Malgré ses 22 points récoltés en 15 parties, Matt Duchene a été blanchi de la feuille de pointage, samedi.

Justin Falk, un fier produit de Snowflake

Personne ne connaissait vraiment Justin Falk, quand les Sénateurs lui ont fait signer un contrat, vendredi après-midi.

Il n’est pourtant pas un nobody.

Suffit de chercher la page réservée à la municipalité de Snowflake sur Wikipedia pour le découvrir.

« Petite communauté rurale située dans le sud du Manitoba. Lieu de naissance du hockeyeur Justin Falk. »

Voilà.

« Snowflake? Il ne se passe plus grand-chose, là-bas. C’est une petite communauté agricole. Nous avons un bureau de poste et un petit magasin où on vend des produits chimiques. Les agriculteurs aiment s’y rassembler pour discuter autour d’un café », raconte le solide gaillard.

Un bureau de poste. Un magasin de produits chimiques. Pas d’aréna ?

« Nous avions une patinoire dans une vieille grange. C’est une porcherie, maintenant. La patinoire a pas mal perdu son utilité après mon départ. »

« Snowflake, c’est quand même chez moi. J’adore cet endroit. Je suis fier de mes racines. »

Falk en a fait, du chemin, depuis le temps où il patinait dans la grange. Il a joué 269 matches dans la LNH au cours de la dernière décennie. Il a porté les maillots du Wild du Minnesota, des Rangers de New York, des Blue Jackets de Columbus et des Sabres de Buffalo.

Il est devenu père pour la troisième fois, le 4 septembre dernier.

Il tentait alors de faire sa place avec le club-école des Flames de Calgary, à Stockton, en Californie.

« J’avais un simple contrat d’essai, raconte-t-il. Ce n’était pas un contexte idéal. J’ai pris une grosse décision. J’ai choisi de rentrer à la maison pour me concentrer sur mon rôle de père à temps complet pendant quelques semaines. »

Quand il fut prêt à reprendre le boulot, Falk a pu se dénicher un autre contrat d’essai dans la Ligue américaine. Il s’est alors retrouvé à Loveland, au Colorado, avec les espoirs de l’Avalanche.

« Je suis le genre de gars qui s’attache, facilement, à son équipe. Même si je ne suis pas resté bien longtemps, je me suis vite investi émotivement au Colorado. J’étais prêt à y passer toute la saison », explique-t-il.

Les Sénateurs discutaient depuis un petit bout de temps avec son agent. Avec une brigade défensive particulièrement jeune, ils avaient clairement besoin d’un gars comme lui. « Mais vous savez comment ça fonctionne. Les équipes de la LNH n’accordent pas trop souvent de contrats à cette période de l’année. »

Les joueurs qui voyagent beaucoup ont souvent cette capacité de s’adapter facilement.

Il était 2 h 30, samedi matin, quand Falk est arrivé à son hôtel d’Ottawa. Une dizaine d’heures plus tôt, il sautait sur la patinoire avec ses nouveaux coéquipiers pour affronter les Sharks.

« Honnêtement, je n’ai jamais vu un gars s’adapter aussi rapidement à sa nouvelle équipe », a déclaré Guy Boucher, après le match.

Falk s’est démarqué avec une solide mise en échec à l’endroit de Joe Thornton. Il a ensuite jeté les gants pour facilement gagner son combat contre l’attaquant suédois Marcus Sorensen.

« Il n’a même pas eu la chance de s’entraîner avec nous. C’est à peine si nous avons eu la chance de discuter avec lui pendant quelques minutes. Notre système de jeu n’est pas le plus facile à comprendre. À son premier match, il a tout fait correctement. »

Falk devra continuer de bien faire pour garder sa place. Rien n’est assuré, pour lui.

« Je suis prêt à faire tout ce que je peux pour aider à stabiliser la jeune brigade défensive des Sénateurs », déclare-t-il.

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LES SÉNATEURS EN BREF

Un rival de taille pour Karlsson

«Ça, c’était un match amusant», s’est exclamé Thomas Chabot après la partie. Le défenseur québécois des Sénateurs était fébrile à l’idée d’affronter son ancien mentor, Erik Karlsson. Les chiffres nous laissent croire que l’élève a eu le dessus, dans ce premier affrontement. Malgré ses neuf tirs au but, Karlsson a été blanchi de la feuille de pointage. Il a conservé un différentiel de - 2. Avec deux mentions d’aide, Chabot a terminé le match à + 2. Chabot a donc officiellement franchi le plateau des 30 points à son 27e match de la saison. Les statisticiens de la LNH nous ont appris que seulement deux défenseurs ont atteint ce plateau plus rapidement, depuis 1992, à Ottawa. Karlsson l’a fait en 26 parties, en 2015. Wade Redden l’a fait en 24 parties, en 2005. «Je suis surtout content d’avoir gagné le match, fait savoir Chabot. Nous voulions gagner pour les trois anciens joueurs des Sharks qui font désormais partie de notre équipe. Ils ont vécu des émotions fortes. Le genre d’émotion qui permet de tisser, rapidement, les liens au sein d’une équipe.»

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Duchene oublié

La LNH a profité du week-end pour dévoiler le nom des trois étoiles du mois de novembre. Matt Duchene n’en fait pas partie. Avec ses 18 buts et une passe, Patrik Laine a mérité la première étoile. Nathan MacKinnon - 23 points en 14 matches – et Marc-André Fleury – fiche de 9-6-0 - ont complété le trio. Duchene a probablement raté de peu le podium, lui qui a récolté 22 points en 15 parties. À son premier match en décembre, samedi, le centre numéro un des Sénateurs a été blanchi... Maxime Lajoie a été laissé de côté contre les Sharks. «Son état sera évalué quotidiennement», dit Guy Boucher.