Le directeur général des Sénateurs d’Ottawa, Pierre Dorion, est convaincu que l’embauche de D.J. Smith à titre d’entraîneur-chef va permettre à son équipe d’oublier les années difficiles qu’elle vient de vivre.

Dorion: finir 30e ou 31e, «c’est inacceptable»

Quelles sont les attentes, réalistes, en prévision de la prochaine saison ?

Pierre Dorion avait accepté de répondre à nos questions, à quelques jours du début du camp des recrues. On a choisi de lancer l’entrevue en posant la question la plus ouverte possible.

« La première chose qu’on doit voir, c’est une croissance dans l’équipe. Quand je parle de croissance, je veux dire que les jeunes doivent se développer de la bonne façon. On va bien entendu mesurer notre succès avec le nombre de victoires et de défaites. Pour nous, terminer en 31e ou en 30e position, c’est inacceptable. Nous sommes bien contents de certaines choses qui ont été faites dans les derniers mois. La première, c’est l’embauche de D.J. Smith. Avec lui, les choses vont changer. Il y aura une nouvelle attitude, une nouvelle énergie. Ce sera positif. D.J. sait ce qu’il doit faire. Les victoires seront importantes, mais l’équipe devra surtout se diriger dans la bonne direction », a-t-il répondu.

Assez vague, comme réponse.

Dans les 30 minutes qui ont suivi, nous avons essayé de comprendre ce que tout cela voulait dire.

Q: J’ai envie de vous reposer la même question, de façon légèrement différente. Jusqu’où vos partisans peuvent-ils se permettre d’espérer ?

R: Nos partisans, ce sont des gens qui connaissent bien le hockey. On les aime bien. Ils doivent comprendre que nous sommes sur la bonne voie. Le pire est derrière nous. La reconstruction se poursuit, mais nous allons quand même jouer du hockey excitant. On pourrait facilement voir six, sept ou même huit joueurs de 23 ans ou moins dans notre alignement.

Q: Où devrait-on voir les premiers signes d’évolution ?

R: En zone défensive, je pense. Je pense – non, je sais – que notre jeu défensif va s’améliorer. Nos centres seront plus actifs, défensivement. Ils agiront un peu comme le troisième défenseur, quand ils seront sur la glace. Nous devons améliorer notre jeu sans la rondelle, de façon générale. Pas juste en zone défensive ou en territoire neutre.

Q: Vous dites que les Sénateurs vont jouer du hockey plus excitant, et vous dites qu’ils seront plus responsables défensivement. Ces deux affirmations sont-elles compatibles ?

R: Elles sont très compatibles ! Le jeu excitant va venir de notre niveau d’énergie et d’enthousiasme. Nous aurons une équipe plus combative. Nous allons essayer former notre groupe de joueurs à l’image de l’entraîneur-chef.

Q: À pareille date, l’an dernier, vous aviez fait preuve d’une grande transparence. Vous aviez ouvert vos livres, pour nous montrer exactement quels postes étaient disponibles au camp d’entraînement. Êtes-vous prêt à répéter l’expérience ?

R: Pourquoi pas ? C’est assez facile devant le filet. S’il n’y a pas de blessures, Craig Anderson et Anders Nilsson formeront notre duo. En défensive, on peut garder cinq postes pour Thomas Chabot, Nikita Zaitsev, Ron Hainsey, Mark Borowiecki et Dylan DeMelo. Si on garde sept défenseurs, ça signifie qu’il reste deux postes à combler. Erik Brännström, Christian Wolanin, Christian Jaros et Maxime Lajoie pourront batailler. J’accorderais peut-être une petite longueur d’avance à Jaros, puisqu’il a passé toute la saison dernière avec nous.

Q: Et à l’attaque ?

R: Je dois d’abord dire que nous sommes chanceux. Tous nos joueurs sont sous contrat ! À l’aile gauche, Brady Tkachuk, Tyler Ennis et Anthony Duclair sont pas mal assurés de leur poste. Il faudra voir si D.J. se sent à l’aise d’utiliser Colin White au centre. Jean-Gabriel Pageau, Artem Anisimov et Chris Tierney sont de bons vétérans. À droite, nous avons Bobby Ryan, Connor Brown et Mikkel Boedker. Si je sais compter, je viens de vous nommer 10 joueurs.

Q: Ça laisse quelques ouvertures...

R: Pour Logan Brown, Drake Batherson, Rudolfs Balcers, Max Véronneau... Qui d’autre ? Filip Chlapik, peut-être ? Josh Norris ? Jack Rodewald ? Oh ! J’oubliais. Jonathan Davidsson a été le dernier joueur retranché au camp d’entraînement des Blue Jackets de Columbus, l’an dernier. Ça fait deux ans qu’il joue dans les rangs professionnels, en Europe, avec des hommes. Son niveau de drive est exceptionnel. Il n’est pas le plus grand, il n’est pas le plus gros. Il est toujours sur la rondelle.

Q: J’ai l’impression que sept ou huit attaquants qui se retrouveront à Belleville, en début de saison, pourraient être rappelés s’ils jouent bien.

R: L’an dernier, nous avons terminé en dernière place. Ça signifie qu’aucun poste n’est garanti. Je l’ai dit aux joueurs avant leur départ, le printemps dernier. Je me suis assuré que ça fasse partie du message lancé par D.J. cet automne.

Q: Jean-Gabriel Pageau s’apprête à écouler la dernière année de son contrat. Avec ses nombreuses qualités, il pourrait intéresser plusieurs équipes à l’approche de la date limite des transactions. Pourrait-il partir ?

R: Oui, mais... Nous ne sommes pas rendus là. On verra où notre équipe se situera à l’approche de la date limite. Parce que si on regarde notre alignement, on constate que plusieurs joueurs sont dans leur dernière année de contrat. Andy, Boro, DeMelo, Pageau, Boedker, en plus de Hainsey et Ennis. Il nous faut quand même garder quelques joueurs d’expérience...

Q: Au fait, vous avez parlé à quelques occasions des quelques vétérans dont vous avez fait l’acquisition durant l’été. Je me demandais si tous ces joueurs ont un trait de personnalité, commun, qui les caractérise.

R: Ce sont des joueurs de caractère. Surtout, ce sont de gars qui veulent être à Ottawa. Ils veulent faire partie de ce qu’on essaie de construire. Ce sont des pros. Vous allez apprendre à connaître Connor Brown. Il est toujours parmi les premiers à se présenter à l’aréna, chaque matin. Il fait tout au maximum. Nos nouveaux vétérans sont des gars de caractère qui ont à cœur le travail.

Q: Je sais que vous n’aimez pas parler de contrats. Il faut quand même parler du cas de Thomas Chabot, qui se trouve en position de prolonger son pacte avec les Sénateurs depuis le 1er juillet. Que se passe-t-il de ce côté ?

R: Je vais te donner ma réponse préférée. Je connais très bien l’importance des jeunes joueurs qui sont, comme lui, dynamiques et excitants. Mais je n’ai rien à gagner à parler, publiquement, des négos. Nous avons bien fait les choses avec Colin White. Nous avons gardé ça en privé. Nous allons suivre le même chemin avec Thomas.

Q: Parlons de D.J. Smith, avant de terminer. Je suis curieux. Le connaissiez-vous beaucoup avant de l’embaucher ?

R: Honnêtement, j’avais eu quelques conversations, avec lui, au fil des ans. Il avait déjà dirigé un de nos espoirs, Tobias Lindberg. Je l’avais vu travailler quand il était dans le junior. Mais je n’avais jamais eu des conversations de plus de deux ou trois minutes. Dès sa première entrevue, j’ai su qu’il ferait partie des finalistes pour l’emploi. Plus le processus avançait, plus je me disais qu’il fallait le choisir.

Q: Qu’avez-vous découvert, à son sujet, dans les trois mois qui ont suivi son embauche ?

R: Il est à Ottawa depuis quelques semaines. J’ai passé beaucoup de temps avec lui, en fait, depuis le mois de mai. Par exemple, j’ai fait un arrêt à Windsor, pour le voir, après la conclusion du tournoi impliquant les meilleurs joueurs d’âge junior du Canada et des États-Unis. Plus je le côtoie, plus j’apprécie son énergie, son positivisme, son talent de communicateur. Il va changer notre attitude. Aussi, il connaît aussi très bien les tâches qui sont devant lui. Il a tout fait, dans le junior. C’est un gagnant. Il est énormément compétitif.

Q: Souvent, dans le monde du hockey, on fait référence au « club des petits amis » pour parler d’un directeur général qui s’entoure de gens qu’il connaît bien. Clairement, ça n’a pas été votre cas, cette fois-ci.

R: Pour nous, D.J. était le meilleur candidat. Ce n’est pas toujours la meilleure chose, embaucher le candidat qui a le plus d’expérience. Je suis un meilleur DG aujourd’hui qu’à mes débuts et je peux te dire que le cercle des petits amis, pour moi, ce n’est pas important. Je ne m’y suis pas fié, l’an dernier, quand j’ai embauché Peter MacTavish comme directeur général adjoint. J’ai fait la même chose pour D.J.

Q: Que se passe-t-il avec le poste de vice-président aux opérations hockey ? On cherchait quelqu’un le printemps dernier. Personne n’a été embauché. Personne n’en parle, ces jours-ci.

R: Je ne suis pas impliqué dans ce processus. On avait dit que si on embauchait quelqu’un, c’était pour lui confier un rôle similaire à celui qu’occupait Bryan Murray, dans le passé. On voulait trouver quelqu’un à qui j’aurais pu demander des conseils. Mais ce n’est pas à moi de parler.