Jim Little avait fait son entrée chez les Sénateurs à la mi-janvier.
Jim Little avait fait son entrée chez les Sénateurs à la mi-janvier.

Jim Little congédié après avoir sacré auprès d'Eugene Melnyk

Une discussion animée survenue le jour de la Saint-Valentin avec le propriétaire des Sénateurs, Eugene Melnyk, aurait mené au plus récent divorce entre l’équipe et un autre de ses hauts dirigeants.

Jim Little a été congédié mercredi matin après seulement 54 jours dans le fauteuil de chef de la direction. Il avait été embauché le 10 janvier pour devenir notamment «le visage de la franchise» dans la communauté.

Les circonstances du départ de l’ancien dirigeant de Bombardier, Bell Canada, RBC et Shaw Communications s’avèrent nébuleuses. Dans un bref communiqué de presse, l’organisation s’est contentée d’évoquer une «conduite ne rejoignant pas les valeurs des Sénateurs d’Ottawa et de la Ligue nationale de hockey». Aucun autre détail n’a été offert, laissant planer divers scénarios sur les médias sociaux.

Little, lui, a répliqué en fin de journée en affirmant vouloir «clarifier» les propos de l’équipe. Dans une déclaration écrite, il avance avoir eu un désaccord avec Melnyk durant un appel entre les deux hommes, le 14 février dernier.

Le sujet? L’approche adoptée par le nouvel employé depuis son arrivée.

Little avoue avoir notamment sacré auprès de son patron. «J’ai une forte personnalité. J’ai adopté un langage corsé, dont des jurons, ce qu’il (propriétaire) n’a pas apprécié. Je m’en suis excusé plus tard, peut-on lire.

«Ce sont ces événements, à ma connaissance, qui ont mené à mon renvoi. Toute autre conclusion suite au communiqué (de l’équipe) est fausse.»

Little avait succédé à Tom Anselmi et Nicolas Ruszkowski, qui avaient délaissé leurs fonctions après quelques mois. Ces deux dirigeants n’ont jamais expliqué la raison de leur départ.

Le plus récent épisode n’a rien pour aider la réputation déjà ternie des Sénateurs ailleurs dans la LNH.

Le commissaire Gary Bettman a été appelé à commenter le tout durant un point de presse tenu à la réunion des directeurs généraux à Boca Raton, en Floride. Le congédiement de Little «n’est pas ce que vous croyez ou ce qui est laissé sous-entendu», a-t-il dit, en faisant allusion au communiqué de l’équipe de la capitale.

«Ce n’est pas dans mes habitudes de commenter les décisions reliées au personnel des équipes, a-t-il rappelé. Mais ce n’est pas relié à ce que nous avions discuté lors de la rencontre des gouverneurs en décembre.»

Le circuit avait abordé avant Noël les incidents reliés au racisme et au harcèlement ayant secoué certaines de ses organisations depuis le début de la saison.

«Cette décision relève plutôt des opérations à l’interne, a soutenu Bettman en parlant du départ de Little. Si vous désirez en savoir plus, vous devez parler aux Sénateurs.»

Sauf que l’organisation se limite à son communiqué. Elle indique avoir embauché une firme indépendante afin de dénicher un nouveau chef de la direction. Une embauche aura lieu dans «quelques semaines».

Les joueurs, eux, n’avaient pas le goût de jaser de la plus récente controverse à secouer les Sénateurs. Quant à l’entraîneur-chef D.J. Smith, il ne croit pas que sa jeune bande sera distraite par la nouvelle controverse à secouer la direction.

«Les joueurs se rapportent à Pierre Dorion et moi sur une base quotidienne. Nous nous concentrons sur les gens qui se trouvent à l’intérieur de notre vestiaire. Et nos joueurs font du bon travail à ce chapitre.»

Quant à Eugene Melnyk, qui a vu plusieurs employés arriver et partir dans les dernières années, c’est le gros silence. L’homme d’affaires, dont le départ est réclamé par plusieurs amateurs, n’a pas accordé d’entrevues depuis le début de la saison.

Le commissaire de la LNH s’est porté à sa défense. «Les équipes vont traverser parfois des périodes difficiles pour diverses raisons, a rappelé Gary Bettman.

«Je ne suis pas le genre de personne qui va réagir prématurément lorsque les performances d’un club ne sont pas nécessairement à la hauteur des attentes de la communauté. Je connais Eugene. Je sais à quel point le hockey le passionne, à quel point il aime son équipe. Et si je me souviens bien, cette équipe se trouvait à une victoire d’une participation à la finale de la coupe Stanley, il n’y a pas si longtemps.»