Daniel Alfredsson verra son numéro 11 retiré par les Sénateurs, jeudi soir.

Encore une soirée chargée d'émotions

Une autre soirée chargée d'émotions attend les Sénateurs d'Ottawa et leurs partisans jeudi soir alors que le moment tant attendu, où le numéro 11 de Daniel Alfredsson sera retiré de la circulation à tout jamais, arrivera au Centre Canadian Tire.
La cérémonie qui culminera avec une bannière hissée dans cet amphithéâtre qu'il a tant fait vibrer au fil de ses 17 saisons dans la capitale débutera dès 18 h 30 et durera environ 45 minutes, après quoi les Sénateurs et leurs hôtes, les Red Wings de Detroit, tenteront de retrouver la routine normale d'un match en tenant leur période d'échauffement pour ensuite débuter leur affrontement vers les 20 h 05.
Ces soirées hommages ne sont pas nécessairement faciles pour les joueurs, mais l'entraîneur-chef Guy Boucher pense que la façon préconisée cette fois-ci est la meilleure solution. « Le plus difficile, c'est quand le match commence après. De cette façon, nous allons être sur le banc pour vivre ça avec lui, puis il va y avoir le réchauffement. C'est mieux, il n'y a pas d'attente ni de vide, tu sors du vestiaire et tu joues. Ça va aider les deux équipes », a-t-il dit mercredi.
Boucher souhaite évidemment que son club fasse mieux que lors des deux parties en décembre où ils ont souligné un événement spécial, le 1000e match de Chris Neil à Los Angeles (un revers de 4-1) et l'hommage qui lui a été rendu à son retour au CCT, où Neil a été arrêté lors des tirs de barrage dans une défaite de 4-3 contre San Jose.
« Des cérémonies comme ça, c'est complètement séparé du match... On a perdu les deux parties où "Neiler" a été célébré, et ce n'était pas par manque de motivation des gars. Quand le match commence, c'est un match de hockey. Nos gars ne peuvent avoir plus de motivation qu'ils en ont déjà. Cette journée en est plus une de respect pour un des nôtres qui a accompli quelque chose d'extraordinaire, tout le monde veut en faire partie parce que c'est un moment spécial, surtout pour ceux qui ont joué avec lui. Ce l'est pour moi aussi alors que j'ai l'occasion de le côtoyer », a ajouté Boucher au sujet de celui qui est dans le giron du club comme conseiller spécial aux opérations hockey.
Pour les joueurs actuels, surtout ceux qui ont grandi à Ottawa (Jean-Gabriel Pageau, Derick Brassard, Marc Méthot, Cody Ceci et Mark Borowiecki) et sont conscients de l'impact que le Suédois a eu à Ottawa, autant sur la glace que dans la communauté, l'hommage qui est préparé est évidemment bien mérité. « C'est pas mal cool tout ce qui se trame pour qu'on regarde en arrière. Les plus grands moments de "Alf" dans l'histoire des Sénateurs, je les ai regardés. (...) Je disais à nos préposés à l'équipement que j'ai encore sa carte de recrue sur le mur de ma chambre chez mes parents... À part ses longs cheveux blonds à un moment donné, je me souviens surtout qu'il était un leader sans pareil », a dit Borowiecki, qui a joué seulement huit parties dans la LNH avec Alfredsson.
Le défenseur Dion Phaneuf l'a affronté souvent quand il était avec Toronto et il lui a rendu un bel hommage. « Ce que je retiens de lui, c'est avec quelle ardeur il jouait pour un gars aussi habile. Il était incroyable au niveau des habiletés, mais il bataillait pour se faire de la place et quand tu le bousculais, il semblait aimer ça, il aimait ce défi », a-t-il noté.
L'auteur de 444 buts et 1157 points en 1246 parties avec les Sénateurs et les Red Wings célébrera sur la glace du CCT une dernière fois avec son épouse Bibi et leurs quatre fils, Hugo, Loui, Fenix et William.
La fameuse histoire des patins
Chris Kelly est bien fier d'avoir obtenu une passe sur le but qui a procuré son 1000e point en carrière à Daniel Alfredsson.
Le vétéran centre qui est de retour avec les Sénateurs cette saison a cependant apporté une aide plus obscure à la poursuite de l'illustre carrière de celui qui sera honoré jeudi soir au CCT. « Tu veux parler de la fameuse histoire des patins, elle est battue à mort pourtant », a-t-il blagué lorsqu'approché par Le Droit après la pratique de mercredi.
L'histoire remonte à novembre 2006, alors qu'Alfredsson était dans une léthargie qu'il attribuait notamment au fait qu'il n'était pas à l'aise dans ses patins. C'était problématique au point où il a plus tard indiqué qu'il pensait prendre sa retraite. Mais un jour à l'entraînement, il a essayé les patins de Kelly et il les a portés lors du match suivant vu qu'ils étaient confortables. Il a compté lors de ce match, et lors des trois suivants. Kelly s'est mis à commander des patins neufs régulièrement et après deux semaines, ils les refilaient au capitaine et meilleur joueur de l'équipe.
« Je n'ai pas réalisé que c'était si grave que ça. Il avait besoin de patins et il s'est adonné à essayer les miens, il aurait pu prendre n'importe lesquels. Quand tu entends dire qu'il est passé proche de prendre sa retraite, tu es content pour tout le monde qu'il ait trouvé cette solution et qu'on ait pu continuer à le regarder jouer pendant plusieurs années », a raconté Kelly.
« À l'époque, je ne comprenais pas pourquoi il éprouvait tant de difficultés. Moi, j'aime avoir des patins neufs. Mais il était un joueur d'élite et son coup de patin était une grosse partie de son jeu », a-t-il ajouté, mentionnant qu'il sera « très spécial » de voir son numéro 11 être retiré, vu que « quand tu penses aux Sénateurs d'Ottawa, tu penses à "Alfie". Il mérite pleinement d'être le premier à avoir son chandail au plafond, ça ne peut arriver à une meilleure personne ».
Une visite d'Anderson
Craig Anderson
Craig Anderson a profité du passage des Sénateurs à New York, où il accompagne son épouse Nicholle dans ses traitements contre un cancer de la gorge, pour saluer ses coéquipiers au Madison Square Garden. Au lendemain de cette visite, Guy Boucher a indiqué qu'un retour du gardien numéro un de l'équipe n'est « pas pour demain, ni pour la semaine prochaine, ça va prendre encore un bout de temps ». Celui-ci s'attend à ce que ce soit passé la mi-janvier (tout comme pour Clarke MacArthur d'ailleurs) vu qu'après avoir disputé seulement un match en décembre, il aura besoin de plusieurs pratiques pour retrouver son synchronisme. « Je ne veux pas rendre ça plus dramatique et mettre de la pression alors qu'ils traversent des choses difficiles », a ajouté Boucher.