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Depuis le départ d’Erik Gudbranson, les Sénateurs ne comptent plus aucun joueur originaire de la région de la capitale nationale.
Depuis le départ d’Erik Gudbranson, les Sénateurs ne comptent plus aucun joueur originaire de la région de la capitale nationale.

Fini «l’achat local» pour les Sénateurs

Marc Brassard
Marc Brassard
Le Droit
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Quand les Sénateurs d’Ottawa ont échangé Erik Gudbranson à Nashville il y a deux semaines, une longue séquence a pris fin.

Le départ du défenseur originaire de Blackburn Hamlet, quartier d’Orléans et d’Ottawa, a signifié que pour la première fois depuis la saison 2005-2006, il n’y a aucun joueur régulier de l’alignement actuel du club qui est originaire de la grande région de la capitale nationale.

Cette saison-là, les Sénateurs n’avaient offert que quatre parties chacun à des joueurs locaux, Steve Martins, de Gatineau, et Denis Hamel, de Lachute – qui est techniquement dans la région des Laurentides, mais fait partie de la Petite-Nation aussi.

Depuis leur retour dans la LNH en 1992, les Sénateurs ont presque toujours eu une certaine faveur locale dans leur vestiaire.

Ils n’en ont eu aucun, pas même un à temps partiel, que lors d’une seule saison, leur troisième en 1994-1995, quand le centre Dan Quinn est parti pour revenir l’année suivante. Puis à partir de 1996 avec l’acquisition de Jason York, défenseur originaire de Nepean, l’entraîneur-chef Jacques Martin, de St-Pascal Baylon près de Rockland, a toujours pu compter sur au moins un joueur du coin.

«C’était bien de revenir à la maison, mais c’était aussi énervant, se rappelle York. À l’époque, Sports Illustrated avait déclaré que les Sénateurs étaient la pire franchise de tout le sport professionnel. Moi, je commençais à prendre mon élan à Anaheim et j’adorais la Californie, où je venais de m’acheter une maison. Et là je m’en venais avec un club perdant. Mais heureusement, Jacques commençait à replacer les choses et il m’a donné un bon rôle. C’était bien de jouer devant mes parents, mon frère et mes amis tous les soirs, c’était une bonne pression, tu ne veux pas avoir l’air fou devant eux. Et on s’est qualifiés pour les séries à ma première saison ici, ce qui s’est avéré mémorable... Ce n’était pas notre moment pour gagner une coupe Stanley, mais on a au moins établi que c’était une vraie équipe.»

York a fait partie des premières équipes compétitives des Sénateurs, lorsqu’il sont passés du Centre municipal au Centre Corel (maintenant le Centre Canadian Tire), et d’autres locaux se sont joints à lui, les Steve Martins et Todd White, notamment.

La tendance s’est poursuivie avec feu Murray derrière le banc, puis comme directeur général, poste occupé depuis cinq ans par Pierre Dorion, d’Orléans, qui s’est joint à l’organisation en 2008 comme directeur du dépistage amateur.

Avant d’utiliser le repêchage pour développer leurs propres produits de la grande région de la capitale, comme Mark Borowiecki, Cody Ceci et Jean-Gabriel Pageau, ceux-ci ont utilisé le marché des échanges pour rapatrier les Alexandre Picard et Shean Donovan, notamment.

«La chance d’avoir ta famille et tes amis très près et qu’ils assistent à tous les matches, alors que tu joues dans la meilleure ligue au monde, je l’ai savourée parce que je savais que je ne pourrais pas vivre ça ailleurs. C’était bon d’avoir leur appui au fil d’une saison, confie le Gatinois Picard, maintenant analyste des matches de la LNH à TVA Sports. Même à Montréal, où j’ai joué aussi, ce n’était pas pareil. Ce n’est pas aussi proche et ce n’était pas aussi évident d’avoir autant de billets. En plus, c’est d’être le visage francophone de l’équipe, de la représenter de l’autre bord de la rivière. J’ai profité de cette vitrine pour tenir un tournoi de golf au bénéfice de la Fondation de l’Hôpital de Gatineau.»

Natif de Timmins, Donovan est arrivé à Ottawa avant l’adolescence et il a joué pour les 67’s, donc on le considère lui aussi comme un joueur local. Il a terminé sa carrière avec les Sénateurs après s’être promené de San Jose à Boston, en passant par le Colorado, Atlanta, Pittsburgh et Calgary. «Nous étions tellement excités de revenir, vu que mon épouse (Trie) est d’Ottawa, je suis allé à l’école secondaire Canterbury avec elle. J’ai été échangé par Boston à l’été (2007, contre Peter Schaeffer) et en premier, je ne le croyais pas, je pensais qu’on me faisait une blague. Ce n’est que lorsque j’ai eu l’appel de Bryan Murray que j’y ai cru. C’était juste du positif de revenir jouer devant parents et amis, à part que c’était un problème de trouver des billets pour tout le monde! Et que mon père trouvait que je ne jouais jamais assez», lance Donovan en riant, lui qui est demeuré à l’emploi du club comme responsable du développement des espoirs après sa retraite prise en 2010.