La nouvelle concernant la famille d’Erik Karlsson a grandement affecté les joueurs des Sénateurs. MIke Condon est de ceux-là.

La famille Karlsson en deuil, les Sénateurs s'écroulent

Les Sénateurs d’Ottawa ne semblaient pas avoir la tête à jouer au hockey mardi soir et rares seront ceux qui vont leur en tenir rigueur.

Quelques heures après avoir appris que leur capitaine Erik Karlsson raterait leur match contre les Panthers de la Floride pour vivre un deuil avec son épouse Melinda, ils ont encaissé un revers de 7-2 devant 14 434 amateurs au Centre Canadian Tire.

« Les pensées et les prières de la part de l’organisation des Sénateurs d’Ottawa, la ville d’Ottawa et de toute la communauté du hockey accompagnent Erik et Melinda Karlsson à la suite de la perte de leur fils», pouvait-on lire dans le communiqué de presse envoyé par l’équipe en après-midi, qui demandait aussi de respecter leur désir d’intimité lors de cette épreuve, qui arrive quelques semaines après que le défenseur de franchise ait fait l’objet de rumeurs de transactions.

La nouvelle concernant le couple le plus en vue de la capitale, qui avait annoncé la venue de la cigogne dans la joie en novembre dernier sur les réseaux sociaux, est venue ajouter une note très sombre à cette saison déjà infernale pour les Sénateurs, dont la famille n’en est pas à la première épreuve du genre au cours des dernières années (cancer de l’épouse du gardien Craig Anderson, Nicholle, l’an dernier, ainsi que de l’ancien d.g. Bryan Murray, entre autres).

Dans un tel contexte, à la fin d’une saison perdue, le résultat d’un autre revers semblait bien peu important. Les visiteurs, qui sont engagés dans une course à finir pour une place en séries, en ont donc profité pour remporter une deuxième victoire en 24 heures, après leur gain à Montréal lundi.

«Je ne peux pas imaginer ce qu’Erik et Melinda vivent présentement. Ça met en perspective la vie en général et ce qui arrive ici aussi. Il est important pour eux de passer du temps ensemble pour faire leur deuil. Il y a beaucoup d’amour pour eux dans ce vestiaire, nous sommes vraiment une famille ici. Ça fait mal», a dit le défenseur Mark Borowiecki après le match.

«Erik est un gros morceau de cette équipe, lui et Melinda sont de gros morceaux de cette communauté et cette ville. Il faut qu’ils prennent le temps qu’il faut pour vivre leur deuil, on va tous respecter ça et montrer notre amour et notre soutien à notre manière... C’est difficile de jouer un match comme ça, quand tu vois un de tes meilleurs amis pour plusieurs d’entre nous vivre quelque chose comme ça. On ne peut imaginer leur douleur. C’est naturel de sentir un peu de cette douleur toi aussi. On va faire tout en notre possible pour les aider avec le processus de guérison», a-t-il ajouté.

Le joueur rappelé d’urgence de Belleville pour combler l’absence de Karlsson, le défenseur Patrick Sieloff, a compté le premier but des locaux sur une séquence bizarre, son tir hors cible ayant frappé la balle pour ensuite rebondir sur la barre horizontale et dans le dos du gardien James Reimer, la rondelle tombant ensuite dans le filet. Bizarrement, Sieloff devenait le premier joueur de l’histoire de la LNH à compter un but lors de chacun de ses deux premiers matches dans la ligue, lui qui avait aussi secoué les cordages pour les Flames de Calgary lors de son unique match avec eux, le 9 avril 2016 contre le Minnesota. «C’était bien de marquer ce but, mais ça n’a pas été un bon match ni une bonne journée pour notre organisation», a indiqué Sieloff.

Marian Gaborik a compté l’autre but d’Ottawa, alors que Colton Sceviour, Keith Yandle, Evgenii Dadonov et Jared McCann ont compté pour chasser le gardien partant Craig Anderson après qu’il ait fait face à 27 tirs en 27:19 minutes de jeu. Mike Condon a pris la relève et il a éprouvé tout autant de difficultés, étant déjoué par Frank Vatrano, Nick Bjugstad et Jamie McGinn.

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« UNE TRISTE JOURNÉE » - BOUCHER

Les Sénateurs étaient démunis sans les gros morceaux que sont Mark Stone, Ryan Dzingel et, surtout, Erik Karlsson.

Ils avaient surtout l’air démoralisés, seuls les vétérans Mark Borowiecki et Zack Smith passant devant les caméras et micros pour discuter de la dernière calamité à frapper l’organisation, le deuil que doivent vivre Karlsson et son épouse après la perte de leur enfant quelques semaines avant la date prévue pour son arrivée.

«C’est une nouvelle décevante, c’est le moins qu’on puisse dire. Je ne peux imaginer être dans leur position présentement. On ne va pas utiliser ça comme excuse sur la glace, mais loin de celle-ci, on partage leur douleur. On espère qu’ils vont être “OK”, nous serons là pour l’appuyer quand il va revenir, a dit Smith. En tant que parent qui attend un enfant également, ça fait encore plus mal. Tu réalises ce que tu pourrais ressentir si ça t’arrivait. Tu es attaché (à l’enfant) avant qu’il arrive. Je ne sais pas quoi d’autre dire. C’est dévastateur, on se sent très mal pour eux.»

L’entraîneur-chef Guy Boucher s’en est tenu surtout au hockey, lui. «Nous n’avons pas été assez bons, c’est tout. On voit qu’il est difficile de compenser pour l’absence de joueurs clés. Mais ça a été difficile. Il te manque Erik, qui joue 30 minutes par match et qui peut aider des jeunes joueurs et des joueurs qui ont encore besoin de grandir... Pour Erik, tout le monde a le cœur brisé, c’est terrible. On sympathise avec Erik et sa femme, c’est tout un coup à encaisser. Erik va prendre le temps dont il a besoin avant de revenir et on va l’appuyer quand il va le faire. Mais c’est définitivent une journée triste», a-t-il commenté après le match.