Marc-André Fleury bloque des tirs légers de Sidney Crosby durant l'entraînement des Penguins, jeudi. On ne sait toujours pas si le Québécois sera devant le filet des siens pour le cinquième match, vendredi soir.

Fleury ou Murray?

Marc-André Fleury avait retrouvé le sourire, jeudi, au lendemain d'une courte sortie durant laquelle il avait accordé quatre buts sur neuf tirs. Reste à voir maintenant si le Québécois retrouvera sa place devant le filet des Penguins de Pittsburgh, vendredi.
Son patron Mike Sullivan a refusé de confirmer l'identité de son gardien de but en vue du quatrième match de la finale de l'Est menée 2-1 par les Sénateurs. Est-ce qu'il optera pour Fleury, le gars que tout le monde aime bien dans le vestiaire de l'équipe? Le vétéran âgé de 32 ans qui a traîné le club sur ses épaules depuis le début des éliminatoires? Ou est-ce que le coach se tournera plutôt vers le gardien de 22 ans Matt Murray, qui a mené les Penguins à une conquête de la Coupe Stanley en 2016?
«J'ai toujours dit que nous sommes choyés, que nous avons deux excellents gardiens. Deux gars qui nous ont aidés à gagner des matchs», a soutenu Sullivan.
Un journaliste lui a alors demandé si le choix serait difficile. «C'est toujours une décision difficile à prendre, car ce sont deux très bons gardiens. C'est une décision que je ne prends pas à la légère», a souligné Sullivan, en rappelant qu'il a toujours pris l'habitude de dévoiler l'identité de son gardien le matin d'une joute.
De son côté, Fleury dit n'avoir eu aucune discussion avec son entraîneur-chef dans les dernières heures au sujet du sort qui l'attend vendredi. «J'espère bien retourner devant le filet, a-t-il dit en français. «Je m'amuse beaucoup depuis le début de ces séries éliminatoires», a-t-il ajouté plus tard en anglais. «Personne ne connaîtra 16 matchs parfaits de suite. J'ai accordé quelques buts malchanceux. Il suffit d'oublier ce match.»
Un signe que les Penguins songent à continuer à lui faire confiance contre les Sénateurs? Fleury défendait la cage contre la première vague du jeu de puissance des siens à l'entraînement. À l'autre bout de la patinoire, Murray devait partager le filet avec un autre gardien.
Murray soutenait également ne pas avoir jasé avec Sullivan. «Même s'il m'avait annoncé son choix, je ne vous le dirais pas», a-t-il lancé.
Un refrain a été entendu dans le vestiaire des Penguins au sujet du revers de 5-1 subi mercredi soir : cette défaite n'était pas la faute du joueur surnommé «Flower» par ses coéquipiers. «Tout le monde ici sait que nous ne l'avons pas aidé durant ce match», a soutenu le capitaine Sidney Crosby en parlant de son ami Fleury.
Du même souffle, il disait ne pas être inquiet pour le vétéran gardien. «Il va tourner la page», a répété Crosby.
Boucher s'en balance
Être montré du doigt comme un des responsables de la plus récente défaite des Penguins ne dérange pas Fleury une miette. Il affirme «être habitué à avoir le dos large. J'essaie de ne pas trop m'en faire avec ce que les gens disent.»
Chez les Sénateurs, Derick Brassard s'attend à ce que Fleury soit de retour devant le filet. «Il les a amenés jusqu'ici en jouant du gros hockey. Peut-être qu'avoir ébranlé sa confiance un peu, ça va être bon pour notre équipe, mais on s'attend de le voir dans les buts. Et que ce soit Fleury ou Murray, ça ne change rien. Fleury est un compétiteur, on s'attend à ce qu'il ait une meilleure performance.»
L'entraîneur-chef Guy Boucher, lui, se balançait pas mal de l'identité du gardien des Penguins. «Je n'ai aucun contrôle là-dessus. Bien honnêtement, on s'en balance. On a battu Rask, qui était sur une lancée, puis on a dû composer avec Lundqvist, qui était sur une lancée, et on vient de jouer contre Fleury, qui était sur une lancée. Que ce soit lui ou un autre gardien, on ne contrôle pas ça et ça ne change rien à notre jeu. On va continuer à faire ce qu'on a fait toute l'année : se concentrer sur nous.»
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Plates, les Sénateurs?
Plates, les Sénateurs? Certainement pas en première période mercredi, quand ils ont pris une avance de quatre buts en route vers un gain de 5-1. « Il faut espérer que ça va étouffer la théorie voulant que les Sénateurs soient ennuyeux et qu'on va passer à autre chose», a lancé le défenseur Chris Wideman, jeudi. Les critiques diront qu'après la première période, la rencontre a perdu beaucoup de son intérêt parce que les locaux avaient une avance quasi insurmontable. 
Les Sénateurs, qui mettent toujours l'accent uniquement sur les 10 premières minutes de jeu d'une rencontre tel qu'exigé par Guy Boucher, ne s'en excuseront évidemment pas. «Ça me fait rire quand les gens parlent de système, ce qui est la structure de ta maison, et ce qui est important, c'est les gens dans la maison», a lancé l'entraîneur-chef. Des gens qui, selon lui, sont «dans une bulle depuis le début de la saison, en termes de ce qu'on veut faire, ce qu'on veut que notre identité soit.»