Ryan Dzingel  apporte beaucoup de profondeur à l'attaque des Sénateurs en séries éliminatoires.

Des «petits salariés» très efficaces

BOSTON - Les plus hauts salariés des Sénateurs, Bobby Ryan, Erik Karlsson et Craig Anderson, se sont chargés des Bruins mercredi soir.
Il y a cependant quelques jeunes joueurs bien moins bien rémunérés qui leur ont donné un coup de main dans l'ombre, le défenseur Ben Harpur et l'attaquant Ryan Dzingel notamment.
Dzingel, lui, a passé toute la campagne à Ottawa mais il avait été laissé de côté pour le premier match de la série. Sa vitesse en échec avant ainsi qu'en repli l'a cependant bien servi lors des deux rencontres à Boston et il aurait bien pu porter l'avance des siens à 2-0 en troisième période mercredi, sauf qu'il a frappé un poteau en échappée.
« Je n'ai pas dormi de la nuit, mais ce n'est pas vraiment à cause de cette échappée. C'est juste difficile de s'endormir après avoir joué un match, il y a plein de choses qui te trottent dans la tête. C'est excitant d'être dans cette situation, c'est très amusant jusqu'à maintenant », a-t-il raconté en point de presse à l'hôtel du club à Boston.
Dzingel a remarqué que le jeu est légèrement différent en séries, mais surtout, c'est l'attitude des joueurs qui est particulièrement différente.
« Tout est en fonction de l'équipe, ça passe avant tout. J'ai retrouvé mon amour pour le jeu dans les dernières semaines. L'atmosphère est totalement différente, c'est une autre ball game. En saison régulière, parfois tu joues pour toi-même, pour ton contrat et çi ou ça. Là, c'est juste toi et tes coéquipiers, c'est pas mal spécial. Si ce n'était de vous (les journalistes) qui me rappelez que je n'ai pas compté depuis longtemps, je n'y penserais même pas », a dit l'attaquant qui a empoché un salaire de 750 000 $ en saison régulière (les joueurs n'obtiennent que des primes et un per diem en séries).
L'attaquant originaire de Chicago avait laissé paraître son mécontentement quand il a été retranché à la faveur de Tommy Wingels lors du premier match. Après coup, il a eu l'occasion de discuter avec l'entraîneur-chef Guy Boucher. 
« Il m'a assis pour me dire exactement ce que je devais faire, ça m'a aidé beaucoup. Je respecte ça beaucoup parce qu'il a une assiette pleine en séries. Je sais exactement quel est mon rôle, ça simplifie les choses et ça a aidé mon jeu », a-t-il dit.
« Après l'avoir retranché, je lui ai parlé de son implication physique et d'être capable de payer le prix. Selon mon expérience, le hockey des séries est à un autre niveau, pas pour les 'x' et les 'o', c'est la même game, mais l'intensité est bien plus élevée. L'expérience et la maturité entrent en ligne de compte, au début, je voulais y aller avec quelqu'un avec plus d'expérience, qu'il regarde ça de loin et réfléchisse. Il a bien joué lors des deux derniers matches, il montre de la maturité avec la rondelle », a noté Boucher.
Et Harpur
Concernant Harpur, celui-ci a noté que sa tenue « nous achète du temps pour permettre à (Mark) Borowiecki, il devait patiner (mercredi matin) mais on a décidé d'attendre ».
Le défenseur format géant (6' 6'') a noté hier que le fait qu'il avait été rappelé pour jouer les cinq dernières parties de la saison régulière l'a aidé, tout comme le fait qu'il est un habitué du TD Garden, y ayant disputé quatre de ses 13 parties dans la LNH, saison et séries confondues.
« On m'a rappelé quand il y a eu plusieurs blessés, et quand les gars sont revenus, le message était de rester prêt vu que des blessures arrivent en séries. C'est dommage pour 'Boro', mais j'essaie d'en profiter. Je prends ça au jour le jour et j'essaie d'absorber tout ça. C'est certain que les cinq parties de fin de saison m'ont aidé, ça aurait été difficile de sauter dans l'action au milieu d'une série, à Boston », a-t-il indiqué.
Des éloges pour Karlsson
Impossible de passer une journée sans parler du jeu du capitaine Erik Karlsson dans cette série. Mercredi soir, non seulement a-t-il préparé l'unique but de Bobby Ryan avec une belle pièce de jeu, mais il a grandement contribué à protéger l'avance des siens en passant les dernières 2:18 minutes sur la patinoire, ce qu'il a fait après avoir pris une pause de 30 secondes suivant une présence de 1:25. « Erik est un joueur de premier plan qui a élevé tous les aspects de son jeu à un autre niveau. Il a toujours été bon en offensive, a toujours eu la vision et l'habileté. Cette saison, il utilise ça au bon moment et pour les bonnes raisons. Il nous donne le bon leadership depuis le début. Il inspire les gars parce qu'il joue si bien défensivement, qu'il paie le prix », a commenté Guy Boucher après la partie.
Anderson rejoint Emery
Craig Anderson a réalisé son quatrième blanchissage en carrière en séries éliminatoires lors du quatrième match de mercredi à Boston, ce qui était son troisième dans l'uniforme des Sénateurs. Ça lui a permis de rejoindre Ray Emery au deuxième rang dans l'histoire de l'équipe et de s'approcher à deux d'un autre record d'équipe que détient toujours Patrick Lalime. « Quand il fait un arrêt comme celui contre (Brad) Marchand en première période, en plongeant comme ça, c'est motivant pour nous. Mais on est habitué de le voir essayer des choses comme ça, il le fait toujours contre nous dans les pratiques », a noté le centre Zack Smith après le match.
Turris en léthargie
Il n'y a pas que Mark Stone qui en toujours en quête d'un premier but en série (et d'un premier but en 17 matches dans son cas). Meilleur buteur des siens en saison avec ses 27 buts, le centre Kyle Turris n'a récolté qu'une passe depuis le début de la série, tout comme Stone, mais il ne s'en fait pas trop avec sa production offensive. « Je continue à prendre des tirs, j'ai eu une bonne chance en fin de partie, par la porte d'en arrière en avantage numérique, (Tuukka Rask) a fait un bon arrêt contre moi. Je cherche juste à continuer à générer des chances de compter pour moi et mes ailiers, ça va finir par rentrer éventuellement » a indiqué Turris.