Erik Karlsson regarde son gardien Martin Jones effectuer un arrêt contre Mikkel Boedker samedi soir dans la victoire de 4-1 des Sharks.

Karlsson prend ses aises

SAN JOSE —Les deuxièmes retrouvailles d’Erik Karlsson avec ses anciens coéquipiers des Sénateurs d’Ottawa ont été pas mal plus plaisantes que les premières.

Il n’a pas récolté de point à nouveau, frappant un poteau, mais l’ancien capitaine et joueur de concession a quand même aidé ses Sharks de San Jose à remporter un sixième gain de suite, 4-1 tard samedi soir au SAP Center. Les Sharks vengeaient ainsi le revers de 6-2 que la troupe de Guy Boucher leur avait infligé le 1er décembre dernier lors du retour du numéro 65 dans son patelin d’adoption.

Karlsson l’a avoué après la victoire des siens, cette cuisante défaite a été un point tournant dans la saison de sa nouvelle équipe. Et pour lui aussi alors qu’il a ensuite connu une séquence de 14 parties avec au moins un point où il a récolté 25 points.

« Oui, ça nous a réveillés un peu. On n’avait pas joué du très bon hockey, selon nos standards, jusque là. C’est après ce match que nous avons réalisé ce qu’on avait besoin de faire pour connaître du succès. Depuis ce temps-là, on ne regarde pas en arrière, on va vers l’avant », a raconté Karlsson quand il s’est finalement présenté dans le vestiaire après une longue attente.

Sa récente poussée lui a permis de revenir parmi les meneurs chez les défenseurs de la LNH avec 41 points (seulement 3 buts) en 45 matches, même si son coéquipier Brent Burns, auteur d’un but et une passe dans la victoire de samedi, le devance avec ses 52 points.

Il se dit parfaitement à l’aise maintenant dans l’uniforme bleu sarcelle des Sharks. « Ça a pris un bout de temps, il y a bien des choses auxquelles il faut s’habituer. Ça devient de plus en plus facile plus l’année avance. Je me réveille chaque matin et j’ai ma routine, je n’ai pas à m’inquiéter de grand-chose. Je sais comment tout fonctionne et c’est un grand soulagement. Les gars ici ont fait du bon travail, ils ne me font pas faire des choses que je ne veux pas faire, ils ne me brusquent pas. Ils ont été patients avec tout. Et là, nous jouons mieux en tant qu’équipe, tout le monde se rassemble comme groupe, ce qui a aidé mon jeu également », a noté Karlsson, qui a dit avoir salué quelques anciens coéquipiers qui sont demeurés des amis vendredi soir.

Après son plus-2 de samedi en près de 25 minutes sur la glace, Karlsson a maintenant un différentiel de plus-8.

« Je ne pense pas qu’il ait changé quoique ce soit, il est juste à l’aise, croit son entraîneur Peter DeBoer. Ça a été un gros ajustement pour lui en-dehors de la glace ainsi qu’en arrivant dans un nouveau vestiaire. Il s’est habitué à ses nouveaux coéquipiers, à comment on veut jouer, comment son style cadre dans notre structure. Il y a juste eu 10 à 15 matches de transition à ce niveau et depuis, il a été excellent... Le revers (à Ottawa) a réveillé toute l’équipe, pas juste lui. Nous n’étions pas à un bon endroit à ce point-là... On en a parlé, on a eu des réunions, Doug (Wilson, le DG) est venu dans la chambre et on s’est redressés. »

Son vis-à-vis Guy Boucher n’a pas été surpris de voir Karlsson éprouver certaines difficultés à ses débuts à San Jose. « Si on me l’avait demandé, j’aurais dit que ce serait difficile au début. Quand tu débarques dans un nouvel environnement, ça prend du temps. Regardez (Matt) Duchene, ça lui a pris un mois l’an passé, et il a été fantastique ensuite. C’est plus difficile pour les meilleurs joueurs, parce qu’ils ont plus de pression et les attentes sont tellement élevées que c’est difficile de se sentir confortable. Ça se joue dans la tête en grande partie », estime-t-il.

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UN BON VOYAGE MALGRÉ TOUT

Leur voyage en Californie s’est terminé en queue de... requins, mais les Sénateurs pouvaient quand même dresser un bilan positif de celui-ci avant de rentrer à la maison dimanche.

Après leurs deux gains en 24 heures à Anaheim et Los Angeles, c’était 0-0 contre les Sharks jusqu’à la 38e minute de jeu samedi, avant que ces derniers ne profitent de deux bonds chanceux pour se sauver avec un gain de 4-1. « Avec le but dans un filet désert, c’est un match de 3-1 où on a deux bonds malchanceux. Leur gars (Brent Burns) prend un tir du coin qui frappe notre gars (Christian Jaros) et ça rentre, et un autre lancer dévie sur trois gars et ça rentre tout juste. On n’a pas eu ces bonds-là. Nous étions là contre un club avec un alignement paqueté, les gars ont donné tout ce qu’ils avaient. On s’est donné une chance et je suis très fier d’eux. C’est un très bon voyage, où on s’est bien tenu, la structure et l’éthique de travail étaient bonnes, l’effort était excellent. Beaucoup de gars grandissent très rapidement, surtout à la défense où on avait une recrue sur chaque duo », analysait l’entraîneur-chef Guy Boucher tard samedi.

Son club n’a alloué que six buts lors des trois matches sur la côte du Pacifique, ce qui est certes encourageant pour une équipe qui est bonne dernière dans la LNH pour les buts et les tirs accordés à l’adversaire. Le nouveau gardien Anders Nilsson a encore été très solide (28 arrêts) même s’il a perdu son duel contre Martin Jones.

Le retour au jeu du centre Jean-Gabriel Pageau n’est certes pas étranger à ce redressement défensif. « Nous avons fait beaucoup de bonnes choses lors de ce voyage. Le résultat n’a pas été ce qu’on voulait lors du dernier match, mais l’effort était là... C’est bon d’avoir retrouvé le goût de la victoire et on va devoir continuer à bâtir là-dessus », a souligné Pageau.

Mark Stone n’était pas satisfait, lui : « C’est un bon voyage, mais on a laissé quelque chose sur la table. Je n’ai pas trouvé qu’on a bien joué (samedi), pour être bien honnête. On n’a pas obtenu beaucoup de chances à cinq contre cinq, nos chances sont venues seulement en avantage numérique », estimait-il.