Mike Hoffman et les Sénateurs d’Ottawa ont été incapables d’obtenir un seul lancer au cours des 13 premières minutes de jeu, samedi à San Jose. Ils se sont finalement inclinés 5-0.

Frustrant au plus haut point

Une troisième défaite par voie de blanchissage en quatre parties samedi soir à San Jose a ajouté au niveau de frustration déjà élevé des Sénateurs d’Ottawa.

« Il y a de la frustration, c’est certain. C’est le mot juste. On n’arrive pas à jouer comme on le veut de façon constante, a dit le vétéran défenseur Dion Phaneuf après le revers de 5-0 aux mains des Sharks au SAP Center. Ce n’est pas une chose ou une autre, en fin de compte, en tant qu’équipe, nous n’avons juste pas joué assez bien et ça a été le cas encore ce soir. Nous avons été battus par une équipe qui a joué beaucoup mieux que nous. Comme athlète, tu dois retirer de la fierté de ta manière de jouer et quand tu perds de cette façon, ce n’est pas une bonne sensation. »

Celui-ci a été un des quatre vétérans qui ont défilé dans un vestiaire désert après cette 11e défaite en 12 sorties (deux en prolongation) depuis le retour du voyage en Suède, cherchant à offrir des réponses aux nombreuses questions qui se posent quand un club en arrache autant.

Dans leur dernière série de quatre défaites consécutives, les Sénateurs ont alloué 17 buts et n’en ont compté que 3, tous lors de leur sortie encourageante de jeudi dernier à Los Angeles dans un revers de 4-3 en prolongation.

Comme Winnipeg dimanche dernier dans un gain par le même pointage, les Sharks ont cependant totalement dominé les visiteurs samedi soir, dominant aux tirs 50-25 alors que le gardien Craig Anderson a fait son possible pour empêcher une défaite encore plus cinglante, tandis que son vis-à-vis Aaron Dell a obtenu un jeu blanc relativement facile. En plus de leurs 50 lancers, les Sharks ont aussi vu 41 autres tentatives de tirs ne pas se rendre au filet, étant soit bloqués ou hors-cible.

Les Sénateurs, eux, n’ont pas obtenu un seul lancer lors des 13 premières minutes de jeu.

« On savait que dans cet amphithéâtre, les débuts de parties sont difficiles parce qu’ils sortent toujours forts. C’est ce qu’ils ont fait et nous n’avons pas bien répondu, on a saboté notre travail nous-mêmes avec des revirements et des punitions. On a passé 15 minutes au cachot ce soir, tu ne peux espérer gagner ici quand tu fais ça », notait l’entraîneur-chef Guy Boucher après la rencontre.

« Nous cherchions encore à faire des jeux parfaits au début de la partie, à faire la passe de plus au lieu de faire comme eux, envoyer le plus de rondelles et de joueurs au filet adverse possible », a-t-il ajouté.

C’était probablement trop peu et trop tard, mais Bobby Ryan semblait avoir compté lors d’un avantage numérique après cinq minutes de jeu en troisième période pour réduire l’écart à 4-1, poussant un retour sous Dell. Mais Marc-Édouard Vlasic, qui a aussi compté un but, a dégagé la rondelle de l’enceinte alors qu’elle était sur la ligne des buts, selon l’arbitre le plus près du jeu, et les reprises vidéo n’ont pas prouvé de façon concluante que le disque avait complètement franchi la ligne.

« Je ne comprends pas, les deux bancs pensaient que c’était un but. L’erreur (de l’arbitre) est humaine, mais on est au banc et on pense que c’est un but, c’est dégonflant quand ce n’en est pas un. À 4-1 avec 15 minutes à faire, on a encore de l’espoir. Même quand je marque, ça ne compte pas. C’est difficile à avaler », a dit Ryan, dont le seul but cette saison demeure une rondelle qui a dévié sur son patin à Brooklyn, lors du dernier gain des siens, 6-5 contre les Islanders.

Un autre pour qui cet autre revers était difficile à avaler était Mark Stone. Il pensait que cette sortie était quand même moins gênante que celle de dimanche dernier dans son patelin, contre les Jets. 

« À Winnipeg, nous n’étions pas prêts à jouer. Ce soir, on l’était, on avait de l’énergie, mais on a eu un lent départ, je ne sais pas comment l’expliquer. Dans une telle séquence, tu essaies de trop en faire pour t’en sortir, alors qu’il faut s’en tenir à la base. Je sais que moi, j’essaie tellement fort pour aider l’équipe à gagner que j’ai peut-être changé mon jeu », a dit le meilleur compteur du club.

Son jeu est méconnaissable et il a été séparé à nouveau de son fidèle compagnon de trio depuis le début de la saison, Derick Brassard, pour se retrouver avec Matt Duchene, qui jouait un bon match selon Guy Boucher.

IL FAUT SE SERRER LES COUDES, DIT BOUCHER

Le message de Guy Boucher passe-t-il encore dans le vestiaire des Sénateurs ?

À la fin d’un désastreux voyage qui a fort probablement saboté leurs chances de participer aux séries le printemps prochain.

Pour une réponse de la part du DG Pierre Dorion, ou un vote de confiance à l’endroit de l’entraîneur-chef et de son personnel, il faudra attendre parce que l’homme de hockey d’Orléans a décliné les demandes d’entrevues des médias qui suivent l’équipe à l’étranger dimanche.

« Quand les défaites s’accumulent à un tel rythme, vous allez être surveillé plus attentivement et c’est bien mérité. C’est pourquoi je suis ici pour faire face à la musique, c’est inacceptable pour nous comment nous avons joué. Nous avons encore été battus (samedi) par un club qui voulait la victoire plus que nous. Il faut trouver un moyen de jouer beaucoup mieux en tant qu’équipe », a dit l’assistant-capitaine Dion Phaneuf.

« Le message de l’entraîneur est de se tenir ensemble comme on le faisait quand les choses allaient bien. Il faut le faire aussi quand ça va mal. Quand tout va sur des roulettes, c’est facile de se tenir ici et répondre aux questions. Quand ça va mal pour une longue période, ce n’est pas une bonne situation. Ça n’a rien à voir avec le personnel d’entraîneurs, il n’y a pas un aspect ici ou là. C’est nous, collectivement, qui n’en faisons pas assez en tant qu’équipe pour gagner des matches », a-t-il ajouté.

Boucher n’est pas d’accord avec ses critiques qui pensent que son système ne fonctionne plus et qu’il devrait y apporter des modifications en profondeur. Celui-ci change de match en match, note-t-il.

« Le message est toujours différent dépendamment de l’adversaire. Le message (samedi) était de se tenir ensemble, d’avoir une éthique de travail, de ne pas se saboter soi-même, de se donner une chance de gagner. On l’a fait lors des deux matches précédents (à Anaheim et Los Angeles), mais on s’est fait mal (à San Jose). Il faut s’assurer de ne pas commencer comme ça lors du prochain match », a indiqué Boucher.

« On se questionne chaque jour, on regarde les choses qu’on fait bien et qu’on ne fait pas bien, puis on fait des plans pour le match suivant, la pratique suivante. Ça n’a pas changé et ça ne changera pas... On change des choses à chaque match cependant, on fait un échec avant à deux joueurs plutôt qu’à un, il y a toujours une approche spécifique à ce dont nous avons besoin, et à l’adversaire », a-t-il ajouté.

Boucher en est à la deuxième année d’un contrat de trois ans, et comme il avait fait un boulot admirable la saison dernière, il serait surprenant qu’il soit sur la corde raide en raison d’une séquence aussi désastreuse. Mais dans ce cimetière d’entraîneurs qu’est la capitale nationale, on ne sait jamais.