L’espoir américain Jack Hughes ne sera plus disponible quand Pierre Dorion fera son premier choix au repêchage. Mais le DG des Sénateurs prédit qu’un bon joueur « va être là au 19e rang ».

Dorion pense garder le 19e choix

VANCOUVER — En l’espace de deux jours sur le bord du Pacifique, Pierre Dorion a déchanté pas mal.

Le directeur général des Sénateurs d’Ottawa semblait croire lundi qu’il serait possible pour lui d’améliorer son rang de repêchage en première ronde, lui qui détient le 19e choix obtenu de Columbus dans l’échange de Matt Duchene afin de compenser pour la perte du quatrième choix au total refilé à l’Avalanche du Colorado dans la transaction amenant ce même Duchene dans la capitale nationale.

Jeudi quand il a rencontré les médias à l’hôtel où il est descendu avec ses dépisteurs à la veille de l’encan de vendredi et samedi au Rogers Arena, il n’était pas moins optimiste que ça se produise.

« Pas que je suis un homme qui aime parier, mais avec les discussions qui sont tenues présentement, nous croyons que nous allons parler au 19e rang. On ne sait jamais ce qui peut arriver, on pense que ce sera un repêchage très imprévisible à partir du 10e rang environ, donc il est possible qu’un joueur convoité glisse et qu’on devienne prêt à donner un actif pour monter de quelques rangs. On va regarder ça (vendredi soir), on a discuté de monter ou de descendre, mais si je devais dire maintenant où les Sénateurs d’Ottawa vont sélectionner, je miserais sur le 19 », a-t-il indiqué d’entrée de jeu.

C’est la première fois de leur histoire que les Sénateurs vont choisir à ce rang. Dorion et son dépisteur-chef Trent Mann sont confiants qu’ils pourront mettre la main sur un joueur qui aura un impact dans un avenir plus ou moins rapproché, un peu dans le genre d’un Thomas Chabot, 18e choix au total en 2015 qui s’est avéré dominant à sa deuxième saison chez les professionnels, après avoir terminé son stage junior lors des deux années suivants sa sélection.

« À écouter les discussions animées (des dépisteurs en réunion dans une salle attenante), nous allons définitivement obtenir un bon joueur. Il y a plusieurs joueurs que nous aimons, il y en a un bon qui va être là au 19e rang. On va probablement dire le cliché qu’on ne s’attendait jamais à ce qu’il soit là. En même temps, probablement que ce joueur-là ne sera pas (dans la LNH) cette année. Ça pourrait être l’année prochaine, dans deux ou trois ans, mais on pense qu’on va obtenir un attaquant pouvant jouer sur les deux premiers trios ou les deux premières paires de défense », estime Dorion.

Ancien dépisteur lui-même, l’homme de hockey d’Orléans laisse ses recruteurs faire leur travail, mais il surveille quand même les principaux joueurs visés de près tout au fil de la saison.

« Je ne les ai pas tous vus en personne, mais sur vidéo, oui. J’ai été beaucoup moins actif cette année que l’an passé, alors que je connaissais les 10 premiers gars très bien, vu que je trouvais que c’était un choix (Brady Tkachuk, ultimement) tellement important pour notre organisation. Cette année, j’ai fait un peu moins de recrutement, mais assez pour avoir un mot dans la décision, mais c’est Trent Mann qui a un gros mot à dire là-dedans », a-t-il souligné.

Dorion détient deux choix de deuxième ronde, les 32e et 44e (obtenu de la Floride via San Jose), et il pense qu’ils ont une bonne valeur dans l’éventualité d’une tentative pour grimper dans l’ordre de sélection. Mais ses trois choix de deuxième ronde de 2020 ont aussi une bonne valeur, a-t-il noté, parce que les observateurs des espoirs s’attendent à ce que ce repêchage ait plus de profondeur que celui de cette année. « Tous ces choix de deuxième ronde (son club en a aussi trois en 2021) nous donnent beaucoup de flexibilité... C’est là que les données analytiques peuvent être utiles, pour établir la valeur de chaque choix... Mes choix de l’année prochaine sont énormément convoités, mais pour nous, c’est important de conserver beaucoup de ces choix-là pour s’assurer qu’on suive le plan qu’on a déterminé », dit-il.

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Les projecteurs braqués sur les dépisteurs

Habitués de travailler dans l’ombre, les dépisteurs se retrouveront sous les feux des projecteurs pour les deux prochains jours.

Trent Mann, le dépisteur-chef des Sénateurs, est fébrile à l’approche du grand jour, surtout que lui et ses hommes font face à une certaine pression alors que dans le cadre du projet de reconstruction de l’équipe, le DG Pierre Dorion leur a procuré une multitude de choix pour le repêchage de Vancouver ainsi que ceux de 2020 à Montréal et de 2021 (16 dans les trois premiers tours de ces trois encans, dont quatre de première ronde et huit de deuxième).

« Notre travail à nous, c’est de repêcher des jeunes qui vont mettre de la pression sur les plus vieux. Ce faisant, les vétérans vont être obligés de s’améliorer et d’être à leur meilleur. S’ils ne le sont pas, ils vont se faire dépasser, a-t-il dit jeudi. Quand vous tentez le grand coup comme on l’a fait il y a deux ans, tu perds des espoirs et des choix, ce qui est difficile... Mais là, nous avons beaucoup de choix, on va continuer à prendre des bonnes décisions. On fait du bon travail pour choisir tôt comme tard, ou dans les rondes du milieu. »

Mann est déjà encouragé par les résultats du repêchage de l’an passé, avec un joueur qui a joué dans la LNH en Brady Tkachuk, et quatre autres qui ont été invités cette semaine aux camps d’évaluation des équipes nationales junior canadiennes et américaines (les défenseurs Jacob Bernard-Docker et Johnny Tychonick pour les premiers, les attaquants Jon Gruden et Luke Loheit pour les seconds).

Les dernières heures menant au repêchage de ce soir (20 h) sont passées à débattre de différents scénarios pouvant se produire avant que ce soit le tour des Sénateurs de grimper sur l’estrade, au 19e rang. Tout le monde sait que Jack Hughes et Kaapo Kakko seront les deux premiers choix, et Pierre Dorion a laissé entendre qu’il a « une bonne idée » de ce que les Blackhawks de Chicago vont faire avec le troisième choix. « C’est à partir du quatrième (Colorado) et du cinquième choix (Los Angeles) que ça pourrait aller dans des directions inattendues », a-t-il lancé.