Jean-Gabriel Pageau

«Je suis déçu de moi» - Pageau

Jean-Gabriel Pageau a d'abord cru que c'était son réveil matin. Il s'est vite ravisé. C'était la sonnerie de son téléphone qui lui annonçait que la nuit était terminée.
Au bout du fil, hier matin, il y avait le nouveau directeur général associé des Sénateurs d'Ottawa, Randy Lee.
«Ce n'était pas vraiment le réveil que j'aurais souhaité», indique Pageau.
Lee l'appelait pour lui annoncer qu'il s'en retournait dans la Ligue américaine.
Pageau n'était pas trop surpris. Il avait déjà effectué un séjour forcé dans les mineures plus tôt cet automne. Depuis son retour, il ne jouait pas mal. Il s'acquittait même assez bien de ses responsabilités en défensive. Sa production à l'attaque n'avait cependant pas augmenté. Il n'avait pas inscrit un seul point à ses 10 dernières parties.
Il avait été laissé de côté deux fois par son entraîneur au cours des trois dernières parties sur la route. Avec le retour imminent de Chris Neil dans la formation débutante, il aurait été plus difficile, encore, de lui trouver un poste.
Surplus d'attaquants
«Randy ne m'a pas donné de raisons spécifiques pour expliquer mon renvoi. Il m'a juste dit qu'il y a un surplus de joueurs en ce moment et il m'a dit que je suis celui qui va écoper.»
«C'est certain que je m'y attendais un peu. Qu'est-ce que tu veux?»
Lors de son premier renvoi à Binghamton, à la fin du mois d'octobre, le Gatinois avait relativement bien encaissé le coup. Une fois là-bas, il n'avait pas tardé à retrousser ses manches. Il avait participé aux cinq buts de son équipe à son premier week-end d'activité dans la LAH.
Un coup dur
Cette fois, au bout du fil, on sent que le coup est un peu plus dur à encaisser.
«On m'avait demandé d'être meilleur dans les cercles des mises en jeu. J'ai été meilleur. Je voulais produire davantage. Mon rôle à Ottawa est un peu plus défensif mais j'essayais quand même de faire de mon mieux. Je suis déçu de moi. Mes attentes et mes objectifs sont toujours élevés. C'est décevant de retourner dans la Ligue américaine. Mais je n'abandonnerai pas.»
Au moins Pageau n'a pas eu à se précipiter. Au moment où il a reçu la mauvaise nouvelle, les autres membres du club école des Sénateurs grimpaient dans un autobus en partance vers la ville de Glens Falls, dans l'État de New York. En soirée, le numéro 44 n'était pas dans la formation débutante des Senators pour leur match contre les Phantoms des Adirondacks.
Il a pris le temps de bien boucler ses valises. Il a fait un petit saut en Outaouais pour saluer ses parents. Il a mis le cap sur Binghamton en milieu de journée. Il devrait renouer avec l'action ce week-end. Les Senators disputeront deux matches en autant de soir, le premier à domicile contre les Sound Tigers de Bridgeport, le deuxième sur la route contre le Crunch de Syracuse.
«J'ai quand même de bons amis à Binghamton. Je serai bien content de les retrouver», dit-il.
«J'ai quand même fait de belles choses l'an dernier et cette année à Ottawa. Il y a quand même du positif. Je serai toujours très fier d'avoir joué pour les Sénateurs et j'espère que j'aurai la chance de jouer avec eux à nouveau prochainement. Défendre l'équipe, la ville, le logo, c'est quelque chose de très important pour moi.»