Le style de jeu des Sénateurs ne fait pas peur au gardien Marc-André Fleury qui rappelle que les Penguins ont affronté d'autres équipes appliquant un style défensif très rigoureux au fil des ans.

Garder la tête froide

(Pittsburgh) Le prochain défi des Penguins, selon Marc-André Fleury, sera « psychologique ».
« Nous allons apporter de petits ajustements. Il faudra surtout s'assurer que les Sénateurs ne viennent pas trop jouer dans notre mental. Il ne faudra pas se fâcher. Il faudra continuer d'y aller comme on peut. On va bien finir par trouver des failles », a déclaré le gardien québécois, dimanche.
La frustration pourrait s'installer si jamais les Sénateurs trouvent encore une façon de museler la dynamique attaque de Pittsburgh, dans le match numéro deux de la finale de l'Association Est.
Samedi, les champions de la coupe Stanley ont décoché seulement 28 tirs vers le filet de Craig Anderson. Personne n'a autant souffert que le capitaine et candidat au trophée Hart. Sidney Crosby a obtenu seulement deux tirs, même s'il a passé plus de 23 minutes sur la glace.
Dimanche, il prêchait aussi la patience.
« Les Sénateurs sont bons en zone neutre, c'est vrai. Nous avons quand même réussi à obtenir des chances de marquer ! Nous avons frappé la barre horizontale. Nous avons eu d'autres chances, ici et là, tout au long de la soirée », dit celui qui a également été dominé dans les cercles des mises en jeu. Il est sorti gagnant dans moins de 40 % des cas.
Pour continuer à produire comme il a produit dans les deux premières rondes, contre les Blue Jackets de Columbus et les Capitals de Washington, Crosby a l'intention de se montrer plus patient avec la rondelle. « Je dois continuer à faire ce que j'ai fait jusqu'ici. Les chances de marquer vont venir à moi si je parviens à davantage contrôler la rondelle en zone adverse. »
Pour l'entraîneur-chef des Penguins, Mike Sullivan, c'est encore plus simple que ça.
Si Crosby et les Penguins veulent marquer davantage, ils n'ont qu'à envoyer plus de caoutchouc au filet.
« Je crois dur comme fer que rien ne déstabilise une défensive adverse autant qu'un tir au but. Chaque lancer oblige au moins un joueur en défensive à prendre une décision. »
Sullivan a soulevé ce problème dans les minutes qui ont suivi le match numéro un, tard samedi soir. Il a continué d'en parler, dimanche.
« Nous avons organisé une petite séance de vidéo en vitesse, durant laquelle nous avons montré à nos joueurs une série de séquences durant lesquelles nous avons raté de belles occasions de lancer. Ce n'est pas un problème qui vient de se pointer, vous savez. C'est un petit problème qui prend de l'ampleur depuis un certain temps. »
« C'est aussi un problème assez facile à régler. Il suffit de simplifier notre façon de faire les choses. »
Marc-André Fleury, un vétéran qui en a vu d'autres, souligne que les Penguins ont affronté d'autres équipes appliquant un style défensif très rigoureux, au fil des ans.
« Les Sénateurs me rappellent un peu le Lightning de Tampa Bay. Eux aussi, l'an dernier, alignaient des joueurs patients qui sont capables de marquer des buts. »
En finale de l'Association Est, les Penguins ont battu le Lightning en sept parties.
Si son équipe applique de subtils ajustements, Sullivan s'attend à voir des résultats différents. « En séries, chaque match est différent et unique. Il faut apprendre de nos mauvaises expériences et passer à la prochaine étape. »
Carl Hagelin se sent un peu mieux
Un peu de renfort pour les Penguins ?
L'attaquant Carl Hagelin a pris part à la séance d'entraînement, dimanche. « Je me sens bien », a-t-il déclaré, lumineux, à son retour au vestiaire.
Assez pour prendre part au match numéro deux ?
« On verra bien ce qui se passera dans les prochaines heures. Rien n'est officiel, pour l'instant. C'est du hockey de séries. En séries, on veut être dans le feu de l'action chaque soir. »
Le jeune vétéran connaît un début d'année frustrant. Une blessure l'a mis K.-O. après le match du 10 mars, en pleine traversée de l'Ouest canadien.
Après avoir raté la première ronde des séries contre Columbus, il a été capable de participer à cinq des sept rencontres du deuxième tour face à Washington.
Il n'est cependant pas encore complètement guéri. 
« C'est frustrant. Je joue au yo-yo depuis bientôt deux mois, maintenant. Que voulez-vous ? Il faut savoir écouter son corps, à l'occasion. »
Comme les Finlandais
Hagelin ne serait pas l'attaquant le plus dynamique sur la patinoire, mais il pourrait contribuer avec son expérience.
Il a déjà franchi le plateau des 100 matches en carrière dans les séries de la coupe Stanley. Il a déjà eu la chance d'affronter des équipes dirigées par Guy Boucher.
« Dans le temps où il travaillait à Tampa, c'était essentiellement la même chose. Son équipe appliquait un système de type 1-3-1. C'est quand même impressionnant de voir à quel point tous les joueurs des Sénateurs ont adhéré à ce système cette saison », commente-t-il.
« Ils jouent comme l'équipe nationale de la Finlande », de conclure le Suédois.
Patric Hornqvist ne s'est pas entraîné, dimanche, mais il devrait être du match numéro deux.