Le gardien des Red Wings, Jimmy Howard, bloque un tir d’Erik Karlsson pendant la troisième période du match de mercredi.

Karlsson tend le flambeau à Chabot

DETROIT — Erik Karlsson n’a pas d’objection à céder la pointe du jeu de puissance à Thomas Chabot alors que son club cherche des solutions pour faire tourner le vent dans sa saison d’enfer.

Le capitaine des Sénateurs ne se souvenait pas d’avoir joué ailleurs qu’à cette position depuis qu’il porte cet uniforme, soit en huit saisons et demie.

« Il n’y a qu’avec l’équipe nationale de Suède que j’ai joué là (à la Coupe du monde et aux Olympiques), alors que les jumeaux Sedin (Daniel et Henric) menaient le jeu de l’autre côté et que je devais attendre mes chances », a-t-il blagué.

« On ne l’a pas encore essayé, donc on va voir. Je pense que nous avons la clientèle pour le set up que nous avons en tête. Ça fait longtemps que je ne me suis pas retrouvé là, c’est habituellement un avant qui prend le contrôle à cet endroit. Mais ça va être intéressant et excitant de voir si on peut créer une certaine chimie avec les deux unités que nous avons créées », a-t-il aussi mentionné avant que les Sénateurs affrontent les Red Wings mercredi soir au Little Caesars Arena.

Ce match était leur première occasion d’essayer de déployer leurs nouvelles unités spéciales dirigées par des entraîneurs différents, l’entraîneur-chef Guy Boucher ayant décidé la veille qu’il était temps de secouer un peu les choses à l’interne en inversant les responsabilités de Marc Crawford et Martin Raymond sur les unités spéciales. Le premier a hérité de l’attaque à cinq alors qu’il a cédé la direction du désavantage numérique au second.

Karlsson pense que ce changement est une bonne initiative, les Sénateurs n’ayant plus rien à perdre pour relancer leur campagne.

« Peu importe qui contrôle quoi, je pense qu’ils (les entraîneurs) discutent de tout ça à l’interne et ils sont tous sur la même page. Je pense juste qu’on devait changer quelque chose, même si ce n’est pas un si gros changement que ça. On va entendre une voix différente et ça va leur donner une chance de recommencer à zéro ou à peu près, a-t-il souligné. La plupart des buts (en avantage numérique) sont comptés sur des lancers de l’extérieur qui sont déviés en chemin, à moins que quelqu’un ne soit devant le gardien pour le voiler. Je pense que c’est notre principal problème, on n’a pas fait un assez bon travail à ce niveau. »

Boucher est revenu en matinée sur sa décision qui a été longuement mûrie d’effectuer cette modification assez majeure aux responsabilités de ses adjoints principaux.

« J’avais pensé de le faire au début de la saison, c’est rafraîchissant pour les entraîneurs de faire un tel échange, ça apporte de nouvelles voix et de nouvelles idées. Mais je ne l’ai finalement pas fait, j’avais préféré nous donner une chance de continuer à progresser. J’avais encore ça en tête cette saison, j’étais pour le faire l’an prochain, mais là, je me suis dit : pourquoi pas maintenant ? C’est un bon moment pour le faire, ça remet tout le monde à jour, les entraîneurs comme les joueurs. On a beaucoup d’expérience dans notre personnel d’entraîneurs, je veux en profiter au maximum... pour qu’on continue à s’améliorer alors que chaque jour est un nouveau jour », a-t-il expliqué.

Le centre gatinois Derick Brassard demeure un des attaquants sur la première unité, complétée par Mark Stone et Mike Hoffman, et il avait bon espoir que les changements apportés portent fruit. « On essaie de trouver des solutions. Je pense que (Thomas Chabot) est à sa place (à la pointe), et “Karl” (Karlsson) va descendre plus bas, on va essayer ça comme ça et on va voir ce que ça va donner. Moi, je vais essayer d’aller faire dévier des rondelles devant le filet », a-t-il confié.

Karlsson, en passant, a profité de son point de presse pour dire qu’il aimerait bien représenter les Sénateurs au prochain match des Étoiles, à la fin du mois à Tampa Bay. Il ne souhaite pas obtenir congé pour reposer sa cheville, ce qu’il pourra faire lors de la semaine de congé qui débutera jeudi prochain. « J’espère y aller encore même si nous avons connu une année difficile, j’aimerais représenter notre équipe et notre organisation », a-t-il dit, alors qu’il est question que certains gros noms boycottent l’événement pour protester le fait que la LNH ne les laissera pas aller aux Jeux olympiques de PyeongChang.

Batherson passe à l’Armada

Le DG des Sénateurs Pierre Dorion est présentement à Buffalo pour épier les meilleurs espoirs en vue du prochain repêchage en plus des quatre espoirs de son organisation qui prennent part au Championnat mondial junior, soit Drake Batherson et Alex Formenton avec Équipe Canada, Logan Brown avec Équipe États-Unis et Markus Nurmi, un choix de 6e ronde en 2016, avec Équipe Finlande. Dorion aura été heureux d’apprendre mercredi que Batherson, qui a compté deux buts dans la victoire de 8-2 contre la Suisse en quart de finale mardi, s’est rapproché d’Ottawa alors que les Screaming Eagles du Cap-Breton l’ont cédé à l’Armada de Blainville-Boisbriand en retour de trois joueurs et d’un choix de première ronde. Avec l’Armada, Batherson devrait lutter pour une coupe du Président.

Canada contre République tchèque

Parlant du Championnat mondial junior, les joueurs de la LNH suivent toujours cette compétition d’assez près, surtout ceux qui y ont déjà participé. Thomas Chabot en a été le joueur et défenseur par excellence pas plus tard que l’an dernier et il se plaignait un peu de ne pas avoir pu regarder tous les matches. « On a joué en même temps qu’eux pour deux matches et leur match en plein air (le 30 décembre) était l’après-midi alors qu’on jouait en soirée et que je faisais ma sieste », a-t-il dit. Chabot sera content de pouvoir suivre de plus près la demi-finale de jeudi contre la République tchèque. « Ça va être difficile, mais on ne sait jamais. Quand j’y étais (en 2012), on avait causé une surprise en battant les Américains pendant la tournoi à la ronde », a rappelé l’ancien gardien des 67’s Petr Mrazek, des Red Wings.

Glace douteuse

Le nouveau domicile des Wings, le Little Caesars Arena, est spectaculaire et ultra-moderne, ce à quoi il faut s’attendre vu qu’il a coûté 868 millions $ US. À ce prix, on pourrait s’attendre à ce que la glace y soit parfaite, mais ce n’est pas le cas. « Elle est pas mal molle, trop à notre goût. Il y a aussi des clubs visiteurs qui s’en sont plaints. On commence quand même à se sentir chez nous ici alors que les installations pour nous sont fantastiques », a indiqué l’attaquant québécois Anthony Mantha, qui est revenu au jeu contre les Sénateurs après une absence de deux matches en raison d’une élongation musculaire à l’aine. Derick Brassard ne pouvait pas confirmer cette critique à l’endroit de glace. « On est embarqué trop vite (pour la pratique matinale) et elle était affreuse à cause de ça », a-t-il dit.