«Il ne faut pas rêver à ce qui va se passer si on l'emporte, il faut rester dans le moment», a affirmé Clarke Mac Arthur avant son départ pour Pittsburgh.

Des Penguins «à endormir»

(Pittsburgh) Pour gagner leur septième ciel et atteindre la finale de la coupe Stanley, les Sénateurs d'Ottawa savent ce qu'ils doivent faire lors de leur match décisif au PPG Paints Arena jeudi soir.
« On s'en va là pour les endormir dans leur édifice, c'est ce qu'il faut faire », a lancé l'attaquant Clarke MacArthur avant le vol nolisé de l'équipe pour retourner en Pennsylvanie mercredi après-midi.
« On sait qui nous sommes, c'est ça qui importe. On sait quel style de jeu nous convient, si on s'en tient à ça, nous avons une chance. Sinon, les pourcentages baissent pas mal. Il ne faut pas rêver à ce qui va se passer si on l'emporte, il faut rester dans le moment. L'équipe qu'on affronte a déjà gagné (la coupe), elle sait comment c'est, elle veut y retourner. Nous, on doit rester détendus et s'amuser. Pour moi en particulier, qui a raté une bonne partie de la saison, je veux en profiter pleinement... En revenant de Pittsburgh, j'avais dit à Dion (Phaneuf), on revient gagner cette série. J'ai confiance, on peut battre n'importe qui quand on est à notre meilleur. »
L'entraîneur-chef Guy Boucher n'était pas nécessairement d'accord avec le plan de match « ennuyant » que voulait suivre son vétéran attaquant, mais il espère que son club va continuer sur la même voie que lors de la sixième rencontre, remportée 2-1 mardi soir. 
« On n'en a pas parlé. Tant mieux si c'est ça qui arrive. Mais notre but n'est pas ça. Comme entraîneur, c'est de faire abstraction de tout ce qui est autour. Tout le 'fla-fla', tout ce qui n'a pas d'impact sur la façon qu'on va jouer. Notre concentration est sur quand on va embarquer sur la glace, de reproduire les moments où on a eu le plus de succès, a-t-il dit. Dans ces moments-là, on veut faire des choses extraordinaires, on veut jouer les héros et espérer compter un paquet de buts bien vite. C'est la pire recette. J'ai déjà été coupable de ça comme entraîneur, tu 'crinques' ton club et tu sors en fou parce que c'est tellement important... Pour gérer autant de pression, c'est d'être calme en début de match. »
En ce sens, Boucher pense que le fait de jouer ce septième match à l'étranger pourrait être un avantage.
« Des fois, tu es plus calme sur la route, tu n'as pas de show à faire, a-t-il noté. Le troisième match (gain de 5-1 avec quatre buts en première période) à la maison, ça a été bon, mais ça nous a aussi amenés dans une direction qui n'était pas la bonne. Le (cinquième) match où on s'est fait planter (7-0), c'est de ça qu'on avait besoin. Si on avait perdu de façon serrée, on n'aurait pas eu une assez grosse claque pour revenir à notre identité et pouvoir gagner. Qu'on soit à la maison ou à l'étranger, il faut que tu batailles la tentation d'être autre chose, d'essayer de faire des choses extraordinaires... Les bons joueurs qui gagnent font les choses ordinaires très bien, à répétition avec constance. »
L'auteur du but vainqueur de mardi, Mike Hoffman, estime qu'il n'y a pas de pression sur son club en retournant dans la ville de l'Acier.
« Il n'y a pas de pression sur nous. Ils sont les favoris et ils sont à la maison. Pour nous, ce n'est qu'un autre 60 minutes de hockey. C'est un septième match, plusieurs d'entre nous n'en ont pas joué à ce niveau-ci, mais on connaît le plan de match. On va s'en tenir à notre système, essayer de les embouteiller le plus possible et nous donner la meilleure chance possible de gagner après 60 minutes. C'est une série de sept parties et après le cinquième match, on s'est dit qu'une défaite est une défaite, par un but ou sept. On aurait été dans la même situation si on avait perdu 2-1 en prolongation. Il faut être à notre meilleur pour compétitionner avec ces gars-là, on le sait. »
Brassard blessé
Le centre gatinois Derick Brassard a une blessure, probablement au haut du corps, qui l'empêche notamment de prendre les mises au jeu, qu'il a laissées à Zack Smith et même Bobby Ryan (quatre fois) mardi.
«À ce temps-ci de l'année, plusieurs joueurs à travers la ligue sont dans la même situation. Le fait qu'on ait beaucoup de profondeur au centre, avec Zack qui peut jouer un peu partout, ça nous aide», a noté Brassard.
Celui-ci a disputé quelques septièmes parties avec les Rangers de New York (dont une contre les Penguins, remportée 2-1 à Pittsburgh en 2014) et il n'aura pas de message spécial pour ses coéquipiers.
«On doit juste jouer notre match, pas besoin de parler beaucoup. Il faut aller là-bas et donner notre meilleur. Ces matches sont tellement le fun à jouer. On affronte un bon club, les champions de la coupe Stanley, avec une chance d'aller en finale. On ne peut pas demander plus», a-t-il dit.