Même s’il n’a pas réussi à trouver le fond du filet, mercredi soir au Centre Bell, Anthony Duclair a été l’un des joueurs les plus utilisés par son entraîneur-chef, D.J. Smith. Seuls Jean-Gabriel Pageau, Connor Brown et Brady Tkachuk ont vu la glace plus souvent que lui.

Duclair, un joueur transformé

Anthony Duclair a été freiné dans son élan, mercredi. Il n’a pas été capable de participer au pointage, dans le match contre le Canadien.

Ça ne l’empêchera pas de dormir.

En fin de troisième période, en décrivant l’action sur les ondes de RDS, Pierre Houde n’en revenait pas du nombre de chances obtenues par l’ailier québécois.

Sans marquer, Duclair a trouvé un moyen de jouer un rôle crucial dans un match nouveau.

Ça, c’est Jean-Gabriel Pageau qui le dit.

« Duke s’est mis à patiner, un moment donné. Il a obligé les joueurs du Canadien à jouer sur les talons. Je crois sincèrement que le momentum a commencé à basculer de notre côté quand il s’est mis à survoler la glace. »

Dans un match où Vladislav Namestnikov est tombé au combat, Duclair a été un des attaquants les plus utilisés. Seuls Jean-Gabriel Pageau, Connor Brown et Brady Tkachuk ont vu la glace du Centre Bell plus souvent que lui.

Ça vaut la peine de le souligner.

Il y a neuf mois, environ, l’ancien des Lions du Lac St-Louis a probablement frappé le point le plus bas de sa carrière, au Centre Bell.

Le 19 février dernier, John Tortorella s’était résigné à l’insérer dans la formation. Il n’avait pas le choix. Artemi Panarin était malade comme un chien. Il avait besoin de lui pour boucler sa formation.

Ce soir-là, dans un match où l’attaque des Blue Jackets de Columbus n’a pas fonctionné à plein régime, Duclair a effectué 16 courtes présences sur la patinoire.

« Je ne crois pas qu’il sache jouer, a craché Tortorella dans une mêlée de presse. On dirait un joueur qui a plein de talent, qui peut patiner, et qui croit qu’il peut simplement prendre la rondelle et faire ce qu’il veut sur la patinoire. Tu ne peux pas faire ça dans la Ligue nationale. »

Les choses peuvent changer très rapidement, au hockey.

Cette semaine, devant les mêmes journalistes montréalais, D.J. Smith n’avait que de bonnes choses à dire à son sujet.

« Vous savez quoi ? Il a été bon. Il a commencé à bien faire durant le calendrier préparatoire », commente l’entraîneur-chef d’Ottawa.

Duclair a connu un petit passage à vide, à la mi-octobre. À un certain moment, Smith s’est mis à l’utiliser comme un attaquant de quatrième trio.

Il a réussi à s’en sortir.

« Les joueurs de hockey gagnent en maturité, rappelle Smith. En vieillissant, les gars s’endurcissent. Les mauvaises passes deviennent alors plus faciles à gérer. Je crois que c’est ce qui se passe, en ce moment. Anthony se laisse moins porter par la vague. Il garde la tête froide. »

Après le match à Détroit, Duclair s’est dit heureux de jouer sous les ordres d’un entraîneur qui lui fait confiance.

Le sentiment semble réciproque.

« Je lui demande simplement de travailler fort en tout temps, complète Smith. Je lui demande d’utiliser sa vitesse. Quand il utilise sa vitesse, il est dangereux. Quand ses jambes fonctionnent, je veux l’envoyer sur la glace le plus souvent possible pour qu’il patine. Il peut bien faire quelques erreurs, à ce moment-là. Je veux juste le voir faire tout ce qu’il peut, le plus rapidement possible. »

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Vague d’amour envers Bobby Ryan

« Bobby, on l’aime beaucoup. On veut juste qu’il retrouve la santé le plus rapidement possible », a déclaré Craig Anderson, après le match de mercredi soir, à Montréal.

Il parlait ici de son ami — et coéquipier de longue date — Bobby Ryan, qui a décidé de participer au programme de soutien aux joueurs de la LNH.

« Quand Bobby est en santé, il peut aider notre équipe. Nous avons commencé à jouer comme il faut jouer. Il peut vraiment nous aider à continuer. Quand il sera de retour, nous allons l’accueillir à bras ouverts. »

Ryan sera absent pendant une période indéterminée, alors qu’il cherche à régler ses problèmes personnels.

« Les gens ne réalisent pas, parfois, que nous avons des problèmes comme n’importe quels autres êtres humains. Nous avons nos problèmes sur la patinoire comme à l’extérieur. Il est important pour nous de continuer à le soutenir parce que nous formons une famille », dit Mark Borowiecki.