Une panne de courant est venue perturber le camp de perfectionnement des Sénateurs d’Ottawa jeudi.

La malchance d’Aaron Luchuk

Son nom rime avec « luck » (chance, en français), mais Aaron Luchuk ne peut pas dire qu’il l’a été.

Deux semaines avant de se rapporter au camp de développement des Sénateurs, sa première chance de montrer pourquoi l’équipe lui a consenti un contrat de trois ans au milieu de sa dernière saison dans la LHOntario, le champion compteur en titre du circuit Branch s’est fracturé le petit doigt de la main droite et il ne peut donc que faire des exercices de patin cette semaine.

« Je faisais un exercice qui demandait de marcher à quatre pattes avec un poids sur les épaules, et le poids est tombé sur mon doigt. C’est “plate” que ça soit arrivé à ce moment-ci, mais j’essaie de mon consoler en me disant que c’est mieux maintenant qu’au milieu de la saison. C’est malheureux, mais il n’y a rien à faire, c’est comme ça. Au moins, je peux faire beaucoup de patinage en puissance ici », a-t-il indiqué lorsque rencontré jeudi par Le Droit.

Le petit centre de 5’ 10’’ et 185 livres sait qu’il sera prêt à temps pour le camp des recrues en septembre. Confiant en ses moyens, il pense être capable de faire le saut chez les professionnels sans coup férir, après une saison où il a totalisé 115 points, dont 50 buts, campagne partagée entre Windsor et Barrie.

« Je ne me suis jamais découragé quand j’ai vu de mes coéquipiers ou des amis être repêchés ou faire le saut dans la LNH alors que je n’ai même pas été repêché. Il y a des gens qui vont douter pendant tout ton cheminement, ça a été comme ça pour moi dans la LHO. Je dois venir ici et montrer ce que je peux faire aux dirigeants et aux entraîneurs, leur montrer que je peux aider ce club à gagner. On va voir où les cartes vont tomber. Mais j’ai confiance et je me sers des doutes à mon endroit pour me motiver. Je pense que je suis le joueur que je suis devenu aujourd’hui parce que je n’ai pas été repêché », dit celui qui a remporté la coupe Memorial l’an dernier avec Windsor.

Au cours d’une semaine où un joueur qui n’a jamais été repêché -- et qui a participé à un camp de recrues des Sénateurs -- a été sélectionné pour faire son entrée au Temple de la renommée du hockey, on penserait qu’un petit joueur comme Luchuk s’inspirerait du cheminement d’un Martin St-Louis. Mais ce n’est pas le cas.

« Moi, mon modèle est Jonathan Toews. C’est un gars qui joue aux deux bouts de la patinoire. Mes entraîneurs à Windsor me demandaient de remplir un rôle plus défensif lors des saisons avant la dernière. J’amassais quand même des points (60 en 2016-2017, 53 la précédente), mais j’avais surtout comme tâche de limiter les dégâts contre les meilleurs trios adverses. Cette année, on m’a laissé jouer un peu plus à ma façon et j’ai saisi ma chance, mais mon jeu défensif devrait m’aider chez les pros maintenant », a-t-il confié.

CROOKSHANK A HÂTE DE SE FAIRE UN NOM

Avec Jett Woo, un choix des Canucks de Vancouver, Angus Crookshank a probablement le nom qui a le plus attiré l’attention samedi dernier lors du deuxième jour du repêchage tenu à Dallas.

Le choix de cinquième ronde des Sénateurs n’était cependant pas sur place pour l’entendre être prononcé par le dépisteur-chef Trent Mann, étant demeuré dans son patelin de Vancouver vu qu’il n’était pas trop certain quand il serait choisi.

« Mon conseiller pensait que ce serait entre la cinquième et la septième ronde possiblement, donc j’ai décidé de passer la journée en famille à la maison. C’était plus important pour moi, ils m’ont tellement aidé au cours de ma carrière de hockeyeur... C’était quand même super excitant d’être choisi, par une équipe canadienne en plus. C’est une bonne sensation, surtout qu’en venant ici, c’est pas mal “cool”, ça donne une autre chance à mon père de détester les Maple Leafs », a confié l’attaquant de 5’ 10’’ et 180 livres qui a joué l’an dernier pour les Rivermen de Langley, dans la ligue junior A de la Colombie-Britannique.

Avec eux, il a été un compteur prolifique, amassant 22 buts et 23 passes pour 45 points en 42 matches, en plus de 34 minutes de punition.

Le dépisteur responsable de l’Ouest, Bobby Strumm, a dit à son sujet samedi qu’il « fait 5’ 10’’, mais il joue plus gros que ça. Il n’arrête jamais, il joue avec beaucoup d’énergie et à un rythme élevé. C’est un compétiteur qui a du “pif” autour du filet. Il compte des gros buts et il est capable de faire de gros jeux également. Il pourrait jouer un rôle sur les deux derniers trios ainsi que les unités spéciales. N’importe quel rôle. »

Comme la plupart des joueurs sélectionnés en fin de semaine, il faudra attendre avant de le voir se faire un nom dans la capitale. La saison prochaine, celui qui a un nom et un prénom de descendance écossaise ira à l’université du New Hampshire, où il entend étudier en sciences du sport ainsi qu’en économie.

« Dès l’âge bantam, j’avais en tête de jouer au niveau collégial. Mon père (George) a joué à ce niveau également, pour Minnesota-Dulude, j’ai été exposé à ce chemin-là. J’ai hâte de me joindre à ce programme, on devrait avoir une bonne équipe. Je suis un peu les traces de mon père, mais j’espère évidemment me rendre plus haut dans le hockey, il n’a pas joué chez les pros. J’ai fait un pas dans cette direction, mais il y a encore beaucoup de travail à faire. Il y a beaucoup de bons joueurs à ce camp, le rythme est élevé ici », a-t-il noté.