L’attaquant des Sénateurs, Anthony Duclair, s’est démarqué par son jeu en infériorité numérique depuis le début du camp. Lors du dernier match préparatoire à Montréal, samedi, Duclair a soutiré la rondelle à son ancien coéquipier, Max Domi, avant de déjouer Carey Price.

Duclair brille par son jeu défensif

MONTRÉAL — On peut dire que Jack Capuano a connu un bon camp d’entraînement.

Le nouvel entraîneur-associé des Sénateurs a eu l’idée, très tôt, d’impliquer Anthony Duclair dans le groupe de travail des infériorités numériques.

L’expérience, jusqu’ici, a donné des résultats étonnants.

On pourrait même jusqu’à dire qu’il s’agit d’une des révélations du camp.

Quand on repensera au dernier match préparatoire, on repensera obligatoirement au but spectaculaire que le Québécois a marqué alors que les Sénateurs se défendaient à quatre contre cinq.

Il a provoqué un revirement à la ligne bleue défensive, il a utilisé sa vitesse pour s’emparer de la rondelle à la ligne bleue offensive, il a filé seul vers le filet adverse et il a habilement déjoué Carey Price.

« C’est la première fois qu’on m’utilise en désavantage numérique depuis mes années ans le junior », a-t-il rappelé, avec une certaine fierté, après la rencontre.

« Plus les matches préparatoires avançaient, plus je me sentais à l’aise. Il faut dire que mes coéquipiers m’aident beaucoup. Je fais ma part. Je regarde beaucoup de vidéos. Quand je saute sur la patinoire, j’essaie juste de faire de mon mieux. »

Duclair a une double raison d’être fier de ce but.

Pour donner le ton à cette séquence, il a subtilisé la rondelle à son vieil ami Max Domi.

Les deux se connaissent depuis environ cinq ans. Ils se sont croisés en Arizona. Pendant deux saisons et des poussières, ils ont été deux des pièces maîtresses, dans le plan de relance des Coyotes.

« Je ne le taquinerai pas trop. Je vais le laisser tranquille », a réagi Duclair.

« Je n’ai rien d’autre à ajouter », a-t-il conclu, dans un éclat de rire.

En quittant Phoenix, Domi a bien su rebondir. Il est vite devenu un pilier du Canadien.

Duclair, lui, cherche toujours sa place dans le petit monde de la LNH. Après avoir effectué des séjours plus ou moins fructueux à Chicago, puis à Columbus, il se dit prêt à faire ce qu’il faut pour briller à Ottawa.

Jusqu’à maintenant, son entraîneur n’a rien de mal à dire à son sujet.

« Il a fait des tas de bonnes choses, a indiqué D.J. Smith, samedi. Il a travaillé très fort durant nos séances d’entraînement. Il a sauté à pieds joints dans notre programme en désavantage numérique. Vous l’avez vu, ce soir. Il peut être dangereux. Il est en très habile patineur. Le hockey est un sport tellement rapide, aujourd’hui. C’est vraiment génial de pouvoir compter sur un gars aussi rapide que lui. »

Bâton

Duclair ne va pas nécessairement chercher à créer des chances de marquer chaque fois qu’on l’enverra sur la glace à quatre contre cinq.

Quand on lui a demandé d’identifier les facteurs qui lui permettront de connaître du succès, dans cette phase du jeu, il a spontanément parlé de défensive.

« Il faut savoir utiliser son bâton, a-t-il répondu. C’est particulièrement important quand tu joues contre des gars de talent. Je pense à des gars comme Shea Weber, avec sa grosse shot. Il faut que tu utilises bien ton bâton, contre lui. Il faut bien savoir se positionner. Il faut rester dans le milieu pour ne pas lui donner de chances. »

Duclair a complété le match de samedi avec deux points et sept tirs au but.

En saison régulière, il inscrit six points en sept parties contre le Canadien.

« Jouer au Centre Bell, pour moi, c’est un rêve d’enfance. Même en présaison, c’est tout le temps spécial pour moi. »

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ANDERS NILSSON N'EST PAS TROP SATISFAIT DE SON CAMP D'ENTRAÎNEMENT

Tout le monde n’était pas content de quitter le Centre Bell, à la solde de la dernière rencontre préparatoire.

Anders Nilsson avait un peu le caquet bas, après avoir alloué le but de la victoire à la recrue du Canadien, Nick Suzuki.

On lui a fait remarquer que les Sénateurs complétaient, malgré tout, le mois de septembre avec une fiche gagnante de 3-2-1.

« Je ne veux pas voir les choses ainsi », a-t-il réagi.

« Quand le camp d’entraînement se termine, je veux d’abord m’attarder à mes performances personnelles. Et quand je regarde mes performances de cette année, je me dis que j’aurais pu en donner plus. »

Nilsson a stoppé 30 des 34 rondelles dirigées vers son filet, à Montréal.

Lors de sa sortie précédente, en début de semaine dans l’Ouest canadien, il a été battu six fois sur 33 tirs.

Faut-il s’inquiéter ?

Les Sénateurs comptent beaucoup sur Nilsson.

Puisque Craig Anderson vieillit, les entraîneurs risquent de faire souvent appel à leur gardien de buts numéro deux cette saison.

« Je dois juste retourner au travail, dit-il. Si je travaille fort à l’entraînement, je vais naturellement connaître du succès dans les parties. »

Au moins, Nilsson a l’impression qu’il aura de l’aide. Il dit que les Sénateurs ont déjà commencé à progresser, défensivement, sous la gouverne de D.J. Smith et Jack Capuano.

« Défensivement, ça se passe plutôt bien. Il faut juste que le gardien réalise un arrêt ou deux de plus... »