléphonique pendant une pause de son emploi d’été dans un lave-auto. Il a joué au hockey à un bon niveau lui aussi, comme joueur cependant. J’ai un oncle, Tom Carrière, qui a joué à l’université Western Michigan aussi. Quand j’étais jeune, on faisait une rotation et tout le monde avait l’occasion d’être gardien pour un match. J’ai adoré ça et quand j’ai pu le devenir à temps plein, mon père était d’accord que je le fasse. J’ai été le dernier gardien choisi [au niveau novice]. Qui sait ce que j’aurais fait si je n’avais pas été retenu ? »

Carrière, qui donne beaucoup de crédit à sa mère Jacqueline pour l’avoir aidé à se rendre jusque là dans sa carrière de hockeyeur, entend suivre les traces de son oncle alors qu’il s’est déjà engagé à jouer pour l’université du Vermont à compter de la saison 2020-2021, après un passage dans la USHL (circuit junior américain) avec le club de Waterloo la saison prochaine.

Son entraîneur avec les Lasers, Dave Léger, n’a que de bons mots au sujet de son (ancien) protégé à relayer aux dépisteurs qui l’interrogent à son sujet, alors que Carrière a disputé 42 parties la saison dernière, présentant une fiche de 18-19-2 avec une moyenne de 3,19 et un taux d’efficacité de ,915.

« Gab est un être humain très calme et posé, et il est comme ça devant le filet également. Il est très patient pour trouver la rondelle et l’arrêter. Je ne suis pas un expert des gardiens, mais notre entraîneur des gardiens dit que sa grande force est ses déplacements avec le bas de son corps, souligne-t-il. Il est un late bloomer qui a persévéré alors qu’il a grandi sur le tard. Quand je l’ai rencontré la première fois il y a trois ans, il faisait environ 5’ 4’’ et il devait peser 120 livres. »

Carrière a effectivement pris du coffre depuis, faisant 6’ 2’’ et pesant environ 170 livres maintenant.

« J’ai grandi de quatre pouces au cours d’un été il y a une couple d’années, et depuis, je continue à grandir de façon plus graduelle », relate-t-il.

Léger est convaincu qu’un club de la LNH verra qu’il pourra continuer à développer son potentiel au cours des prochaines années, mais Gabriel Carrière préfère ne pas trop s’emporter avec ça. « Je n’ai pas vraiment d’attentes, on verra ce qui va se passer », ajoute ce produit de l’école secondaire Gisèle-Lalonde et du Wild AAA de l’Est de l’Ontario.