L’influence de Willie O’Ree est palpable dans le monde du hockey. Selon Anthony Duclair, «les temps ont changé».

Duclair content de retrouver O’Ree

La routine d’avant-match d’Anthony Duclair a été perturbée un peu mardi soir alors qu’avant d’affronter les Ducks, il a été appelé à participer à la mise au jeu officielle.

C’est assez inhabituel vu qu’il ne porte pas de lettre d’assistant-capitaine sur son chandail. Mais à l’occasion de la visite de Willie O’Ree dans le cadre du Mois de l’histoire des Noirs, l’attaquant des Sénateurs ne demandait pas mieux que de s’impliquer à sa façon. La veille, Duclair avait rencontré l’homme qui a brisé la barrière de la couleur dans la Ligue nationale de hockey, lors d’un match pour célébrer le 125e anniversaire de fondation de la Coloured Hockey League des Maritimes.

« J’avais rencontré M. O’Ree en compagnie de Jordan Subban juste avant mon repêchage en 2013 [au New Jersey] et il m’a dit quand je l’ai revu [lundi] qu’il se souvenait de moi, ce qui était pas mal cool. Il est un vrai pionnier de notre ligue et avec tout ce qu’il fait maintenant [comme ambassadeur de la LNH] pour faire progresser notre sport et pour les joueurs noirs, on ne peut le remercier assez. C’est un honneur de le voir à nouveau », a raconté Duclair quelques heures avant le match au sujet de l’ancien des Bruins de Boston (et des Canadiens de Hull-Ottawa).

Willie O’Ree

Anthony Duclair, dont la famille est originaire d’Haïti, a relaté qu’il n’a pas été confronté à des épisodes de racisme dans le hockey comme ce fut le cas pour Akim Aliu – le hockeyeur visé par des propos de Bill Peters qui lui ont coûté son emploi plus tôt cette saison. Pour lui, ça s’est limité à quelques incidents du temps où il jouait son hockey mineur et qu’il était souvent le seul joueur de race noire dans une équipe.

Les temps ont changé, estime-t-il. « Quand je vais voir mon frère jouer [avec les Lions midget AAA du Lac Saint-Louis], je remarque qu’il y a plus de joueurs issus des minorités. Lorsque je vais dans des arénas l’été pour des tournois, je vois parfois des équipes formées uniquement de Noirs. Je pense que le hockey avance et qu’il est de plus en plus pour tout le monde », souligne Duclair.

Notant que c’était une occasion « spéciale » de participer à une mise au jeu protocolaire pour la première fois depuis son passage chez les juniors avec les Remparts de Québec, le meilleur compteur des Sénateurs n’aurait évidemment pas demandé mieux que d’en profiter pour mettre fin à une disette de 14 parties sans but.

« Je n’ai rien changé à ma façon de faire depuis le début de la saison. J’ai obtenu beaucoup de chances lors du dernier match à Toronto, comme à Buffalo auparavant [avec neuf tirs au but]. Ça va venir pour moi, il faut juste que je ne me décourage pas trop. Dans le passé, quand j’avais des séquences comme ça, j’avais tendance à y penser trop et me décourager. C’est évident que tu ne peux pas compter à chaque match. Il faut rester positif et continuer à lancer comme je le fais. Ça va finir par rentrer », a noté l’auteur de 21 buts cette saison.

Duclair avait vu ses 34 derniers lancers être arrêtés avant le match contre les Ducks, ce qui a fait chuter son pourcentage d’efficacité de 18,6 à 14,3 %. Son coéquipier Jean-Gabriel Pageau est le plus efficace maintenant avec son taux d’efficacité de 17,5 % pour produire ses 20 buts.

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LES SÉNATEURS EN BREF

Borowiecki impressionne

Le mois de février vient de débuter et le robuste défenseur Mark Borowiecki a sept buts à sa fiche, deux de plus que le centre Colin White, qui a aussi quatre passes de moins alors qu’il déçoit à sa première saison d’un lucratif contrat de six ans pour 28,75 M$ signé l’été dernier. White est impressionné par ses prouesses.

« Il a l’air de Brent Burns [des Sharks] à la ligne bleue. Il a un bon lancer sur réception et il met la rondelle sur le filet. De bonnes choses lui arrivent et je suis content pour lui », a commenté White mardi matin.

« Il a dit ça ? De façon moqueuse ou il était sérieux ?, a dit Borowiecki en se faisant rapporter les propos de son coéquipier. J’aime sa façon [à Burns] de prendre des tirs au poteau éloigné. D.J. [Smith] m’en a parlé dès le début de l’année, que j’avais un bon tir et que je pourrais m’en servir pour être plus productif en attaque. »

Yashin au Temple

La Fédération internationale de hockey sur glace a annoncé mardi que l’ancien Sénateur Alexeï Yashin sera intronisé à son Temple de la renommée, en même temps notamment que Ryan Smyth, Mark Streit et Kimmo Timonen.

Yashin a été le tout premier choix au repêchage des Sénateurs, le deuxième au total en 1992. Il a bien commencé sa carrière dans la LNH en étant un candidat au trophée Calder en 1993-1994 quand il a récolté 30 buts et 79 points. Cinq ans plus tard, le Russe était capitaine du club quand il a connu une saison de 44 buts et 94 points, mais ses disputes contractuelles ont forcé l’équipe à l’échanger aux Islanders de New York (contre Zdeno Chara et Jason Spezza, principalement).

Sur la scène internationale, il a représenté la Russie lors de neuf championnats mondiaux et trois Jeux olympiques.

Entre les lignes

Borowiecki et son épouse Tara attendent la venue de la cigogne incessamment. « C’est une question d’heures », a-t-il dit en matinée. Il espérait ne pas avoir à quitter au beau milieu du match pour assister à l’accouchement...

Le récipiendaire de la coupe Molson pour le mois de janvier chez les Sénateurs est le gardien recrue Marcus Högberg, pour sa fiche de 1-1-4 avec une moyenne de 2,61 et un taux d’efficacité de ,921...

L’ancien Olympique Nicolas Deslauriers continue à rouler sa bosse dans la LNH, lui qui avait un but et six points en 40 parties avec les Ducks avant d’affronter les Sénateurs mardi. Le défenseur d’Orléans Erik Gudbranson, échangé à Anaheim par les Penguins en début de saison, avait quatre buts et neuf points en 48 matches, de son côté.