Nicolas Deslauriers a réalisé un tour du chapeau dans la première période de jeu contre les Sénateurs, mardi soir.

Deslauriers s’installe à Anaheim

ANAHEIM —Nicolas Deslauriers était probablement destiné à jouer un jour dans la LNH en Californie après avoir été un choix des Kings de Los Angeles en 2009.

L’ancien défenseur des Olympiques de Gatineau, maintenant un attaquant qui roule sa bosse dans le circuit Bettman depuis sept ans, avait commencé sa carrière professionnelle avec leur club-école de Manchester, venant à L.A. pour quelques camps d’entraînement. Il y est maintenant de retour après que le Canadien de Montréal l’ait refilé aux Ducks d’Anaheim contre un choix de quatrième ronde l’été dernier.

« C’est bizarre, je ne pensais jamais revenir en Californie. C’est là que tu vois que des fois, des petites choses te font revenir dans le passé, comme pour moi mon repêchage, a-t-il raconté au Droit avant l’affrontement contre les Sénateurs mardi soir. J’avais passé beaucoup de temps à L.A., j’ai été un de leurs “Black Aces” (en séries) et j’avais passé deux étés à m’entraîner dans le coin. Je pensais avoir un avenir avec eux, mais je n’ai pas eu ma chance et j’ai été échangé à Buffalo. Les liens ont été coupés avec la Californie pas mal à ce moment-là, mais c’est drôle la vie, tu ne sais jamais où tu peux te ramasser. »

Après ses quatre saisons avec les Sabres, il a passé les deux suivantes avec le Tricolore, dont la première (2017-2018) partagée entre le Tricolore et son club-école de Laval. Peu utilisé la saison dernière (48 parties), il n’était pas fâché que le DG Marc Bergevin le refile aux Canards.

« Je ne peux pas me plaindre, j’ai apprécié le temps que j’ai passé à Montréal. L’an passé, ce n’était juste plus un bon fit. Mon style de jeu n’était pas dans leurs plans. Mais jouer là, c’est quelque chose de différent et de spécial, surtout pour un Canadien français qui joue à la maison, note le hockeyeur de 29 ans originaire de La Salle. Je pense que mon style de jeu cadre mieux dans l’Ouest. »

Ce style est évidemment axé sur la robustesse, lui qui est le joueur le plus puni de son club avec 92 minutes passées au cachot (avant mardi) et le meneur de la LNH avec 14 combats, pour aller avec ses 4 buts (plus trois au premier tiers mardi soir) et 10 points en 57 parties. Les Ducks apprécient sa façon de jouer alors que pas plus tard que le mois dernier, ils lui ont fait signer une prolongation de contrat de deux ans, à un salaire de un million $ par saison.

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« On ne s’attendait pas à ça. Tu viens ici pour faire tes preuves. Mais une offre pour deux ans, c’est de la sécurité pour la famille... Quand tu as trois enfants, et un quatrième en chemin, tu penses plus à la famille que d’autre chose. Ça s’est fait vite, mais j’ai eu de bonnes discussions avec ma femme et on aime vraiment ça ici », a dit le père de deux filles (de presque six ans et 16 mois) et un garçon (de trois ans et demi).

Membre de la dernière formation des Olympiques à avoir atteint la finale de la LHJMQ en 2011, s’inclinant devant les SeaDogs de Saint-Jean, Deslauriers se disait content d’avoir vu son ancien coéquipier à Gatineau, Jean-Gabriel Pageau, passer aux Islanders de New York il y a deux semaines. « On a gardé contact un peu. C’est spécial, il avait 17 ans alors que j’en avais 19 l’année de la finale. Voir tout ce qu’il a accompli, c’est quelque chose. C’est une bonne chose pour lui ce qui vient d’arriver, je pense. Il a eu de bons moments de jouer à la maison, mais arriver dans une bonne organisation qui montre de la confiance en lui avec un contrat comme il a eu (six ans, 30 millions $), il le mérite », disait-il.

Il souhaite à son ami de participer aux séries, chose qui va encore lui échapper cette année avec des Ducks en reconstruction. « C’est mon prochain objectif, je n’y ai pas encore participé. Tout le monde veut gagner la coupe Stanley, mais moi, je voudrais commencer avec une série dans les playoffs, ayant eu du succès dans le junior et la Ligue américaine. Mon style s’y prête bien », estime-t-il.

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LES SÉNATEURS EN BREF

Högberg contre les Ducks

De retour dans le giron de son club lundi après une absence de huit jours, le gardien Marcus Högberg a été lancé dans la mêlée dès mardi soir, après une seule pratique, par l’entraîneur-chef D.J. Smith. «On voulait qu’il revienne le plus rapidement possible et lui aussi voulait jouer alors il joue, a indiqué Smith. C’était un match ou l’autre, donc “Andy” (Craig Anderson) va jouer demain (mercredi).»

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Strict minimum

D.J. Smith n’a pas apporté de changement et même s’il avait voulu en faire, il n’avait pas de joueur supplémentaire à sa disposition, Ottawa n’ayant que 12 attaquants et six défenseurs sur l’alignement (plus deux gardiens), avec le centre Artem Anisimov qui est resté dans la capitale pour soigner une blessure au haut du corps. Il devait donc se croiser les doigts que personne ne se blesse avec un autre match mercredi soir à Los Angeles. «Si jamais quelque chose devait arriver, on aurait le temps de faire venir quelqu’un (de Belleville). On espère évidemment que ça n’arrivera pas», a-t-il souligné. Le club-école de Belleville a un match à Laval mercredi soir, ce qui pourrait faciliter le transit vers la Californie alors qu’il y a un vol direct de Montréal vers Los Angeles.