C’était jour de la traditionnelle photo d’équipe, mercredi matin, chez les Sénateurs.

La dernière de Karlsson?

C’était jour de la traditionnelle photo d’équipe, mercredi matin, chez les Sénateurs.

L’équipe était rentrée la veille d’un voyage de quatre parties sur la route. Tout le monde était présent, y compris le propriétaire Eugene Melnyk, pour cette courte séance tenue avant l’entraînement au centre Canadian Tire.

Comme le veut la coutume, le grand patron a pris place à la gauche du capitaine Erik Karlsson. À la droite du défenseur suédois se trouvait le directeur général Pierre Dorion.

Premier constat ? Il y a déjà eu des photos de famille plus plaisantes en fin de saison à Ottawa. Ça ne souriait pas facilement. Ça ressemblait davantage à un couple dont le mariage tire à sa fin.

Ça ne jasait pas entre Melnyk, Karlsson et Dorion.

Rien de trop surprenant. Il y a une dizaine de jours, cette même organisation jonglait avec l’idée de transiger son meilleur joueur, soulevant un tollé chez les amateurs.

Melnyk a évité les journalistes après la prise de photo. Impossible donc de savoir ses plans à long terme pour le favori de la foule.

Et Karlsson dans tout ça ? Le premier joueur à rentrer au vestiaire après l’entraînement, il a décliné de rencontrer les médias. Ça ira, paraît-il, à jeudi matin, à quelques heures avant le prochain match contre les Sabres de Buffalo.

Impossible donc savoir si le joueur étoile a eu l’occasion d’échanger avec le proprio depuis la date limite des transactions.

Ce qu’on sait ?

Karlsson a récolté sept points lors des quatre derniers matches. Quatre parties disputées immédiatement après avoir appris qu’il terminait la saison à Ottawa.

C’est lui qui a marqué le but vainqueur en prolongation, lundi, à Dallas.

C’est son nom qui était sur toutes les lèvres de ses coéquipiers, mercredi, après l’entraînement. Un sondage mené par l’Association des joueurs de la LNH auprès de 500 de ses membres classe Erik Karlsson au sommet des défenseurs les plus difficiles à affronter, devançant Drew Doughty (Los Angeles), Shea Weber (Montréal), Brent Burns (San Jose) et Victor Hedman (Tampa Bay).

« Ça ne me surprend pas... Il est si talentueux. Sa vision, son coup de patin et son contrôle de rondelle, a énuméré l’attaquant Matt Duchene, qui a eu à jouer contre le numéro 65 pendant neuf saisons avant de se joindre aux Sénateurs en novembre.

“C’est simple. Il a tout le temps la rondelle. C’est pourquoi il est difficile à contrer”, a ajouté le défenseur Chris Wideman.

Quant à Guy Boucher, il a expliqué que Karlsson “a trop d’atouts”. “Le problème contre lui, c’est que tu ne sais pas lequel de ces atouts il va utiliser”, a-t-il précisé.

L’entraîneur-chef a rappelé cette scène plus tôt cette saison lors d’un match contre les Kings de Los Angeles au centre Canadian Tire. Ça se passait dans les secondes qui ont précédé la mise en jeu pour lancer la prolongation.

“Tu voyais Drew Doughty, Anze Kopitar et les autres joueurs qui se demandaient lequel d’entre eux était pour couvrir Erik. Tout le monde disait que c’était l’autre... Tu ne sais jamais ce qu’Erik va faire. Il peut te passer la rondelle entre les pattes, essayer de t’attirer avec une feinte ou te déborder.”

Dans ce même sondage de l’Association des joueurs de la LNH, Karlsson arrive au cinquième rang à la question “Quel joueur opteriez-vous en premier pour démarrer une franchise”. Seuls Connor McDavid, Sidney Crosby, Auston Matthews et Jonathan Toews ont récolté plus de votes.

Et dire que ce même Erik Karlsson pourrait avoir pris sa dernière photo d’équipe en carrière chez les Sénateurs mercredi matin...

PAGEAU PROMU SUR LE JEU DE PUISSANCE

Jean-Gabriel Pageau aime bien son nouveau rôle depuis une semaine et demie chez les Sénateurs. Même si ça signifie encaisser des coups de bâton aux mollets et au bas du dos.

L’attaquant gatinois a été promu au sein de la première unité du jeu de puissance lors du récent voyage qui a amené l’équipe à Washington, Vegas, Scottsdale et Dallas. On l’a vu sur la glace aux côtés des Duchene, Karlsson, Stone et Hoffman.

« Je pense que la dernière fois que j’ai joué sur le jeu de puissance sur une base régulière, c’était lors de mon séjour dans la Ligue américaine », a souligné Pageau en anglais.

Le départ de Derick Brassard vers Pittsburgh a créé un vide en avantage numérique chez les Sénateurs. L’entraîneur-chef Guy Boucher a opté pour Pageau.

« C’est une belle marque de confiance de me donner cette chance-là. Mon rôle est l’un des plus faciles sur le jeu de puissance », a ajouté le principal intéressé en français.

Jean-Gabriel Pageau aime bien son nouveau rôle depuis une semaine et demie chez les Sénateurs. Même si ça signifie encaisser des coups de bâton aux mollets et au bas du dos.

Le petit joueur de 5’10’’ et 180 livres a le mandat de se planter devant le filet adverse. De voiler la vue du gardien. De déranger les défenseurs ennemis en attendant que Hoffman ou Stone dégaine.

Ça semble faire son affaire.

« J’aime ça jouer là. Je veux rester là », a-t-il lancé.

Pageau excellait en supériorité numérique à l’époque de ses belles années dans les rangs juniors à Gatineau puis Chicoutimi. Son mandat était alors différent.

« C’était moi le shooter », a-t-il rappelé en riant.

« Les choses ont évolué. Je suis juste content d’avoir cette chance. Je vais essayer de la conserver. »

Boucher, lui, a aimé ce qu’il a vu dans la dernière semaine et demie. À preuve, Pageau a été l’attaquant le plus utilisé des deux clubs lundi au Texas, passant 24 minutes et 55 secondes sur la glace.

Les Sénateurs continuent à miser sur lui pour écouler le temps en infériorité numérique. Puis à force égale, il a retrouvé ses compagnons de trio du printemps dernier, Mark Stone et Bobby Ryan.

Cette combinaison avait connu du succès durant les éliminatoires, a rappelé Boucher. Ce dernier ne l’avait pas oublié.

« Quand tu joues avec Stone et Bobby, tu vas avoir des chances de marquer. Moi aussi j’aimerais ça », a-t-il lancé en riant.

« Je suis sûr qu’il apprécie son expérience. »

Boucher a vanté la polyvalence de Pageau. « Un gars capable de faire un peu de tout », a-t-il commencé par dire.

« On l’a beaucoup utilisé l’an dernier pour contrer le meilleur trio de l’adversaire parce qu’il est le meilleur dans ce rôle. Nous l’avions utilisé aussi beaucoup en désavantage numérique. L’absence de Brassard a fait en sorte que nous avons dû changer nos trios. Nous savions que Pageau avait une bonne connexion avec Stone et Bobby. »