Il est toujours possible que Mike Condon soit appelé à succéder à Craig Anderson au poste de gardien numéro un.

La «dureté du mental» de Mike Condon

Allouer sept buts en un demi-match hors-concours comme lundi à Summerside n'est certes pas la meilleure façon de bâtir sa confiance en vue de la saison régulière, mais ça ne devrait pas affecter Mike Condon trop longtemps.
Le gardien substitut des Sénateurs d'Ottawa a montré la saison dernière qu'il avait la « dureté du mental » nécessaire pour surmonter les épreuves placées devant lui, comme lorsque le Canadien de Montréal a mis Al Montoya sous contrat à l'été 2016 pour ensuite le soumettre au ballottage à la fin de son camp d'entraînement.
Réclamé par les Penguins de Pittsburgh parce que Matt Murray récupérait d'une blessure, Condon s'était ensuite amené en sauveur, acquis contre un choix de cinquième ronde lorsque Craig Anderson a dû quitter l'équipe pour être au chevet de son épouse et que son adjoint Andrew Hammond s'est blessé sérieusement.
Sans la tenue de Condon en milieu de saison, lorsqu'il a été appelé à disputer 27 parties de suite (un record d'équipe), les Sénateurs n'auraient probablement pas participé aux séries et il n'y aurait pas eu d'épopée printanière arrêtée à un petit but en deuxième prolongation du septième match de la finale de l'Est.
Condon a été récompensé en signant cet été un nouveau contrat de trois ans qui lui rapportera un total de 7,2 millions $ (US), soit une moyenne de 2,4 M $ par année.
C'est bien payé pour être le substitut de Craig Anderson, mais il est toujours possible qu'il soit appelé à lui succéder au poste de gardien numéro un, vu que le vétéran cerbère écoule la dernière année de son contrat et qu'il est âgé de 36 ans.
Assuré de son poste alors que Hammond se retrouve dans les mêmes souliers que lui à Montréal il y a 12 mois, Condon s'est rapporté au camp l'esprit en paix, contrairement à l'an dernier. Ça fait une grosse différence.
« C'est un peu plus facile, mais j'essaie de ne pas trop y penser. Quand j'ai signé ma prolongation de contrat, je ne voulais pas changer ma façon de me préparer pour jouer, mon approche aux parties que je dispute. Il y a certes moins d'inquiétudes pour l'avenir qui te passent dans le subconscient, alors que tout le monde pense à son futur. Tu ne peux pas contrôler ton subconscient, mais il est certes plus léger. J'essaie quand même de rester dans le moment présent, m'amuser et ne pas regarder trop loin en avant. C'est mon but pour cette année », a-t-il confié au Droit récemment.
L'aspect mental et psychologique est important pour un gardien de but et Condon, un diplômé de l'université Princeton en science politique, est en bien conscient.
« L'an passé, quand je me suis promené au début, il y avait de l'incertitude et ça peut être pesant pour l'esprit comme pour le corps, dit-il. J'imagine que j'ai payé mes cotisations maintenant, mais je n'aime pas utiliser le mot 'sécurité', et encore moins le mot 'confortable'. Je n'ai pas à me soucier de l'avenir, donc l'énergie va vers des choses plus productives. »
Au lieu de travailler avec un psychologue sportif, Condon se tourne vers ses entraîneurs qui développent sa force physique au cours de la saison estivale à Boston pour aider avec ce qui se passe entre ses deux oreilles.
« Je suis chanceux, un de mes entraîneurs, Scott Rehm, est un ancien combattant de l'UFC et il a beaucoup de trucs à partager sur l'aspect mental d'aller se battre dans une arène où le niveau de compétition est élevé. J'ai travaillé avec quelques autres gars cet été pour m'aider à décharger mon système nerveux central et aider à ce que tout coule bien (flow, en anglais). Je cherche à rester le plus heureux et en santé possible, autant sur la glace qu'en dehors, et autant comme hockeyeur que comme personne », a-t-il indiqué.
Le cerbère de 27 ans entend être prêt à tout en 2017-2018, vu qu'il a eu l'occasion de jouer beaucoup lors des deux dernières campagnes quand les gardiens partants Carey Price et Craig Anderson se sont absentés, pour des raisons différentes (blessure au genou dans le cas de Price).
« Tu ne sais jamais ce qui peut arriver. Tu dois en tout temps être capable de donner de bonnes minutes de jeu à ton équipe. Je me prépare pour ça, pas juste pour jouer à tous les quatre matches. Si quelque chose arrive à Andy, je dois pouvoir prendre la relève, comme tous les autres gardiens qui sont sous contrat ici », souligne celui qui a présenté une fiche de 19-14-6 avec une moyenne de 2,50 et un taux d'efficacité de ,914 l'an dernier.
Chlapik retranché
À leur retour de Summerside, les Sénateurs ont obtenu congé d'entraînement, ce qui n'a pas empêché la direction d'apporter quelques retranchements à son alignement de camp d'entraînement. L'attaquant tchèque Filip Chlapik, l'ancien des Islanders de Charlottetown, a ainsi été cédé aux Senators de Belleville au lendemain du revers de 8-1 contre les Devils du New Jersey. Le robuste Tyler Randell ira l'y rejoindre si aucun club ne le réclame au ballottage, tandis que l'invité Chris VandeVelde a été tout simplement retranché. En entrevue à TSN 1200, le DG Pierre Dorion a dit que Chlapik avait fait belle impression au camp. « Il est maintenant un joueur légitime de la LNH, il reste à voir quand ce sera. Il doit aller à Belleville et remplir un grand rôle. Mais il est presque un joueur complet, avec un excellent sens du jeu, de bons instincts, habile avec la rondelle, rapide et il a une certaine attitude, il n'abandonne pas lors d'une bataille pour la rondelle, ce qui n'était pas le cas auparavant », a-t-il déclaré. Pour ce qui est de VandeVelde, l'ancien des Flyers « était derrière certains joueurs de notre organisation, même s'il a bien joué pour nous », a-t-il dit.
Cap sur Winnipeg
L'alignement des Sénateurs compte maintenant 27 joueurs, soit trois gardiens, neuf défenseurs et 14 attaquants, incluant les blessés Erik Karlsson et Derick Brassard. Les recrues Thomas Chabot, Logan Brown et Alex Formenton sont toujours là, et Dorion a dit que c'est parce qu'ils ont tous trois « des chances légitimes de commencer la saison avec nous le 5 octobre ». Ils seront tous trois du voyage à Winnipeg mercredi, alors que les Sénateurs utiliseront un alignement presque complet contre les Jets. Craig Anderson laissera ce match à Mike Condon et Andrew Hammond, alors que Ryan Dzingel, remis d'une blessure à l'aine, disputera un premier match hors-concours.