Anthony Duclair aura notamment l’occasion de se mesurer à Connor McDavid lors de l’épreuve du tour de patinoire le plus rapide dans le cadre du concours d’habiletés de vendredi soir.

Duclair parmi les étoiles

Plusieurs de ses coéquipiers des Sénateurs d’Ottawa se sont évadés vers le Sud pendant leur pause de cette semaine, mais Anthony Duclair a choisi de rester en mode « hockey », lui.

L’attaquant québécois de 24 ans a passé les derniers jours dans son patelin de Montréal avant de prendre le chemin de St. Louis mercredi pour aller représenter son club au Match des étoiles de la LNH.

C’est une première invitation du genre pour Duclair et il la prend évidemment au sérieux, contrairement à un Alex Ovechkin, qui a décliné celle-ci — et sera suspendu pour un match pour cette décision — afin de se reposer en vue du reste de la campagne.

« Je considère ça comme un honneur pour ma famille et mon organisation d’avoir été sélectionné pour ce match. Quand la saison a commencé, ce n’était pas parmi mes objectifs et je ne m’attendais vraiment pas à ça », a-t-il confié au Droit avant d’aller passer du temps en famille, lui qui sera accompagné de sa mère Dominique lors des festivités du circuit Bettman au domicile des Blues.

« C’est plus réel maintenant. Lorsque ma nomination a été annoncée (le 30 décembre dernier), nous avions un match (à Pittsburgh) et je n’avais pas pris tout le temps de l’apprécier. Quand j’étais petit, je regardais toujours ce match et j’étais intéressé de voir les meilleurs joueurs de la ligue s’affronter. Et là, c’est moi qui vais être là pour voir de près ce qu’ils peuvent faire », a-t-il ajouté.

Meilleur compteur de son équipe avec ses 21 buts et 33 points, Duclair a été préféré au centre gatinois Jean-Gabriel Pageau pour l’honneur. Par hasard ou non, il a ralenti après l’annonce de sa sélection, étant limité à trois passes lors de ses 10 dernières sorties depuis son dernier but, le 21 décembre contre Philadelphie. Il a cependant été blessé à un pied, ratant un match, après avoir bloqué un lancer contre la Floride le 2 janvier.

Participer au tournoi à trois contre trois avec les autres membres d’Équipe Atlantique (les attaquants David Pastrnak, Auston Matthews, Mitch Marner, Jonathan Huberdeau, Jack Eichel et Tyler Bertuzzi, les défenseurs Victor Hedman et Shea Weber, ainsi que les gardiens Andreï Vasilevskiy et Frederik Andersen) pourrait contribuer à le relancer, cependant.

« Ça devrait être bon pour la confiance, c’est certain, souligne-t-il. Je vais pouvoir me mesurer face aux meilleurs joueurs de la ligue. »

« Il est un joueur qui fonctionne par séquences et il a été très bon lors de nos deux ou trois derniers matches, a souligné l’entraîneur-chef D.J. Smith. J’espère qu’il va être hot lors du Match des étoiles, ça va être le fun de le regarder aller. Il va voir comment les meilleurs de la ligue font déplacer la rondelle, les petits jeux intelligents qu’ils font. Ça ne peut qu’aider sa confiance, être parmi l’élite de la ligue et les meilleurs au monde, tu n’as pas le choix de revenir en pensant que tu fais partie de ce groupe d’élite. »

Duclair ne débarquera pas totalement en pays inconnu en arrivant à St. Louis puisqu’il a fait partie de la même équipe nationale junior du Canada que Connor McDavid, des Oilers d’Edmonton, en 2015, club dirigé par Benoît Groulx qui avait remporté l’or à Toronto. Ayant joué à New York, Phoenix, Chicago et Columbus avant d’être échangé à Ottawa l’an dernier, il connaît aussi les Patrick Kane et Seth Jones.

Il aura l’occasion de se mesurer à McDavid lors de l’épreuve du tour de patinoire le plus rapide dans le cadre du concours d’habiletés de vendredi soir. « C’est dommage, je n’avais pas pu me pratiquer lors du concours d’habiletés de l’équipe parce que j’étais blessé (il y a deux semaines). Je vais juste y aller et faire de mon mieux. Un gars comme McDavid, je vais juste essayer de suivre son rythme un peu, mais c’est quasiment impossible de le faire », a-t-il noté.

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UNE RELATION DE CONFIANCE AVEC SMITH

Anthony Duclair a eu de bonnes relations avec certains de ses entraîneurs au fil de sa carrière.

Jon Goyens avec les Lions midget AAA du Lac St-Louis, qui dirige maintenant le Drakkar de Baie-Comeau. Philippe Boucher avec les Remparts de Québec. Alain Vigneault à ses débuts dans la LNH avec les Rangers, puis Dave Tippett en Arizona. 

Ça a été plus difficile avec John Tortorella, tout le monde le sait même si l’attaquant des Sénateurs a déjà dit ne pas lui tenir rancune pour sa fameuse citation — « je pense qu’il ne sait pas comment jouer » — parce qu’il cherchait par tous les moyens possibles de lui faire réaliser tout son potentiel. Avant lui, Patrick Roy avait aussi tenté de le « casser » à 17 ans (avec Adam Erne, maintenant des Red Wings de Detroit) en l’expulsant temporairement du club pour son « individualisme ». Et ça n’a certes pas « cliqué » avec Joel Quenneville à Chicago, puisque les Blackhawks l’ont laissé partir sans rien obtenir en retour à l’été 2018.

Dès son arrivée dans la capitale, ça s’est bien passé pour Duclair cependant, d’abord avec Guy Boucher et Marc Crawford, venu en relève par intérim, puis cette saison sous les ordres du nouvel entraîneur D.J. Smith.

D.J. Smith

Duclair répète à qui veut l’entendre cette saison que son nouveau patron lui donne confiance en l’utilisant à toutes les sauces (plus de 16 minutes par match), autant en avantage qu’en désavantage numérique. Il ne craint pas d’être cloué au banc à la moindre erreur, comme ça lui est arrivé par le passé ailleurs.

« Il (Smith) m’aide chaque jour. Il est tout le temps là pour moi, que je fasse des bonnes ou des mauvaises choses. Il est très juste avec tout le monde aussi, les gars aiment vraiment jouer pour lui, confie-t-il. C’est le rapport que j’avais eu de quelques joueurs qui l’avaient connu par le passé avant qu’il obtienne la job ici. C’est un players’ coach comme je n’en ai jamais eu. Quand il est dans la chambre, c’est comme s’il était un joueur lui-même tellement il est proche de tout le monde. Il parle comme un joueur en plus. »

Smith a bénéficié d’une suggestion de son adjoint Jack Capuano d’insérer Duclair au sein de ses unités de désavantage numérique. Alors que le jeu de puissance en arrache, le désavantage numérique s’est hissé au 15e rang dans la LNH (81,1 %) cette saison.

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NORRIS UNE ÉTOILE

Alors que leur long voyage de huit matches tire à sa fin, les Senators de Belleville ont appris mardi que le centre recrue Josh Norris avait obtenu une invitation de dernière minute au Match des étoiles de la Ligue américaine de hockey qui aura lieu dimanche et lundi prochains à Ontario, en Californie. Norris, qui mène les recrues du circuit avec 20 buts et 40 points, accompagnera ses coéquipiers Drake Batherson et Rudolfs Balcers, après avoir fini le périple avec des matches à Milwaukee mardi et Utica vendredi, avant un retour à Belleville samedi contre Utica. La troupe de Troy Mann a une fiche de 5-0-1 jusqu’à maintenant pendant ce voyage.