Selon l’entraîneur-chef Guy Boucher, les Sénateurs ont été «pourris» lors des avantages numériques, à Montréal, mardi. Colin White a tout de même terminé le match avec un différentiel de moins-3.

Exécution déficiente du jeu de puissance

Grandement améliorée en début de saison, l’attaque à cinq des Sénateurs montre des signes d’essoufflement dernièrement.

Elle a été blanchie lors de quatre de ses cinq dernières sorties pour chuter au 13e rang dans la LNH avec un taux d’efficacité de 22,5 %. Plus inquiétant encore, pour Guy Boucher qui supervise son déploiement cette saison, c’est qu’elle éprouve d’énormes difficultés à s’installer en zone adverse.

C’est arrivé encore mardi soir à Montréal lors d’une première supériorité numérique en première période (quand Andrew Shaw s’en est pris à Drake Batherson), alors qu’un quatre contre trois en tout début de deuxième a au moins pu s’installer en zone adverse, sans parvenir à déjouer le gardien Carey Price. Un troisième et dernier jeu de puissance en troisième période n’a guère été mieux.

La même chose est arrivée à Philadelphie la semaine dernière, et il faut se demander si les adversaires des Sénateurs n’ont pas trouvé une faille majeure dans leur système en étudiant de plus en plus de vidéos.

« C’est peut-être un peu le cas, convient le défenseur Thomas Chabot, quart-arrière de la première unité de l’avantage numérique. Mais dans nos réunions, notre groupe pensait surtout qu’on manquait d’exécution. Je pense qu’il va falloir retrouver ça. Notre attaque à cinq a été très bonne depuis le début de l’année, et c’est important dans les prochains matches de retrouver notre exécution et faire les jeux que nous sommes capables de faire. Au fil d’une saison, tous les clubs vont regarder des vidéos et savoir ce que tu fais, ce qui fait qu’il va falloir trouver un autre edge comme on dit pour s’améliorer et créer des nouvelles chances de compter pour garder notre équipe dans le match... C’est certain que personne ne veut voir ça, quand on ne peut rentrer dans la zone. Je pense qu’il faut juste revenir à la base, avoir un bon timing et tout le monde sur la même page. »

Pour Boucher, les ratés sur l’attaque à cinq surviennent lors de matches où l’offensive dans son ensemble en arrache.

« On a été pourri en exécution [mardi], mais c’était pareil à cinq contre cinq. »

Guy Boucher

« On a été pourri en exécution [mardi], mais c’était pareil à cinq contre cinq. Tu ne peux pas être pas bon à cinq contre cinq en exécution, et t’attendre à ce que le power play s’exécute bien. C’est la même chose en défensive, si tu n’es pas bon à cinq contre cinq, tu ne peux pas t’attendre à être bon en P.K. (penalty kill, ou désavantage numérique). Ça va ensemble, ça. Hier, on n’était vraiment pas bon avec la rondelle, les passes étaient dans les patins, on l’a, on l’échappe [la rondelle. On fait une passe, on la donne à l’adversaire. On n’était pas bon [mardi]... On ne l’avait pas du tout », estime l’entraîneur-chef des Sénateurs.

«Le jeu de puissance va être froid ou chaud, ou encore quelque part entre les deux. Il va y avoir des matches où on obtient de bonnes chances, mais que la rondelle ne rentre pas. Et il va y avoir des matches comme [mardi] où il est plutôt sloppy. Il faut qu’on soit plus prêt quand on obtient nos chances avec l’avantage d’un homme, travailler comme si on était à cinq contre cinq. Je pense que c’est ça qui est important pour notre club», notait de son côté le centre Colin White, meneur de son équipe avec quatre buts en supériorité numérique, lui qui a terminé le match de mardi à Montréal avec un différentiel de moins-3.

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Lajoie prudent

Le défenseur recrue Maxime Lajoie s’est entraîné à nouveau avec ses coéquipiers mercredi, au lendemain d’un deuxième match observé de la galerie de presse pendant qu’il soigne une blessure à un poignet. Après coup, il semblait douter d’être prêt à jouer jeudi soir contre le Canadien. «On va voir demain comment je me sens, a-t-il dit. On ne veut pas prendre le risque que je revienne trop tôt et que je me fasse mal encore. Il faut s’assurer que je suis prêt à 100 %.» Son coéquipier Colin White traîne une blessure à un poignet lui aussi depuis environ un mois et il espère que la prochaine pause des Fêtes lui permettra de régler le problème pour de bon.

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Entre les lignes

Les Sénateurs ont conclu un échange mineur mercredi alors qu’ils ont cédé deux joueurs du club-école de Belleville, le centre Ben Sexton et le défenseur Macoy Erkamps, aux Penguins de Pittsburgh pour obtenir le défenseur Stefan Elliott et l’attaquant Tobias Lindberg, qui jouaient pour leur club-école de Scranton/Wilkes-Barre. Elliott, 27 ans, a joué 84 matches dans la LNH avec le Colorado, Arizona et Nashville, tandis que Lindberg, 23 ans, est rapatrié par les Sénateurs, qui l’avaient cédé à Toronto en février 2016 dans l’échange de Dion Phaneuf. Il avait été un choix de quatrième ronde en 2013... L’espoir Josh Norris, centre de l’Université du Michigan acquis de San Jose dans l’échange d’Erik Karlsson, est sur la liste des invités au camp de sélection de l’équipe américaine en vue du Championnat mondial junior... Craig Anderson affrontera à nouveau Carey Price jeudi soir.