Le départ de Mike Hoffman pendant l’été permet à des jeunes comme Brady Tkachuk de s’illustrer avec les Sénateurs.

Hoffman s'adapte à sa nouvelle vie en Floride

SUNRISE — Révélation un peu surprenante, dimanche après-midi, à quelques heures du match opposant les Sénateurs aux Panthers. Mike Hoffman a eu du mal à s’adapter à son nouvel environnement de travail, dans le sud de la Floride.

« Ce fut un peu de tout, je dirais. Développer de nouvelles amitiés. Construire des liens de confiance avec mes coéquipiers. Trouver la complicité sur la patinoire. M’adapter au nouveau système. Rien de tout ça n’est venu naturellement », a-t-il confié.

Clairement, si Hoffman a vécu des moments difficiles, il n’a pas trop mis de temps à trouver ses points de repère.

La période d’adaptation fut manifestement de très courte durée.

L’ailier gauche de 28 ans a participé au pointage dans son tout premier match en carrière contre Ottawa.

Il a donc prolongé sa séquence de matches avec au moins un point. Il a maintenant noirci la feuille de pointage dans chacune des 12 dernières parties de son équipe.

Dans l’histoire des Panthers, un seul joueur a fait mieux. Il s’agit d’un double récipiendaire du trophée Maurice-Richard. Le Rocket russe, Pavel Bure, a connu une séquence de 13 parties avec au moins un point durant la saison 1999-2000.

« C’est vrai. Au début, Mike a connu des difficultés », reconnaît l’imposant entraîneur-chef de Panthers, Bob Boughner.

« Il a connu des difficultés, mais nous avons aussi notre part de responsabilité. Nous avions du mal à trouver sa place exacte. Nous n’avons pas tout de suite trouvé le bon trio, ni les bons partenaires de jeu pour lui. »

Boughner a finalement trouvé la solution : il suffisait de le placer sur le « gros » trio. Hoffman a très rapidement débloqué quand on l’a placé à droite, avec l’excellent Aleksander Barkov et Evgeny Dadonov.

Depuis, le coach n’a que de bonnes choses à dire sur l’attaquant que son patron lui a donné durant l’été.

« Son jeu sans la rondelle est beaucoup mieux, depuis quelques semaines. »

« De façon générale, je dirais que Mike a été pour notre équipe une véritable bouffée d’air frais. »

On ne s’attendait pas à entendre les mots « bouffée d’air frais » pour décrire ce joueur. Surtout quand on connaît les circonstances qui ont mené à son départ d’Ottawa.

L’histoire de cyberintimidation impliquant les conjointes de joueurs n’est pas réglée.

Vieux amis

Il ne faut quand même pas croire que Hoffman n’avait plus d’amis dans le vestiaire, à son départ.

À preuve, Ryan Dzingel a ri, dimanche matin, quand un collègue lui a demandé s’il avait l’intention d’échanger avec son ancien coéquipier dans les cercles de mises en jeu.

« Mike va probablement entreprendre la conversation. Le connaissant, il va dire quelque chose de stupide... et de très drôle », a-t-il répondu.

Hoffman se plaît dans son nouveau milieu de vie. Ça n’a rien d’étonnant. Ce week-end, tandis que les premiers vrais flocons de l’hiver tombaient sur Ottawa-Gatineau, le mercure a franchi le seuil des 30 degrés Celcius dans le Sunshine State.

« Je me doutais bien que je finirais par être impliqué dans une transaction. Presque tout le monde passe par-là, un jour ou l’autre. Je suis quand même content de la façon dont les choses ont bien tourné pour moi. »

« Je vais quand même m’ennuyer des amis que j’avais à Ottawa, surtout des gars avec qui j’ai grandi dans les ligues mineures.

Hoffman a fait partie de l’équipe qui a remporté la Coupe Calder, à Binghamton, en 2011.

Plusieurs de ses coéquipiers de l’époque ont accédé à la LNH dans les années qui ont suivi.

Du groupe, il reste deux survivants : Zack Smith et Mark Borowiecki.

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LES SÉNATEURS EN BREF

Anderson spectateur chez lui

Un truc plutôt rare s’est produit, dimanche soir. Craig Anderson a regardé un match depuis le banc des joueurs, au BB&T Center. Le vétéran gardien des Sénateurs est presque toujours sollicité lors des voyages dans le sud de la Floride. C’est qu’il a toujours connu du succès contre l’équipe qui lui a donné sa première véritable chance d’évoluer dans la LNH. Il présente une fiche de 16-8-2 et un taux d’efficacité de 92,6 %, contre les Panthers.

« Nous avions deux matches en deux soirs à jouer, durant ce voyage. Il était clair, dans ma tête, que Craig ne pouvait pas obtenir les deux départs », explique Guy Boucher.

L’entraîneur-chef a choisi d’utiliser son meilleur gardien à Tampa, contre une des attaques les plus dangereuses de toute la LNH. Mike McKenna, le vétéran des ligues mineures, a pu obtenir à 35 ans une première opportunité d’affronter les Panthers.

« Nous avons établi un plan. Ce plan était valide uniquement pour samedi et dimanche. Après, il n’y a plus de plan. Il faudra voir comment Craig se sent. On va lui donner tout le repos dont il a besoin », a indiqué Boucher, plein de sympathie pour celui qui a obtenu 14 départs, jusqu’ici, cette saison. Les Sénateurs joueront leur prochain match jeudi.

Chabot est capable d’en prendre

On continue de parler du match de jeudi dernier, durant lequel Thomas Chabot a passé près de 30 minutes sur la patinoire contre les Golden Knights de Vegas. Il faut s’attendre à ce que le scénario se répète. Ça risque de se produire de plus en plus souvent.

« Il ne manque pas d’endurance. C’est une de ses belles qualités », croit Boucher.

Chabot a presque toujours été le défenseur numéro un de son équipe, aux niveaux inférieurs. Il a raconté, ce week-end, ses souvenirs associés à quelques parties où il a passé plus de 40 minutes sur la glace. C’est entre autres arrivé à Shawinigan, quand il portait les couleurs des Sea Dogs de Saint-Jean dans la LHJMQ.

« On jouait à cinq défenseurs », se souvient le jeune défenseur.

Dans ce duel contre les Cataractes, Chabot effectuait une première présence en compagnie du défenseur numéro deux. Il restait ensuite sur la patinoire, quand ce dernier se faisait remplacer par le défenseur numéro trois. Chabot rentrait ensuite au banc pour se reposer une trentaine de secondes, le temps d’une courte présence des défenseurs quatre et cinq. Ça s’est passé comme ça, jusqu’à la fin du match que les Sea Dogs ont gagné dans les tirs de barrage.