Le geste posé par Erik Karlsson à la fin du match, lundi, a suscité autant de questions chez les amateurs que chez ses coéquipiers.

Karlsson: jouera, jouera pas?

BUFFALO — Erik Karlsson a fait beaucoup jaser en faisant un détour pour aller ramasser la rondelle de fin de match lundi soir.

Le capitaine des Sénateurs a beau avoir dit après coup qu’il avait posé ce geste juste « parce qu’elle était là », au fond du filet, il a quand même jeté de l’huile sur le feu des spéculations concernant son avenir avec l’équipe.

Ça pouvait potentiellement être son dernier match à domicile dans l’uniforme des Sénateurs, alors qu’il pourrait être échangé l’été prochain si le club ne parvient pas à s’entendre avec son clan pour une prolongation de contrat après le 1er juillet.

Ça pourrait même être son dernier match tout court, vu qu’il n’a pas pris l’avion nolisé de l’équipe qui a pris la direction de Buffalo mardi après-midi.

L’entraîneur-chef Guy Boucher a entretenu le mystère après la dernière pratique de son club au Centre Canadian Tire mardi, disant vers les 12 h 45 qu’il ne savait pas si Karlsson serait dans l’avion nolisé amenant l’équipe à Buffalo qui devait décoller un peu plus de deux heures plus tard.

« Je ne suis pas certain encore. J’aimerais bien pouvoir répondre parce que ce serait clair, vous n’auriez pas à me poser la question à nouveau demain, ce qui est normal. Mais je n’ai pas de réponse à l’heure actuelle. C’est à lui de décider, comme on l’a dit depuis le début, on respecte ça », a indiqué Boucher.

Karlsson n’a accompagné ses coéquipiers à l’étranger que pour un match depuis l’annonce du décès de son bébé prématuré, il y a deux semaines, et c’était un aller-retour de moins de 24 heures à Detroit samedi dernier.

Une absence dans l’avion de l’équipe ne veut pas nécessairement dire qu’il ratera le match contre les Sabres ou les subséquents à Pittsburgh vendredi et Boston samedi, il pourrait toujours voyager par ses propres moyens le jour même des matches, comme il l’a fait l’an dernier pour aller jouer un important match à Detroit en fin de saison, alors qu’il commençait à soigner la blessure à une cheville qui l’a incommodé tout le printemps avant de nécessiter une opération.

Comme ces parties ont peu de signification au classement, il pourrait aussi décider de rester aux côtés de son épouse Melinda en ces moments difficiles pour le couple le plus en vue de la capitale nationale.

Reste que sa décision de ramasser la rondelle comme souvenir du revers de 6-5 de son club contre les Jets de Winnipeg a suscité beaucoup de commentaires, incluant parmi ses coéquipiers.

« Les gars en jasaient un peu en déjeunant ce matin, je ne sais pas pourquoi il a fait ça, je ne lui ai pas demandé. Il vous a dit qu’il n’avait même pas pensé aux spéculations qui pourraient en sortir de ça, que le monde penserait qu’il jouait son dernier match. En tant que coéquipier, je ne vois pas l’organisation continuer sans Erik. C’est une pièce maîtresse d’une organisation, il y a 31 équipes qui aimeraient ça avoir un défenseur comme lui dans l’alignement. Je ne vois pas ça arriver, mais si jamais ça arrive, c’est hors de notre contrôle », a commenté le vétéran Alexandre Burrows, qui pourrait avoir joué son dernier match à Ottawa lui aussi.

« Ça n’est vraiment pas habituel. Tu vois ça en séries avec des équipes qui collectionnent des rondelles. Individuellement, c’est rare que tu voies ça. Je ne sais pas quelle est sa motivation, mais si vos spéculations sont exactes, ce serait vraiment plate pour l’organisation. »

Stone du dernier voyage

Contrairement à Erik Karlsson, Mark Stone était sur le vol de son club vers Buffalo mardi. Il restait cependant à déterminer s’il allait jouer au cours du dernier périple de la saison. «Je vais être dans l’avion. Si je peux jouer un, deux ou les trois matches, on va voir. Il reste à voir comment je vais réagir (mercredi), mais au cours de la dernière semaine, je me suis senti assez bien... Je vais venir avec Wides (Chris Wideman) et qu’on joue ou non, on va sentir au moins qu’on fait partie de l’équipe, ce qui n’est pas le cas quand tu es blessé et que tu ne voyages pas», a dit Stone, qui a souligné que s’il revient, ça n’aura rien à voir avec le fait que Karlsson l’a rejoint au premier rang des compteurs du club. Guy Boucher a dit de son côté qu’il ne demanderait pas mieux que de récupérer son meilleur attaquant. «On n’a pas eu notre club de l’année et on ne l’aura pas puisque Marian Gaborik ne sera pas du voyage. Il reste à voir pour Stone et Karlsson. Dans le cas de Stone, il va bien, mais il ne jouera pas tant que [sa jambe] ne sera pas en excellente condition», a-t-il dit.