L’entraîneur-chef des Senators de Belleville n’a que de bons mots pour l’espoir des Sénateurs, Josh Norris.
L’entraîneur-chef des Senators de Belleville n’a que de bons mots pour l’espoir des Sénateurs, Josh Norris.

Josh Norris est devenu un centre polyvalent grâce à Troy Mann

L’entraîneur-chef des Senators de Belleville, Troy Mann, est allergique à la boulechite.

Quand un journaliste lui demande son opinion au sujet d’un joueur qu’il dirige, il dit ce qu’il pense. Il est critique. Il n’a pas peur de bousculer les plus susceptibles.

Quand il parle de Josh Norris, Mann n’a toutefois que de bons commentaires à formuler.

« Je fais partie de son fan club », a-t-il même déclaré, lors de sa dernière conversation avec Le Droit.

Mann a contacté Norris à deux reprises, cette semaine. Chaque fois, il avait de bonnes nouvelles à lui annoncer.

La première fois, c’était pour lui dire qu’il avait été retenu au sein de l’équipe d’étoiles des recrues de la Ligue américaine.

La deuxième fois, c’était pour lui apprendre qu’il faisait partie de la première équipe d’étoiles du circuit, tout court.

« J’ai passé une belle semaine », a reconnu Norris, un sourire dans la voix, quand nous l’avons contacté par téléphone.

« Je ne peux pas dire que j’étais surpris. Notre équipe a joué de façon constante, tout au long de la saison, et j’ai obtenu de bons chiffres », d’enchaîner le centre qui a marqué 31 buts et récolté 30 mentions d’aide en 56 parties.

« Je m’attendais un peu à être récompensé, éventuellement. Je n’avais quand même pas trop pris le temps d’évaluer mes chances d’évaluer mes chances de me retrouver parmi les étoiles, en fin de saison. »

Norris était content de pouvoir discuter, un peu, avec celui qui fut son premier entraîneur dans les rangs professionnels. « Il a pu me dire tout le bien qu’il pense de moi. J’ai pu lui faire comprendre que c’est réciproque. »

Pour connaître une saison de 30 buts, à 20 ans, il faut maîtriser certaines habiletés.

« Je crois qu’une de mes qualités m’a été particulièrement utile, cette saison. Je suis un joueur facile à diriger. »

Voilà une réponse qu’on n’entend pas tous les jours.

Troy Mann

« Quand je suis arrivé au camp d’entraînement, j’étais conscient que j’avais beaucoup de choses à apprendre. Quand la saison a pris son envol, à Belleville, j’ai beaucoup appris. Troy m’a donné un coup de pouce. Ses adjoints aussi ! J’ai fait beaucoup d’heures supplémentaires, après nos entraînements, à regarder des vidéos. »

Norris, un Américain du Michigan, a toujours eu de la facilité à l’attaque. C’est pourquoi les Sharks de San Jose l’ont repêché en première ronde, en 2017.

Le jeune homme se dit plutôt fier d’être devenu un joueur plus complet au cours des derniers mois. Il est plutôt satisfait de son rendement dans les cercles des mises en jeu. Il conserve de bons souvenirs des matches, en fin de saison, où on l’a utilisé régulièrement lors des infériorités numériques.

« J’aimerais devenir un joueur qui peut aider l’équipe dans toutes les situations. »

Les quatre vérités

Oh. Norris tient à ce qu’on sache que ses discussions avec son entraîneur-chef à Belleville n’ont pas toujours été agréables.

« Troy a toujours été très honnête envers moi. Il m’a convoqué dans son bureau à quelques occasions. Dans ces rencontres, il n’a pas eu peur de me dire mes quatre vérités. »

« Ce n’est pas toujours agréable, pour moi. Troy est un homme honnête. C’est une bonne chose. Parfois, les joueurs de première année ont besoin d’un bon coup de pied au derrière. Troy n’a pas eu peur de m’en donner. »

« Je crois même qu’il était plus dur envers moi dans les moments où tout allait bien. »

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LES GARS DE BELLEVILLE POURRAIENT FINIR LE TRAVAIL À OTTAWA

Dans une discussion avec un animateur de radio torontois, la fin de semaine dernière, Eugene Melnyk a possiblement dévoilé une partie du plan de son directeur général, Pierre Dorion. Il a laissé savoir que «cinq à six joueurs qui ont passé la dernière à Belleville feront le saut à Ottawa la saison prochaine».

Josh Norris, meilleur marqueur des Senators de la Ligue américaine en 2019-20, fera forcément partie de ce groupe.

«Je ne veux pas vraiment parler de tout ça», réagit-il, avant de reconnaître qu’il serait content d’accéder au niveau supérieur.

Il serait encore plus content de ne pas franchir cette étape tout seul.

«Il y avait plusieurs bonnes recrues, cette année, à Belleville. Je pense notamment à Alex Formenton, qui est devenu mon co-loc et mon ami. Il est tout un joueur de hockey», déclare-t-il.

Alex Formenton

À 19 ans, l’Ontarien Formenton a lui aussi connu un début de carrière sur les chapeaux de roues. Il a inscrit 27 buts en 61 parties.

«Nous avons été réunis au sein du même trio à quelques occasions, durant la saison. Chaque fois, nous avons trouvé le moyen de connaître du succès, ensemble. Je lui dois une bonne partie de mon succès.»

À Belleville, Norris et Formenton partageaient une maison avec un autre espoir de l’organisation, Maxime Lajoie.

«Nous n’avons pas été capables de compléter notre saison et c’est bien malheureux. Nous formions toute une équipe. Nous avions beaucoup de plaisir, chaque jour, à l’aréna. Nous ne saurons peut-être jamais à quel point nous aurions pu aller loin.»

En attendant de retrouver ses frères d’armes, Norris ne s’ennuie pas trop. Il a passé les longues semaines de confinement avec ses frères biologiques, qui sont aussi de bons hockeyeurs.

Coale, un ailier de 22 ans, vient de compléter sa troisième saison dans la NCAA. Dalton, un défenseur de 18 ans, jouait dans la United States Hockey League l’hiver dernier.

Ils sont confinés, ensemble, dans la maison familiale, au nord de Détroit.

«On peut recommencer à jouer au golf. C’est bon, parce que nous sommes très compétitifs...»