La défensive des Sénateurs a connu sa part de problèmes cette saison terminant au 30e rang de la LNH au chapitre des buts alloués par match.

Et si Méthot était resté ?

Son nom n’a jamais été prononcé lundi lorsque l’édition 2017-2018 des Sénateurs d’Ottawa s’est rassemblée pour une dernière fois au Centre Canadian Tire.

Il n’y a cependant pas de doute que le départ de Marc Méthot l’été dernier a été le premier domino qui est tombé et en a entraîné plusieurs autres à sa suite, menant à la dégringolade d’un club qui était passé à un but près d’accéder à la finale de la coupe Stanley à l’été 2017.

L’entraîneur-chef Guy Boucher l’a bien dit à son dernier point de presse de la saison, la principale explication pour cette désastreuse saison est que son équipe est passée du 10e rang au chapitre des buts alloués par match l’année dernière au 30e et avant-dernier rang cette saison.

Est-ce que les choses auraient été différentes si Méthot, partenaire régulier d’Erik Karlsson pendant cinq ans, n’avait pas été exposé au repêchage d’expansion des Golden Knights de Vegas, qui l’ont ensuite refilé aux Stars de Dallas ?

Qu’est-ce qui serait arrivé si Dion Phaneuf, maintenant rendu avec les Kings de Los Angeles, avait accepté de lever sa clause de non-échange pour être sacrifié à la place du défenseur franco-ontarien ? Ou si le DG Pierre Dorion avait décidé de protéger quatre défenseurs plutôt que trois, et qu’il avait perdu un attaquant, possiblement, Mike Hoffman, à la place ?

On ne le saura évidemment jamais.

Ce qu’on sait, c’est que sans Méthot et en revenant d’une délicate opération à une cheville, Karlsson n’a pas été aussi efficace en défensive au cours de la dernière campagne qu’il a terminée avec un différentiel de moins-25. Il a dû se débrouiller avec une plaque tournante de partenaires à la ligne bleue, principalement le vétéran Johnny Oduya (qui a joué un seul match avec les Flyers de Philadelphie après avoir été réclamé au ballottage le 26 février) et son autre compatriote Fredrik Claesson, qui pouvait aussi bien jouer sur la première paire qu’être relégué aux gradins (16 fois cette saison). Les recrues Ben Harpur et Thomas Chabot, avec plus de succès dans le cas de ce dernier, ont aussi été appelés à jouer avec Karlsson en fin de saison, quand il n’était pas absent pour des raisons familiales.

« C’est difficile de dire ce qui s’est passé... Cette période en novembre où nous avons perdu je ne sais pas combien de matches (sept de suite), trop c’est certain, c’est là que ça s’est passé. Nous n’avons pas été capables de revenir de ça. Pourquoi ? Je ne sais pas trop », a analysé Karlsson lundi.

« Rendu aux Fêtes, je pense que j’étais capable de jouer comme j’en étais capable alors que ce n’était pas le cas auparavant. C’est un peu pourquoi on n’a pu sortir du trou qu’on s’était creusé. Je pense que je n’ai pas joué au niveau dont je suis capable pour que ce club ait du succès, et c’est de ma faute. Je suis déçu de ça et je vais m’assurer que ça ne se reproduise plus », a-t-il ajouté.

Karlsson, qui a récolté 62 points en 71 matches (6e parmi les défenseurs de la LNH, est dur avec lui-même. Il aurait probablement eu moins de difficultés si sa soupape de sûreté habituelle avait été là pour couvrir ses erreurs, comme par le passé.

Guy Boucher a parlé de la chimie d’équipe qui n’était pas la même que lors de sa première saison à la barre du club, et on aurait pu croire qu’il parlait de Karlsson et Méthot quand il mentionnait que le système de jeu qu’il préconisait – le fameux 1-3-1 – n’était pas en cause. « Ce n’est pas juste comment est votre système, c’est qui joue avec qui, quel genre de chimie vous avez avec certains joueurs. L’attitude, l’éthique de travail et la discipline dans ce que vous faites un jour en particulier, parce que chaque jour, vous jouez contre un adversaire différent et vous vous ajustez de différentes façons contre différents adversaires. Mais tout dépend de votre chimie », a dit Boucher.

•••

Pas juste les gardiens à pointer du doigt, selon Guy Boucher

Le parallèle entre les deux premières saisons de Guy Boucher à la barre des Sénateurs et du Lightning de Tampa Bay est facile à faire.

Dans les deux cas, il a mené son club à la finale de l’Est à sa première campagne derrière le banc, avant de voir ses équipes rater les séries l’année suivante. À Tampa, il a été congédié au courant de la troisième saison, et il reste à voir si c’est le sort qui lui sera réservé dans la capitale.

L’entraîneur québécois a déjà expliqué en grande partie les problèmes du Lightning lors de la saison 2011-2012 par le fait que son gardien numéro un, Dwayne Roloson, a soudainement montré le poids de ses 43 ans. 

Cette saison à Ottawa, les performances des Sénateurs n’ont pas été aidées par les tenues des gardiens Craig Anderson, 36 ans, et Mike Condon, qui ont tous deux affiché des moyennes de buts alloués élevées (3,32 et 3,25 respectivement) et des taux d’efficacité qui ne l’étaient pas assez (,898 et ,902).

Les gardiens Craig Anderson et Mike Condon

Boucher ne leur a pas lancé la pierre, cependant. « La défensive, c’est toute l’équipe. Tu ne peux pas juste blâmer un gardien de but pour une erreur qu’un attaquant va commettre, puis un deuxième attaquant, et après ça un défenseur, le gardien de but doit te sauver par après. C’est sûr que quand tu regardes la saison, que ce soit les gardiens, les défenseurs et les attaquants, tout le monde peut prendre la responsabilité d’une défensive qui a été moins bonne », a-t-il indiqué.

Le DG Pierre Dorion a posé un geste pour préparer la relève d’Anderson, en poste comme numéro un au cours des sept dernières années, quand il a obtenu l’espoir Filip Gustavsson dans l’échange qui a envoyé Derick Brassard à Pittsburgh, mais à 19 ans, il ne sera pas prêt pour un rôle de numéro un avant encore quelques années.

Les Sénateurs se sont engagés envers Anderson pour encore deux ans quand ils lui ont consenti une prolongation de contrat en septembre dernier, à un salaire de 4,75 millions $ par an. Condon est aussi sous contrat pour encore deux ans, à un salaire moyen de 2,4 M $. À ces salaires et après des saisons médiocres, ils seront difficiles à échanger cet été si Dorion décide d’explorer cette avenue.