Mark Stone (61) et Jean-Gabriel Pageau (44) se ruent vers Bobby Ryan, auteur du but gagnant en prolongation. Ottawa prend ainsi les devants dans la série finale de l'Association de l'Est face aux Penguins de Pittsburgh.

La première aux Sénateurs grâce à Ryan

Les Sénateurs d'Ottawa sont peut-être les négligés des parieurs en finale de l'Est, mais ils ont montré samedi soir qu'ils n'ont pas de complexe d'infériorité face aux champions en titre de la coupe Stanley.
Ils ont obtenu un gain de 2-1 en prolongation contre les Penguins de Pittsburgh sur leur patinoire du PPG Paints Arena en lever de rideau de leur finale de l'Est grâce au but de Bobby Ryan à 4:59 de la première période de surtemps. Ryan s'est échappé sur une passe de Jean-Gabriel Pageau et il a habilement déjoué le gardien Marc-André Fleury d'un tir du revers.
«C'est une bonne sensation de marquer à un moment important, crucial. On a parlé de gagner nos batailles pour sortir la rondelle à la ligne bleue. "Stoner" [Mark Stone] et "Pager" [Pageau] l'ont fait et la rondelle m'a trouvé, j'ai été chanceux», a-t-il raconté après coup.
Les hommes de Guy Boucher remportaient ainsi un sixième match ayant nécessité plus de 60 minutes de jeu ce printemps, en sept occasions, et ils mènent cette finale de l'Est 1-0.
Anderson brille
Le système 1-3-1 de l'entraîneur-chef Guy Boucher a frustré les gros canons des Penguins pendant un bon moment, mais Evgeny Malkin a trouvé le moyen de se libérer suffisamment pour réussir le but égalisateur avec 5:35 à faire en troisième période, faisant dévier un tir de Chris Kunitz entre les jambières du gardien Craig Anderson. Pour Malkin, c'était un 148e point en carrière en séries, ce qui le place au troisième rang de l'histoire des Penguins.
Anderson s'est cependant illustré avec 27 arrêts, empêchant les Penguins de marquer lors de leurs cinq avantages numériques en première moitié du match.
«Je savais en partant, avec les punitions que nous avons écopées, qu'il fallait être prêts à jouer un bon match. L'unité de désavantage numérique a fait le travail. Si on avait alloué un but tôt dans le match, le momentum aurait été de leur côté et ils auraient pu mettre le feu à l'édifice, comme ils l'ont fait après avoir marqué en troisième. Ils n'ont pu prendre l'avantage et Bobby a réussi un beau jeu avec "Pager"» analysait Anderson, qui a joué devant son épouse Nicholle, originaire de la région de Pittsburgh, et leurs enfants.
Pageau, capitalisant sur une passe du revers de Ryan à partir de l'arrière du filet, a inscrit l'unique but des deux premières périodes. Pour Pageau, qui a amorcé le jeu en mettant de la pression en échec avant sur le défenseur Brian Dumoulin, il s'agissait d'un huitième but en séries. Il prend le deuxième rang de l'histoire des Sénateurs en séries éliminatoires, tout juste derrière Daniel Alfredsson, qui en avait marqué 14 lors que de la campagne de 2007. Il était auparavant à égalité avec Dany Heatley (2007), Jason Spezza (2007), Daniel Alfredsson (2002 et 1998) et Martin Havlat (2006). Le Gatinois a aussi 12 buts en carrière en séries, égalant Wade Redden au sixième rang des buteurs de l'histoire du club.
«C'est lui qui a parti le jeu en échec avant et je savais qu'il irait au filet ensuite. Il a la main heureuse ces temps-ci, alors aussi bien lui passer la rondelle. Si je rate ce jeu, je vais en entendre parler après, c'est certain», a dit Ryan, qui a maintenant 11 points en séries, dont cinq buts.
«Bobby est un joueur clé pour nous présentement, il porte attention aux détails, il finit ses mises en échec, il bloque des tirs. Je suis content que ça marche pour lui [en séries]... On a joué des matchs serrés toute l'année, on en a joué beaucoup en prolongation en séries. C'est certain qu'après la troisième période, quand ils reviennent de l'arrière, personne ne panique», soulignait Pageau.
Bons dans les deux sens
La série se poursuivra au même endroit lundi soir et l'entraîneur-chef Guy Boucher s'attend à voir les Penguins revenir en force.
«On ne planifie pas de tout changer ce qu'on fait. C'est certain que, de leur côté, il y aura des ajustements. Il va y avoir, comme on dit en anglais, un push back de l'adversaire. Nous avons notre façon de jouer. Les joueurs sont très dédiés dans les deux sens de la patinoire. Aujourd'hui, nous avons eu 35 lancers et plusieurs chances de marquer contre une équipe qui met beaucoup de pression et qui est difficile à percer. Le but, c'est d'être bons dans les deux sens. Nous ne sommes pas une équipe défensive. Nous sommes bons dans les deux sens de la patinoire», a souligné l'entraîneur-chef des Sénateurs Guy Boucher.
Ottawa a eu le dessus 35-28 au chapitre des tirs, dont 14-7 au dernier tiers.