Le poste à la ligne bleu pourrait glisser entre les doigts de Ben Harpur. Les recrues Christian Jaros, Maxime Lajoie et Christian Wolanin pourraient lui piquer sa place.

Harpur en situation précaire

Ces jours-ci, Ben Harpur fait de gros efforts pour ne pas trop penser.

Les batailles s’intensifient alors que s’achève le camp d’entraînement des Sénateurs. Surtout en défensive.

Son poste à la ligne bleue semblait assuré, à la fin de l’été. Il détient cette année un contrat à sens unique. Dans le hockey professionnel, ça compte.

Or, avec deux matches préparatoires à disputer, le portrait se complique. Les recrues Christian Jaros, Maxime Lajoie et Christian Wolanin sont toujours dans la course. Ils pourraient fort bien lui piquer sa place.

« Je me suis juré un truc à mon arrivée, à la fin de l’été. Il est primordial, pour moi, de laisser le côté business du hockey de côté. Je ne veux pas penser à l’argent. Je dois ignorer mon contrat et faire de mon mieux chaque jour sur la glace. La façon dont je joue au hockey, c’est la seule chose que je peux contrôler. »

« Quand j’arrive à l’aréna, je deviens un simple joueur qui essaie de se tailler un poste dans l’équipe, comme tous les autres. »

Ancien choix de quatrième ronde, Harpur a déjà été perçu comme un futur défenseur d’impact, capable d’évoluer dans un des deux premiers duos à Ottawa.

Il a démontré de belles choses, vers la fin de la saison 2016-17, lorsqu’il a obtenu sa première chance d’évoluer dans la LNH. Il n’a pas eu l’air fou quand il a obtenu sa chance de patiner dans les séries de la coupe Stanley.

L’an dernier, il a démontré qu’il pouvait dominer la Ligue américaine. À Belleville, il a inscrit 11 points en 19 parties.

À Ottawa, ce fut moins facile, pour lui. Il a obtenu une seule mention d’aide et il a conservé un différentiel de moins 21 en 41 joutes.

Dans le passé, on lui a reproché un certain manque de méchanceté.

Cet automne, alors que l’heure des décisions importantes approche, Guy Boucher a une lecture différente de la situation.

« Ben, tout le monde sait ce qu’il peut faire. Il faut maintenant qu’il développe la confiance nécessaire pour jouer avec constance, jour après jour. On l’a vu dominer la Ligue américaine. Dans cette ligue, il est capable de contrôler la rondelle. Il a un bon gabarit et une bonne portée. Il n’hésite pas à se porter à l’attaque. Nous l’avons vu faire un peu tout ça, d’ailleurs, durant notre dernier match préparatoire. »

« Il doit maintenant répéter le scénario, de façon régulière. Ben n’est certainement pas le premier joueur dominant dans la Ligue américaine qui a besoin d’un peu de temps pour s’adapter à la LNH. Généralement, ces gars-là doivent prendre le temps de s’habituer à la vitesse du jeu. Il s’agit de poser les mêmes gestes, un peu plus vite. »

Harpur, un jeune homme sage, ne s’obstinera certainement pas avec son patron. Il reconnaît d’emblée que « tout va bien plus vite » dans la LNH.

« Je travaille sur ma constance, dit-il. J’ai appris que, dans la LNH, il est extrêmement dangereux d’effectuer une seule présence sur la patinoire sans avoir la pédale au fond. Les meilleurs joueurs au monde n’ont besoin que d’une petite pause de deux secondes d’inattention pour obtenir une chance de marquer. » S’il s’efforce de ne pas trop réfléchir, Harpur essaie aussi de ne pas trop accorder d’importance à ses rivaux. Le Slovaque Jaros, par exemple, semble flotter sur un nuage quand il se promène dans le vestiaire.

« Notre organisation effectue de bons choix dans les rondes tardives au repêchage. La compétition est inévitable », dit-il.

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LES SÉNATEURS EN BREF

Chabot et Wideman à la pointe

Guy Boucher et son associé Marc Crawford ont dirigé une autre interminable séance d’entraînement, mardi. Les joueurs ont passé presque deux heures sur la patinoire. Encore une fois, les unités spéciales ont monopolisé l’attention. Si on se fie à ce qu’on a vu, Thomas Chabot et Chris Wideman seront les deux défenseurs les plus utilisés à la pointe, dans les premières semaines de la saison. 

Cody Ceci aura beaucoup de responsabilités en défensive cette saison.

Cody Ceci pourrait éventuellement se joindre à eux. « Il aura tellement de responsabilités en défensive... Ce n’est pas que je ne veux pas lui accorder du temps de jeu en supériorité numérique. C’est juste qu’il en a suffisamment à gérer en ce moment », fait valoir Boucher. « Les jeunes comme Jaros et Lajoie peuvent jouer en avantage numérique. Ce qu’il faut développer, en ce moment, ce sont des joueurs capables d’évoluer à forces égales. »

Un deuxième club école à Brampton

En fin de journée, mardi, les Sénateurs ont réussi à conclure un pacte avec leur nouveau club affilié dans la Ligue East Coast (ECHL). En 2018-19, les espoirs de l’organisation qui ne seront pas en mesure de se tailler un poste à Belleville se grefferont au Beast de Brampton. Le Beast, une des rares formations canadiennes de l’ECHL, joue ses matches dans un petit amphithéâtre de 5000 sièges, en banlieue de Toronto. « En plus de présenter des avantages sur le plan logistique en raison de la proximité avec Belleville et pour le personnel des Sénateurs affecté au développement de la relève, avoir un partenaire de la ECHL dans la même province que sa filiale est d’une importance considérable pour nous », a fait valoir le directeur général des Sénateurs, Pierre Dorion, dans un communiqué.