Sans leurs trois gros canons, les Sénateurs d’Ottawa n’ont jamais été dans le coup jeudi soir au Prudential Center.

Des Sénateurs démunis blanchis par les Devils

NEWARK — Le match des Sénateurs d’Ottawa contre les Devils du New Jersey a perdu toute signification, le peu qu’il avait, quand Mark Stone, Matt Duchene et Ryan Dzingel n’ont pas sauté sur la glace pour la période d’échauffement.

Il était déjà question que Duchene soit rayé de l’alignement pour le protéger d’une blessure avant qu’il ne soit échangé d’ici à la date limite des transactions de lundi. Il restait un mince espoir que Stone accepte une offre de prolongation de contrat de l’équipe, mais le fait qu’il ait tenu compagnie au centre acquis il y a 15 mois de l’Avalanche du Colorado indique bien qu’il n’a pas voulu s’engager à long terme lui non plus avec la formation de la capitale, malgré la récente promesse du propriétaire Eugene Melnyk d’augmenter la masse salariale du club pour être compétitifs d’ici deux ans, pour le début d’une « période de succès incomparable ».

Démunis sans ces trois joueurs qui ont compté 41 % de leurs buts cette saison (77 en tout), les hommes de Guy Boucher ont été blanchis assez aisément, 4-0 par les Devils du New Jersey, alors que le gardien Cory Schneider a repoussé tous leurs 30 tirs devant 12 964 amateurs au Prudential Center, dont six aux dépens du Gatinois Jean-Gabriel Pageau.

Cherchant à rebondir d’un mauvais match à Chicago lundi dernier, le gardien Anders Nilsson a éprouvé certaines difficultés, cédant devant Travis Zajac et Steven Stantini au premier tiers, puis Kurtis Gabriel et Miles Wood en deuxième. Il a fait face à 31 lancers.

Assez parlé de ce match qui ne passera pas à l’histoire, à part pour le fait que les joueurs impliqués du côté d’Ottawa ont vécu quelque chose rarement vue dans l’histoire du hockey professionnel, et de leur franchise.

« Vous connaissez tous la situation maintenant, j’ai appris tard dans l’après-midi qu’on ne ferait pas jouer ces gars-là, Pierre me l’a dit juste avant le départ pour l’aréna. J’ai averti les joueurs de la décision de Pierre, puis j’ai composé un alignement et ça a pris à peu près la moitié du match pour qu’on trouve ce qui fonctionnerait et j’ai trouvé qu’à partir du milieu du match, nous avons été le meilleur club. Les gars ont poussé fort, alors que la première moitié du match a été plus difficile », a commenté l’entraîneur-chef Guy Boucher après coup, lui qui a vu son club être dominé 14-4 au niveau des lancers en première période.

« Je suis certain que les gars avaient entendu des choses et imaginé tous les scénarios... Moi, je ne suis que l’entraîneur, je fais jouer les joueurs qu’on me donne. Les questions de personnel de joueurs, c’est l’affaire de Pierre », a ajouté Boucher.

Le vétéran Bobby Ryan, promu sur le premier trio avec Brady Tkachuk et Colin White à la place de Stone, a quand même raconté que les joueurs ont eu un choc en apprenant la nouvelle. « C’était un peu difficile de jouer dans les circonstances, avec l’incertitude. Comme équipe et comme professionnels, il faut trouver un moyen. Le vestiaire était un peu sombre, mais il faut trouver un moyen de donner notre meilleur effort, mais ça nous a pris trop de temps à nous mettre en marche, estimait-il. C’est une première pour moi et probablement tout le monde dans ce vestiaire... La réalité de la situation maintenant est qu’il faut essayer de rester concentrés pour notre match de demain. »

Les Sénateurs (22-33-5) sont rentrés dans la capitale après le match alors qu’ils recevront la visite des Blue Jackets de Columbus vendredi soir au Centre Canadian Tire. Il sera intéressant de voir la réaction des amateurs alors qu’il faut présumer que Stone, Duchene et Dzingel ont joué leurs derniers matches dans l’uniforme du club avec la décision de jeudi.

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Chabot n’est pas découragé

Avec les départs prochains de leurs trois piliers en attaque, le présent des Sénateurs n’est pas très rose.

Le défenseur Thomas Chabot, qui représente une bonne partie l’espoir pour l’avenir, n’est pas découragé pour autant.

« C’est évident qu’avec ce qui est arrivé, il nous manquait quelques gars. C’est ça qui est ça, c’est une situation que nous avons apprise en nous en venant ici et on va voir ce qui va arriver. Nous avons un jeune groupe de gars et nous devons nous concentrer sur nous-mêmes. Nous avons encore de bons joueurs dans ce vestiaire et nous devons croire en nous, on va passer le reste de l’année ensemble », a souligné Chabot.

Quand il s’est fait demander si c’était un peu décourageant de voir que l’organisation n’a pas réussi à convaincre Mark Stone, Matt Duchene et Ryan Dzingel de rester pour accélérer la reconstruction du club, il a rétorqué : « Ça fait partie de la game, de la business... C’est ce temps de l’année et on doit juste se concentrer à jouer avec les gars qui sont sur la glace en ce moment. On ne sait pas à quoi s’attendre, on va voir, les trois prochains jours vont nous dire (ce qui va être acquis en retour). »

Hors du contrôle de Smith

Le vétéran Zack Smith a dit pour sa part que la situation avait été « bizarre » et « étrange ». Il a hésité quand il s’est fait demander s’il s’inquiétait de la direction que prend l’équipe. « Non. Ce n’est rien qu’on peut contrôler. On voudrait que nos meilleurs joueurs restent ici, mais en bout de ligne, c’est leur décision. La business paie les factures. C’est leur choix alors que nous avons un chèque de paie pour aller jouer au hockey, c’est notre travail. On doit jouer au meilleur de nos habiletés, c’est tout ce qu’on contrôle. Si c’est la direction qu’on prend, on n’y peut rien », a-t-il déclaré.