Après des débuts laborieux avec les Sénateurs, Matt Duchene a recommencé à produire comme il est capable.

Duchene ne se cache pas

CHRONIQUE / Deux chances de marquer. Matt Duchene a obtenu deux belles, grosses chances de marquer bien juteuses lors de sa première présence sur la patinoire de la soirée.

Il a quitté la patinoire deux heures et demie plus tard, après avoir préparé le but de la victoire d’Erik Karlsson, en prolongation.

Un autre bon match pour le numéro 95.

On parle beaucoup de Karlsson et de son avenir, dernièrement. C’est parfaitement compréhensible. On parle du joueur le plus doué de l’histoire d’une organisation, qui pourrait bien choisir de quitter alors qu’il est au sommet de son art.

On a tendance à oublier que Duchene se retrouve dans le même bateau.

Il pourrait lui aussi accéder à l’autonomie complète à l’été 2019. Si les Sénateurs souhaitent le retenir, ils pourront entreprendre les négociations dès le 1er juillet.

Si le « vrai » Duchene est celui qui évolue sous nos yeux depuis trois ou quatre semaines, Pierre Dorion ferait bien de ne pas trop lésiner.

Duchene a recommencé à produire comme il est capable. Il ne récolte pas ses points par accident. Il provoque constamment de belles choses quand il saute sur la glace.

D’autres joueurs sont en voie de disparaître. Leurs bonnes performances sont de plus en plus espacées. C’est généralement ce qui se produit dans une si mauvaise saison.

Duchene, lui, n’abdique pas.

Il était justement en train d’en glisser un mot à un collègue, mercredi matin, quand je suis passé devant son casier, dans le vestiaire.

« Nous n’avons pas le droit de baisser les bras. De jeunes joueurs sont en train de vivre leur première expérience dans les rangs professionnels. Nous ne pouvons pas leur donner un mauvais exemple. Il ne faudrait pas qu’ils développent de mauvaises habitudes... »

Il vaut aussi la peine de préciser un truc, ici. Duchene ne se cache pas, non plus, quand il se trouve à l’extérieur de la patinoire.

Certains joueurs sont de moins en moins visibles sur la glace. D’autres sont de moins en moins présents dans le vestiaire. C’est souvent comme ça, chez les équipes qui traînent dans les bas fonds du classement. Certains finissent par se lasser de répondre aux mêmes questions sur leurs contre-performances.

Ce n’est pas son cas.

Il a une fois de plus pris le temps de répondre à toutes les questions, mercredi. Il ne restait plus que Derick Brassard et lui, dans le vestiaire, quand on a invité les journalistes à quitter.

Au milieu d’une longue conversation, j’ai osé.

« À votre arrivée à Ottawa, en novembre, vous aviez parlé de l’Avalanche du Colorado comme une formation qui se lançait dans un long processus de reconstruction. Vous aviez dit que vous n’aviez pas la patience d’en faire partie, à ce stade de votre carrière. Avez-vous la volonté de contribuer à remodeler les Sénateurs ?

— Il n’est pas question d’une reconstruction ici, a-t-il répondu. Les Sens me font un peu penser aux Blues de Saint-Louis. Il y a quelques années, ils ont fait un ménage. Ils ont laissé partir certains morceaux pour se donner un second élan. La même chose pourrait nous arriver. »

« Je ne sais pas ce qui va m’arriver. Je vis au jour le jour. Mais j’aime la vie à Ottawa. On verra bien. »

Les Predators de Nashville seront à Kanata la semaine prochaine. L’intérêt pour ce match était déjà élevé, puisqu’il s’agira du retour en ville de Kyle Turris.

Ça vient de grimper d’un cran, puisque Mike Fisher pourrait aussi traîner dans les parages.

D’ailleurs, il faut prendre le temps de saluer l’initiative de David Poile. À (presque) 68 ans, le seul directeur général de l’histoire des Preds continue d’étonner.

Sortir Fisher de la retraite, c’était une fichue bonne idée.

D’abord, parce que Nashville n’est pas à la recherche d’un sauveur. Fisher pourra donner entre huit et 10 bonnes minutes par match à son équipe dans le quatrième trio.

On sous-estime souvent l’impact d’un quatrième trio efficace en séries.

À cette période de l’année, les directeurs généraux acheteurs ont tous la même hantise. Ils ne veulent surtout pas ajouter à leur formation un joueur qui pourrait chambouler le vestiaire.

Poile n’a pas à s’en faire de ce côté.

Qui pourrait mieux se greffer à son groupe que le vétéran qui était son capitaine l’an dernier ?