Hubert Labrie avait signé un contrat de la LNH avec les Sénateurs d’Ottawa le 23 février dernier.
Hubert Labrie avait signé un contrat de la LNH avec les Sénateurs d’Ottawa le 23 février dernier.

La chance ratée d’Hubert Labrie

La pandémie de la COVID-19 fait de nombreuses victimes, alors ce n’est pas Hubert Labrie qui va se plaindre qu’elle lui ait coûté une probable chance de disputer un premier match dans la LNH.

Le vétéran défenseur des Senators de Belleville, ancien des Olympiques de Gatineau qui roule sa bosse dans les mineures depuis neuf ans, avait signé un contrat de la LNH avec les Sénateurs d’Ottawa le 23 février dernier. Comme l’entraîneur-chef Troy Mann l’a confié au Droit au début de la semaine, l’organisation avait l’intention de le rappeler pour jouer un ou deux matches en fin de saison.

Ça aurait été une belle façon de le remercier pour avoir pris sous son aile les jeunes espoirs de l’équipe à la ligne bleue, sauf qu’elle s’est envolée en fumée quand le circuit Bettman a décrété la pause qui atteint le plateau des 50 jours en ce vendredi 1er mai.

«C’est certain que c’est une chance ratée, le timing a été mauvais, a-t-il confié en entrevue avec Le Droit jeudi. J’étais quand même content de signer ce contrat-là. C’est une belle marque de confiance de leur part. C’est ‘plate’, mais on ne peut rien changer à ça. C’est certain que ça aurait été le fun de jouer un match dans la Ligue nationale. Ça reste une bonne tape dans le dos, ça faisait longtemps que je n’en avais pas eu une comme ça. Avant de signer avec Belleville l’an passé, je me demandais si j’allais continuer dans le hockey professionnel... Signer ce contrat-là m’a fait du bien au niveau mental.»

Arrière à caractère défensif maintenant âgé de 28 ans, il commençait à penser à se tourner vers l’Europe, sauf que les équipes de l’autre côté de l’Atlantique recherchent d’abord des attaquants pour remplir les filets adverses. Le Vieux Continent pourra attendre alors que comme prix de consolation, il a déjà signé un autre contrat à sens unique de la Ligue américaine avec Belleville en vue de la saison 2020-2021 (l’équipe ne l’a pas encore annoncé officiellement).


« Signer ce contrat-là m’a fait du bien au niveau mental. »
Hubert Labrie

Les petits Senators pourraient alors tenter de poursuivre leurs succès de la dernière campagne, qu’ils ont complétée au premier rang de leur division quand la planète hockey a arrêté de tourner, comme le reste du monde tout court.

«Je n’ai jamais vu ça une équipe jeune comme ça dans la LAH, mais ces jeunes avaient beaucoup de talent. Ottawa a beaucoup de bons prospects. On a eu un départ assez ‘mollo’, ce qui était normal avec notre jeunesse, mais plus ça avançait, mieux ça allait et ce n’est pas pour rien qu’on a terminé premiers dans notre division... La saison est arrêtée et ça me surprendrait que ça reparte, on n’a pas de nouvelles de notre côté et c’est certain que c’est ‘plate’. On ne peut rien changer à ça, c’est la santé d’abord. Ça reste que c’est juste un sport. En ayant signé un autre contrat, on va peut-être avoir la chance de continuer ce qu’on avait commencé, même si le club risque d’être différent. C’est rare dans la Ligue américaine que tu gardes le même club, mais on devrait encore avoir une bonne équipe», estime Labrie, qui a récolté neuf passes en 50 parties où il a affiché un différentiel de plus-24.

L’ancien des organisations des Stars de Dallas et des Capitals de Washington (il a joué une saison et demie sous les ordres de Mann à Hershey) avait des bons mots pour tous les jeunes défenseurs qu’il a côtoyés cette année à Belleville. 

«Erik Brännström est encore jeune, mais il va être un bon défenseur offensif, il est tellement intelligent, un bon patineur avec de bonnes mains... (Andreas) Englund a passé une bonne partie de l’année ‘en haut’, il est bon défensivement, un gros bonhomme mobile... (Christian) Jaros est dans le même moule, quoiqu’il peut apporter un peu plus d’attaque... (Maxime) Lajoie a eu des hauts et des bas cette année, il a manqué un peu de confiance, mais il est un très bon défenseur encore très jeune. Et Jonathan Aspirot est une belle histoire, il s’est fait une place quand il y a eu des blessures au début de l’année et il l’a gardée. C’est un gars intense, il travaille extrêmement fort. Il est bon défensivement et il apporte aussi un peu d’offensive. J’étais content pour lui quand il a signé son contrat d’entrée», a relaté Hubert Labrie, qui garde la forme comme il peut pendant la pause qu’il passe dans son patelin de Victoriaville, avec sa conjointe et leur jeune fils d’un an.