Logan Brown a récolté trois points dans la victoire des Sénateurs contre le Canadien de Montréal, samedi.

La force des jeunes anime Ottawa

Quand il s'est présenté devant les journalistes, après le match de samedi, Guy Boucher avait beaucoup de mal à masquer ses émotions.
Il semblait sincèrement emballé.
Sur la patinoire du Centre Canadian Tire, son équipe venait de dominer le Canadien de Montréal. La victoire de 5-1 avait été rendue possible, en grande partie, par les plus jeunes joueurs de l'organisation.
« Logan Brown, Filip Chlapik, Alex Formenton... Même Max McCormick dans son style. Ça devient embêtant, un peu », a-t-il commencé, quand est venu le temps de parler pour tous ces joueurs qui essaient de brouiller les cartes au camp d'entraînement.
La direction des Sénateurs n'avait pas nécessairement cru qu'un de ces jeunes pourrait entreprendre la saison dans la LNH. Dans les 10 premiers jours du camp, ils ont tous réussi à se faire remarquer pour les bonnes raisons.
« C'est une bonne chose. C'est même impressionnant de voir tous ces jeunes qui poussent, continue Boucher. Ça devient très difficile de sortir de notre alignement des gars qui poussent chaque soir. Tous ces gars-là méritent d'obtenir plus d'opportunités. C'est vraiment excitant de voir ce qu'on a. »
Brown a été le meneur à l'attaque chez les Sénateurs, samedi. Il a récolté trois points.
Il ne s'agissait pas de son premier gros match du camp d'entraînement.
« Il a progressé depuis l'an dernier », note Boucher.
« Nous avons toujours su qu'il avait une bonne tête de hockey. C'est d'ailleurs pourquoi il a été repêché si tôt. L'an dernier, il était déjà capable de bien lire le jeu. L'an dernier, il avait du mal à suivre le rythme. Il lui manquait de vitesse. Son endurance faisait défaut. Il s'est vraiment amélioré à ce niveau. Il s'est amélioré à un point tel qu'il trouve de façons de contribuer à nos succès chaque fois que nous l'envoyons dans la mêlée. »
Formenton, qui est un an plus jeune, a préparé deux buts contre le Tricolore.
« Il possède toutes les qualités que nous recherchons. Il est rapide, il travaille sans relâche. Il remporte toujours ses batailles pour le contrôle de la rondelle. Il se bagarre. Il fonce au filet adverse. Il est prêt à encaisser des mises en échec pour permettre à ses coéquipiers de compléter de gros jeux. Il est souvent le premier joueur à se replier défensivement. Ça commence à faire beaucoup de qualités pour un seul joueur. »
Tout ça mène Boucher à se répéter. Le grand attaquant qui appartient aux Knights de London a été sélectionné en deuxième ronde du dernier repêchage. « Pourtant, avec son talent, il aurait pu être choisi en première ronde. »
« Je savais qu'Alex était rapide. On me l'avait décrit ainsi. On m'avait dit qu'il était le plus rapide patineur disponible lors du dernier repêchage. Je savais qu'il était rapide, mais personne ne m'avait dit qu'il était aussi très intelligent. »
L'autre jeune espoir qui lutte pour mériter un poste à l'attaque à Ottawa en début de saison, Chlapik, n'a pas participé au pointage contre le Canadien. Il a néanmoins effectué quelques bonnes présences sur la patinoire, en début de rencontre, entre Mike Hoffman et Zack Smith.
Dans son point de presse, Boucher a également pris le temps de saluer le travail accompli par les jeunes défenseurs Thomas Chabot et Maxime Lajoie.
Anderson solide
Craig Anderson n'a pas grand-chose en commun avec tous ces jeunes coqs. Au contraire, à 36 ans, il se rapproche davantage de la fin de son parcours.
À son premier match complet du calendrier préparatoire, le vétéran gardien a quand même su tirer son épingle du jeu. Seul l'intrigant Charles Hudon a réussi le déjouer durant une soirée où il a effectué 25 arrêts.
« Nous n'étions pas vraiment inquiets pour lui. Andy effectue des tas d'arrêts, chaque soir, depuis plusieurs années », riait Mark Stone, dans le vestiaire, en fin de soirée.
« C'est bon de voir qu'il n'a rien perdu de ses réflexes. Mais bon... Il a joué exactement comme il a l'habitude de jouer, soir après soir. »
Karlsson recommence à patiner et vise un retour en novembre
Le joueur de concession des Sénateurs, Erik Karlsson, a chaussé les patins pour la première fois depuis le printemps dernier.
On savait bien que ça finirait par arriver.
Le joueur de concession des Sénateurs, Erik Karlsson, a chaussé les patins pour la première fois depuis le printemps dernier. Il a enfilé le chandail bleu poudre des éclopés pour effectuer quelques tours de patinoire, samedi matin, au Centre Canadian Tire.
De très bonne humeur, il s'est empressé de se brancher sur les réseaux sociaux pour diffuser une photo et pour annoncer à ses fans que tout se déroule rondement.
Plus tard, en conférence de presse, Guy Boucher a voulu tempérer les ardeurs. L'entraîneur-chef ne s'attend pas voir Karlsson prendre part à un « vrai » match de sitôt. Son retour au jeu doit avoir lieu au début novembre. Ça n'a pas changé.
« Tout ce qui passe en ce moment est encourageant, mais il ne faut pas trop s'emballer, dit-il. Nous avons franchi la première étape du processus de guérison quand les thérapeutes lui ont donné le feu vert pour recommencer à patiner. Il reste encore tout plein d'étapes à franchir dans les prochaines semaines. »
Karlsson doit maintenant s'accorder quelques jours de repos. S'il ne ressent pas de douleur, il pourrait retrouver ses coéquipiers sur la patinoire, mardi matin.
Boucher n'a pas l'intention de trop se soucier du joueur qui a terminé au deuxième rang du scrutin du trophée Norris l'an dernier.
« Il est avec nous depuis longtemps. Il sait ce qu'on fait. S'il s'agissait d'un nouveau joueur, comme Johnny Oduya, qui arrivait au camp d'entraînement blessé, il y aurait lieu de s'inquiéter. Ce n'est pas le cas », explique-t-il.
Oduya, justement, a marqué un but, samedi soir.