« La compétition nous pousse à nous dépasser », a déclaré Derick Brassard.

La compétition, clé du succès?

Une seule certitude, alors que les Sénateurs cherchent des façons d’améliorer leur jeu de puissance. Guy Boucher ne mettra pas tous ses œufs dans le même panier. Il a l’intention de répartir ses meilleurs joueurs au sein de deux unités différentes. Il y aura forcément de la compétition !

« À mon avis, c’est un des premiers critères à respecter si tu veux connaître du succès dans les unités spéciales », explique l’entraîneur-chef.

« Tu ne peux pas te hisser parmi les équipes les plus efficaces et productives de la ligue si tu n’as pas deux groupes qui sont capables de produire. Si ta deuxième vague n’est pas capable de produire, tu es condamné à faire partie des 10 pires équipes de la ligue », enchaîne l’entraîneur.

C’est un peu ce qui s’est produit l’an dernier. Même s’ils misaient sur le meilleur quart-arrière de toute la LNH, les Sénateurs ont conservé un taux de réussite de 17 % lors de leurs attaques massives. Ils ont conclu la campagne au 23e rang.

Mardi à l’entraînement, les deux groupes formés par Boucher comptaient quatre attaquants et un défenseur.

Derick Brassard, Logan Brown, Bobby Ryan, Mark Stone et Chris Wideman travaillaient ensemble.

Alex Burrows, Ryan Dzingel, Mike Hoffman, Dion Phaneuf et Kyle Turris étaient de l’autre côté.

Erik Karlsson portait toujours un chandail bleu poudre, ce qui signifie qu’il n’a pas le droit de subir ou d’administrer des mises en échec. Il traînait quand même dans les parages, de façon à écouter les directives de l’entraîneur-adjoint Martin Raymond.

« Deux groupes qui compétitionnent, c’est une bonne chose », estime Brassard.

Le centre hullois a été le sixième joueur le plus productif de l’attaque massive à Ottawa.

« Je pense à toutes mes années passées dans l’organisation des Rangers de New York. Nous avons connu beaucoup de succès pendant plusieurs années, là-bas. Nous avions deux bonnes unités capables de marquer des buts. »

« La compétition nous pousse à nous dépasser. Elle nous oblige à profiter au maximum de la période de 45 à 60 secondes durant laquelle on peut jouer. À la fin de la journée, nous avons tous le même objectif. Nous voulons tous produire pour faire gagner l’équipe. »

De MacArthur à Brown

La question se pose. Pourquoi les Sénateurs n’ont-ils pas adopté cette façon de faire l’an dernier ?

« Une simple question de ressources, répond Boucher. Je n’avais pas suffisamment de joueurs à ma disposition. Lorsque Clarke MacArthur est revenu au jeu, tout a changé très rapidement. »

Cette année, Boucher devra encore se passer de MacArthur.

L’ajout de Brown pourrait, en partie, compenser.

Personne n’a fait de promesses à l’ancien choix de première ronde. Comme plusieurs autres joueurs de son âge, il bénéficie d’une période d’essai prolongée d’une durée de neuf parties, au terme de laquelle il peut être renvoyé à son club junior.

Connaître du succès dans les unités spéciales pourrait permettre à la recrue de 19 ans d’étirer son séjour dans la grande ligue.

Brown a réussi à se démarquer en inscrivant quelques points à cinq contre quatre, dans les premiers matches du calendrier préparatoire.

« Premièrement, il est énorme. Sa présence devant le filet peut nous aider. Ensuite, ses mains et sa vision sont exceptionnelles. Il possède des attributs qui me rappellent un peu Joe Thornton. Le genre de gars qui regarde à gauche et qui fait une belle passe vers la droite. Dans de très petits environnements, il peut protéger la rondelle et faire des petits jeux qui ne sont pas à la portée de tout le monde. »

Brown, ces jours-ci, essaie simplement de garder les deux pieds sur terre. Il réalise que si rien ne change, il jouera un premier « vrai » match dans la LNH, jeudi.

« La confiance s’installe tranquillement. J’ai connu un bon camp des recrues. Les points amassés dans les matches préparatoires m’ont aidé. Pourvu que ça dure... »

Alex Formenton se doutait bien qu’il finirait par signer son premier contrat.

Formenton aiguise sa patience... au même titre que son ami Mete

Alex Formenton se doutait bien qu’il finirait par signer son premier contrat. Il était conscient que son agent négociait de façon sérieuse avec les Sénateurs depuis quelques jours.

Le jeune attaquant a quand même poussé un soupir de soulagement, lundi, quand on lui a demandé de passer par le bureau du directeur général avec son stylo.

«Ce fut pour moi un moment très spécial. Je ne suis pas encore complètement redescendu de mon nuage», a-t-il reconnu en quittant la patinoire, au terme de la séance d’entraînement de mardi.

«J’étais un peu conscient que les discussions allaient bon train, mais je ne voulais surtout pas trop m’en mêler. J’ai un agent pour s’occuper de ces histoires. Moi, j’essaie de me concentrer sur ce qui se passe sur la patinoire», a-t-il précisé.

Formenton ne sait pas trop s’il pourra prendre part au premier match de la saison régulière. Il ne sait pas grand-chose des plans de l’organisation, en fait. «Je suis juste content d’être ici, répète-t-il. Je continue d’apprendre un peu chaque jour. J’apprends des choses chaque fois qu’on me donne l’opportunité de m’entraîner avec des pros de la LNH.»

Le jeune espoir ne perd pas ses «vieux» amis du junior pour autant.

Son club de la LHOntario, les Knights de London, a mal négocié son début de saison, remportant un seul de ses cinq premiers matches.

Il faut dire qu’il n’est pas le seul qui manque à l’appel. Le défenseur de 19 ans Victor Mete est lui aussi en train de réaliser l’impensable. Il s’entraînait mardi avec Shea Weber, chez le Canadien de Montréal.

«Je parle à Victor quelques fois par semaine. Il se trouve dans une situation très similaire à la mienne. Il réalise aussi un grand rêve.»

«Le travail nous a permis de nous rendre jusqu’ici, mais ce n’est pas tout. Nous avons eu la chance d’évoluer tous les deux dans l’organisation des Knights. Là-bas, à London, nous avons côtoyé plusieurs hommes de hockey de qualité qui nous ont préparés pour la LNH. Nous ne serions pas ici sans eux.»