La recrue des Sénateurs Brady Tkachuk porte le numéro 7, soit le même numéro que portait son père Keith lorsqu’il évoluait dans la LNH.

Keith Tkachuk: tel père, tels fils (et fille)

RALEIGH — Keith Tkachuk a tout vu, tout vécu durant sa longue carrière dans la LNH. Il a joué 1201 matches, marqué 500 buts et récolté 1000 points. Pourtant, il était aussi fébrile que tous les autres pères, vendredi, dans les gradins du PNC Arena.

Il était emballé de parler de son fils Brady (et de ses deux autres enfants) quand nous l’avons rencontré.

Les prochaines années s’annoncent intéressantes pour le chef de famille.

Le Droit : Brady a le sourire fendu jusqu’aux oreilles depuis le premier jour du camp d’entraînement. À notre connaissance, il n’a pas connu une seule mauvaise journée depuis l’automne. A-t-il toujours été comme ça ?

Keith Tkachuk : Il est comme ça, notre Brady. Il a un grand cœur et il aime les gens. Vous l’avez bien décrit. Il ne sait pas vraiment à quoi ça ressemble, une mauvaise journée. J’aime tous mes enfants, vous savez, mais je suis convaincu que Brady sera celui sur qui je pourrai compter pour m’épauler dans mes vieux jours !

LD : Comment un jeune homme si doux à l’extérieur de la glace peut-il devenir aussi agressif quand il chausse les patins ?

KT : J’adore ça ! C’est comme un interrupteur. Sur la patinoire, je ne sais pas trop ce qui lui arrive. Il est extrêmement compétitif. Il veut gagner. Il ne se laisse jamais marcher sur les pieds. C’est probablement ce qui me plaît le plus, chez lui.

LD : Brady est un joueur agressif. Son frère aîné Matthew l’est autant. On me dit que votre fille, Taryn, a remporté cet automne un championnat de l’État du Missouri en hockey sur gazon en jouant sur un seul genou. Comme parents, y êtes-vous pour quelque chose ?

KT : Nous formons une famille très compétitive ! Dans notre maison, il n’y a pas d’excuses ! Nous avons toujours demandé aux enfants de s’appliquer pour bien réussir tout ce qu’ils entreprennent. Taryn a grandi avec deux grands frères. Elle jouait au hockey dans la rue, avec eux. Je peux vous garantir qu’elle n’a jamais eu de traitements de faveur. Ça lui a permis de devenir une très bonne athlète, à son tour. Elle aurait pu subir une opération, cet automne, mais elle ne voulait pas rater une saison complète. Elle a réussi à remporter un deuxième championnat d’État, à sa deuxième année à l’école secondaire. Je suis fier d’elle. Mais nous n’avons pas grand-chose à voir avec tout cela, ma femme et moi. Elle doit tout à ses frères.

LD : Ils ont tout appris en jouant au hockey balle ?

KT : Oui. Souvent, Brady et Taryn faisaient équipe contre Matthew. Nous leur avons donné toutes les opportunités de faire du sport. En bout de ligne, la motivation devait être au rendez-vous. Je me trouve chanceux. Quand j’ai accroché mes patins, j’ai pu passer beaucoup de temps à la maison avec eux. Ça me fait un petit pincement au cœur, aujourd’hui. Je suis fier de voir mes deux gars dans la LNH, mais leur présence au quotidien me manque terriblement. Ma fille va probablement quitter la maison à son tour, dans deux ans. Que vais-je faire, à ce moment-là ?

LD : Vous aurez toujours l’occasion de voyager. Brady porte le numéro 7 et il marque des buts en traînant autour du filet, comme son père. Ça doit faire un petit velours, de voir ça en personne...

KT : C’est vrai. Je me souviens d’un match des Flames à Detroit, il y a quelques années. Ça m’a fait tout drôle de voir pour la première fois un partisan qui portait, dans les estrades, le chandail de mon fils. Je me compte privilégié de voir mes enfants réaliser leurs rêves. Et Taryn réalisera ses rêves si elle obtient une bourse d’études pour la NCAA. Elle joue comme ses frères. Elle a le don de marquer des buts. Elle n’a pas peur de travailler dans la circulation.

LD : J’ai envie de vous demander à quoi ressemblent les soirées de jeux de société dans votre maison.

KT : Nous voulons tous vraiment gagner. Parfois, il arrive que les esprits s’échauffent ! Ce n’est pas toujours joli. Ça rend notre famille unique et très attachante.

LD : Qu’anticipez-vous pour vos fils ?

KT : Dur à dire. Ils ont encore beaucoup de chemin à parcourir. Ils devront être patients, car je ne crois pas aux miracles. Je suis très satisfait de leur progression, jusqu’à maintenant. Brady a d’excellents partenaires de trio. C’est bon pour son développement. Il vivra des hauts et des bas. Je lui demande deux choses : sois un compétiteur et sois un bon coéquipier. C’est la recette du succès.

LD : Brady et Matthew n’ont pas encore eu la chance de s’affronter.

KT : Ça va se produire à la fin du mois de février et j’y serai. Ça devrait nous donner un match intéressant. S’ils se retrouvent sur la patinoire en même temps, je serai nerveux. Ce n’est pas nécessairement Brady qui me préoccupe. J’ai peur de ce que Matthew peut faire subir à son frère !