Craig Anderson a conservé une fiche de 25-11-4 l'an dernier avec les Sénateurs.

Deux ans de plus pour Anderson

Le directeur général des Sénateurs d'Ottawa Pierre Dorion a réglé un premier dossier avec un de ses joueurs autonomes potentiels de l'été 2018. Vendredi, il s'est entendu pour une prolongation de contrat de deux ans avec le vétéran gardien Craig Anderson.
Le cerbère américain de 36 ans a accepté un pacte qui lui rapportera 5,5 millions $ US la saison prochaine, et 4 millions $ US en 2019-2020. Ça fera une moyenne de 4,75 millions $ US sous le plafond salarial. L'entente comporte également une clause de non-échange à 10 équipes désignées par le joueur.
C'est une augmentation salariale pour celui qui touchera 3,1 millions $ US cette saison.
Anderson n'a montré aucun signe de ralentissement au cours de ses sept saisons complètes devant le filet des Sénateurs. Il est revenu de différentes blessures pour offrir des performances solides. Il a montré une force mentale impressionnante la saison dernière quand il a raté deux mois pour être au chevet de son épouse Nicholle qui devait lutter contre une rare forme de cancer de la gorge. Avant et après, il a présenté une excellente fiche de 25-11-4 avec cinq blanchissages, une moyenne de 2,28 et un taux d'efficacité de ,926, en plus d'exceller tout autant en séries pour aider son club à atteindre la finale de l'Est.
« Pour nous, l'âge n'a jamais été un facteur parce que Craig a commencé à être un numéro un plus tard dans sa carrière. Si on regarde son style, ce n'est pas un gardien purement réflexe ou athlétique, il lit bien le jeu. On n'est pas inquiet qu'il connaisse un déclin dans les trois prochaines années, surtout qu'il a joué son meilleur hockey l'année passée », a commenté Dorion.
Avec Mike Condon sous contrat également pour les trois prochaines saisons, la situation devant le filet des Sénateurs devrait être assez stable. « Nous avons un gardien 1A et un 1B, et c'est bien correct. Quand tu n'as pas de bon gardien, c'est ce que tu recherches. Quand tu l'as, tu ne l'apprécies pas toujours à sa juste valeur, mais ce n'est pas notre cas », a ajouté Dorion, tout en notant que son duo aura un salaire combiné inférieur à celui de Carey Price, du Canadien de Montréal.
En rentrant au vestiaire après l'entraînement des siens, le principal intéressé s'est évidemment dit heureux que ce dossier ait été réglé à l'amiable, avant le début de la saison régulière.
« Ottawa s'est avéré un excellent domicile pour moi. Je suis en extase de pouvoir continuer à faire partie de ce groupe, de ce club, a dit Anderson. J'en ai parlé à ma famille cet été, à Nicholle, de ce qui serait le mieux pour la famille et ma carrière. L'important est que je voulais encore être ici. J'aime toujours autant la compétition. Le feu brûle encore en moi. »
Loin de la retraite
Anderson a noté que son absence de deux mois la saison dernière lui a fait réaliser d'autant plus qu'il n'est pas prêt à prendre sa retraite.
« J'ai réalisé en revenant à quel point c'était amusant de jouer au hockey, et à quel point ça m'avait manqué. Je voulais continuer à me pousser dans le dos pour atteindre le maximum de mes habiletés, continuer à m'améliorer. C'est encore ce que je veux faire pour demeurer un gros morceau du casse-tête ici à Ottawa... Tu le sais quand c'est le temps (d'accrocher tes patins), et moi, je sais qu'il me reste encore beaucoup de temps. Ottawa m'a permis de prolonger ma carrière, je serai toujours reconnaissant à Bryan Murray d'être venu me chercher au Colorado », a mentionné le vétéran gardien, qui est premier dans l'histoire du club avec ses 151 victoires en carrière, et deuxième derrière Patrick Lalime avec ses 24 blanchissages.
Condon aborde la question de l'hymne
Mike Condon était content pour son partenaire Craig Anderson vendredi, même si le nouveau contrat signé par celui-ci le confinera probablement à un rôle de substitut pour la majorité des trois prochaines années, à moins de blessure ou d'échange.
Mike Condon
« Il mérite bien ça, il a joué très bien la saison dernière dans des conditions pas évidentes », a-t-il commenté.
Le gardien originaire de la région de Boston a moins aimé lorsque le journaliste du Droit a dévié la conversation vers la controverse qui fait rage dans son pays natal, où le président Donald Trump a antagonisé les joueurs de la NFL et de la NBA qui protestent contre la violence policière à l'endroit des minorités en s'agenouillant pendant l'hymne national.
Comme fils d'un policier qui a notamment procédé à l'arrestation d'un des responsables des attentats à la bombe du marathon de Boston en 2013, et diplômé de l'université Princeton en sciences politiques, il était cependant difficile d'éviter le sujet avec lui.
« Mes quatre années à étudier les sciences politiques m'ont enseigné à ne jamais parler de politique. Mon diplôme ne sert à rien ! », a-t-il lancé en riant de prime abord.
Devenant plus sérieux, Condon a mentionné que ses compatriotes devraient être capables de discuter de tels enjeux sans que ça mène à une levée de boucliers, ou à brûler des drapeaux américains.
« On devrait être capable d'apprécier les opinions de tout le monde, même si on ne les partage pas nécessairement. C'est frustrant de ne pas pouvoir avoir une conversation à ce sujet. J'essaie donc de garder mes distances. Mais en même temps, c'est une des bonnes choses aux États-Unis comme au Canada, on a le droit de dire ce qu'on pense. Mais moi, je ne sais pas ce que c'est que de grandir dans les quartiers mal famés de grandes villes, je n'ai pas eu les mêmes défis que certains de ces jeunes, donc je ne peux pas me mettre dans leurs souliers », souligne-t-il.
Celui-ci sait cependant à quel point le métier de son père Ted, un sergent de la police de l'état du Massachusetts, peut être dangereux.
« Je vois ce qui se passe de l'autre côté. Ça ne peut pas être mutuellement exclusif. Il faut respecter l'opinion de tout le monde, mais il faut se mettre dans les souliers de policiers comme mon père, qui va sur la route à 2 h du matin et doit arrêter des mauvais gars, qui peuvent être afro-américains. Les deux peuvent être sur leurs gardes. C'est certain qu'il faut parler de tout ça, mais c'est difficile de partager ton opinion quand tout le monde est prêt à vous sauter à la gorge si vous vous exprimez sur le sujet... Il faudrait écouter un peu au lieu de juste se fâcher après tout le monde qui a une opinion. Il y a trop de gens qui essaient d'alimenter le feu, tout le monde devrait reprendre son souffle et regarder les choses un peu plus profondément », a-t-il ajouté.