Les Sénateurs n'ont gagné qu'un de leurs cinq derniers matches et c'est pourquoi Boucher a demandé à tous ses joueurs de faire face à la musique.

Effort irrespectueux

La magie du « Hamburglar » semble bel et bien s'être évaporée pour de bon.
Dans ce qui pourrait bien avoir été son dernier match dans l'uniforme des Sénateurs d'Ottawa, Andrew Hammond a bien essayé de garder son club dans le match, mais ce fut en vain alors que les Blues de St. Louis sont venus les rosser 6-0 devant 16 787 amateurs mardi soir au Centre Canadian Tire.
C'était le deuxième match de suite où la formation ottavienne était blanchie, après son revers de 4-0 à Buffalo samedi soir. Elle n'a pas compté à ses 120:35 dernières minutes de jeu. Et c'est le pire coup de pinceau encaissé à domicile depuis un revers par le même pointage contre Toronto en octobre 2006. Seul un revers de 8-0 contre Boston en novembre 1994 est pire.
À l'opposé, les Blues obtenaient un deuxième jeu blanc en deux soirs, après celui de 2-0 de la veille à Philadelphie. Carter Hutton avait réalisé celui-là, tandis que c'est Jake Allen qui a repoussé tous les 30 tirs des Sénateurs.
Les Blues (27-22-5) remportaient ainsi un troisième gain en quatre parties depuis qu'ils ont limogé Ken Hitchcock pour le remplacer par Mike Yeo.
« C'était un mauvais effort général. Quand on perd, on dit que ce n'est par parce qu'il y a eu un manque d'effort, mais ce soir, c'est l'exception. Nous étions à plat, on n'avait pas de jump tôt dans le match, a commenté l'attaquant Bobby Ryan, présent dans le vestiaire comme tous ses coéquipiers à l'arrivée des journalistes. Andrew méritait un meilleur effort de notre part, il a été un professionnel à travers les hauts et les bas des derniers. Là, il obtient un départ et c'est un manque de respect de notre part de le placer dans cette position. »
Hammond avait pourtant bien commencé cet autre retour au jeu pour lui alors qu'il a arrêté Jori Lehtera et Dmitri Jaskin, parvenus seuls devant lui, coup sur coup d'entrée de jeu.
Mais après avoir réussi 13 arrêts en première période, il n'a pas pu faire grand-chose sur des buts de Magnus Paajarvi, qui a habilement contourné Zack Smith pour foncer au filet et le battre partie supérieure, et de Vladimir Tarasenko, laissé fin seul à l'embouchure du filet pour accepter une passe de Paul Stastny alors que les Sénateurs venaient d'écouler une punition à Marc Méthot.
Il a peut-être accordé un retour un peu gras sur le troisième but des visiteurs, réussi par Patrick Berglund en tout début de troisième tiers lors d'une attaque à cinq. Ce but mettait fin à une séquence de 16 punitions consécutives écoulées par l'unité de désavantage numérique des Sénateurs.
Alex Steen, Tarasenko, son deuxième, et Ryan Barbashev, son premier dans la LNH, ont ajouté l'insulte à l'injure par la suite. Les deux derniers ont été marqués en raison de revirements coûteux de Mike Hoffman et Erik Karlsson.
« Ce n'était pas la façon dont je voulais revenir devant le filet. Ultimement, nous avons perdu, donc je n'ai pas été assez bon. Je vais devoir regarder le vidéo, c'est encore trop frais pour analyser quoi que ce soit. Quand tu perds comme ça, le gardien n'a pas fait le poids », a commenté Hammond, qui a fait face à 30 tirs lui aussi à son premier départ depuis qu'il s'était blessé à une cheville le 18 décembre dernier contre les Islanders de New York.
Les Sénateurs n'ont gagné qu'un de leurs cinq derniers matches et c'est pourquoi Boucher a demandé à tous ses joueurs de faire face à la musique.
« Nous sommes tous responsables et on voulait montrer qu'on se tient tous ensemble. Par les saisons passées, on a atteint le fond du baril et là, on va s'en sortir. On joue pour les uns et les autres, ainsi que pour le gars (Boucher) de l'autre côté du couloir. Tout le monde voulait montrer qu'on a encore la foi », a ajouté Ryan.
Les hommes de Guy Boucher tenteront de revenir sur le droit chemin jeudi alors qu'ils recevront la visite des Stars de Dallas, sans un Jason Spezza blessé, lors du deuxième match de ce séjour à domicile de quatre parties.
Guy Boucher ne panique pas
Guy Boucher était bien calme quand il s'est présenté devant les médias après le cuisant revers de 6-0 des Sénateurs contre les Blues. S'il bouillait à l'intérieur, il parvenait à bien cacher ses émotions.
«L'adversité te détruit ou te bâti, c'est un choix. On va certainement choisir l'adversité qui va nous bâtir. Ce n'est pas comme si on avait perdu six ou sept matches de suite, on a quand même ramassé des points et on a joué un de nos meilleurs matches à Tampa Bay. On ne vient pas de perdre tout ce qu'on fait, alors c'est important de rester calme, regarder les petits détails qui faisaient de nous une bonne équipe, et revenir à ça. On ne paniquera pas», a-t-il commenté d'un ton posé.
Boucher ne lançait évidemment pas la pierre à son gardien Andrew Hammond. «Il nous a tenus dans le match en première période pour nous permettre de trouver notre game, mais ce n'est pas venu. Lors de quatre de nos cinq derniers matches, nous n'avons pas connu de bons débuts de partie», a-t-il souligné.
Le capitaine Erik Karlsson n'aime pas trop voir ce qui se passe avec son club qui a été dominé 10-0 au pointage lors de ses deux dernières sorties, mais il était bien calme lui aussi au milieu du vestiaire.
«On ne joue pas comme on en est capable et on doit en faire plus pour aider nos gardiens, c'est certain. À Buffalo, je pense que nous n'étions tout simplement pas là, ils étaient toujours un pas devant nous. Aujourd'hui, on a commencé de façon correcte, mais on n'a juste pas trouvé le moyen de mettre la rondelle dans le filet pour qu'on décolle», a-t-il noté. Les Sénateurs n'avaient pourtant obtenu que cinq lancers, et aucun vraiment dangereux, au cours du premier tiers.