Jean-Gabriel Pageau et Brendan Gallagher luttent pour la rondelle en deuxième période.

Déjà le 400e match de Pageau

MONTRÉAL — Depuis le temps, Jean-Gabriel Pageau a l’habitude. Il sait que les journalistes seront nombreux à se masser devant son casier, dans le vestiaire, lorsqu’il visite le Centre Bell.

Mercredi matin, les représentants des médias avaient une très bonne raison de l’attendre. Le hockeyeur gatinois se préparait à disputer son 400e match en carrière dans la Ligue nationale de hockey.

« Je trouve ça le fun parce que je trouve que les années ont passé vite, a-t-il réagi. Je me souviens encore très bien de mon tout premier match. Là, j’arrive à mon 400e. On dirait que tout a passé comme dans un claquement de doigts. Mais je suis content. C’est quelque chose dont je suis très fier. Et je ne veux pas m’arrêter à 400. Je veux continuer. »

Il fallait, bien entendu, que Pageau atteigne ce plateau important dans la métropole. Lorsqu’il rédigera son autobiographie, à la fin de sa carrière, il consacrera plusieurs chapitres aux Glorieux qu’il aime tant détester.

« Après toutes ces années, j’ai encore plein d’amis qui continuent de soutenir le Canadien et qui aiment bien m’écœurer », rappelle-t-il.

Les taquineries de ses amis continuent d’alimenter le feu qui brûle en lui.

« Ça me donne une petite source de motivation supplémentaire », dit-il, sourire en coin.

Pageau a peut-être joué, en soirée, son dernier match à Montréal dans l’uniforme des Sénateurs.

Sa situation n’a pas changé. Il écoule toujours la dernière année de son contrat. S’il négocie présentement avec l’équipe, ça se fait dans la discrétion la plus complète.

Ses bonnes performances de l’automne donnent des munitions à ses conseillers. Ces derniers pourront se montrer gourmands, et les Sénateurs ne sont pas très riches...

Les bonnes performances de l’automne, en parallèle, font grimper sa valeur sur le marché des transactions. On raconte que plusieurs équipes qui luttent pour une place en séries s’intéressent à lui.

Et le temps commence à presser. Il reste environ 10 semaines avant la date limite des transactions.

La situation de Pageau ne change pas, non plus, parce qu’il refuse obstinément de parler de tout ça.

« En ce moment, mon focus, c’est vraiment tout ce qui se passe dans l’équipe », a-t-il répondu, mercredi, quand on l’a questionné, directement, sur son avenir.

Il doit se passer tout plein de choses dans sa tête, en ce moment. Il choisit avec soin ses confidents.

Fierté

« Je suis content d’avoir joué mes 400 matches à Ottawa devant ma famille, mes amis, mes proches, ma femme... Tous ces gens m’ont soutenu, tout au long de ma vie. Ils ont été là dans les bons, comme dans les moins bons moments », a-t-il d’ailleurs dit, un peu plus tard, durant la conversation avec les journalistes.

On comprend, donc, qu’il réfléchit parfois à ce que pourrait ressembler la vie dans une autre ville.

Il a fait une autre référence à son avenir, quand un confrère lui a demandé d’expliquer ses récents succès à l’attaque.

« Je ne sais pas ce qui se passe ! Je n’ai pas changé ma curve... »

« Des fois, quand tu travailles fort, la rondelle finit par rouler pour toi. C’est peut-être ça, poursuit-il. En ce moment, j’essaie de travailler pour ne pas avoir de regrets. C’est ma dernière année de contrat. Je veux vraiment tout laisser sur la patinoire. »

« L’organisation des Sénateurs a cru en moi. Elle m’a repêché. Elle m’a permis de jouer mon premier match. Ça fait 400 matches qu’elle me fait confiance », rappelle-t-il.

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LES SÉNATEURS EN BREF

Mauvais signe pour Lajoie

Maxime Lajoie sera-t-il le prochain espoir des Sénateurs à retourner dans la Ligue américaine ? Le défenseur franco-albertain a encore été laissé de côté par ses entraîneurs, mercredi. Il a donc raté les trois dernières parties. D.J. Smith ne veut pas se montrer trop sévère envers celui qui vient de fêter ses 22 ans. « Il est encore jeune. » Il reconnaît, du même souffle, que Lajoie ne réchauffera pas le banc trop longtemps à Ottawa. « J’utilise toujours nos six meilleurs défenseurs. En ce moment, il ne fait pas partie de ce groupe. Si nous ne sommes pas capables de lui trouver des minutes de jeu de qualité à Ottawa, nous allons certainement lui en trouver à Belleville. Nous ne voulons pas qu’un jeune joueur garde l’étiquette de défenseur numéro sept trop longtemps. » Lajoie a été rappelé à Ottawa dans la dernière semaine de novembre. Dans les trois matches où Smith l’a utilisé, il a passé moins de 10 minutes sur la glace.

Des calories à dépenser

D.J. Smith a bien fait rire les journalistes, durant sa conférence de presse d’avant-match. Les collègues montréalais, d’abord, ont voulu lui parler de son propre régime d’entraînement. L’entraîneur-chef des Sénateurs effectuait des exercices de CrossFit, à l’extérieur du vestiaire, en matinée. « Je ne m’entraîne visiblement pas assez fort », a-t-il répondu, en se caressant le ventre. « Le repas d’avant-match qu’on sert au Centre Bell est copieux. Je dois dépenser des calories tout de suite pour m’y préparer », a-t-il ajouté. On lui a ensuite parlé du fort début de match de son équipe, lundi, contre les Bruins de Boston. « Personne ne parle de la fillette qui a interprété les hymnes nationaux. Elle a fait un super boulot. Elle a transmis son énergie à tous les gens qui étaient présents, dans le building. Par conséquent, nos joueurs ont connu un gros départ. »

Wilkie à l’honneur

L’espoir des Sénateurs Chris Wilkie a mérité la première étoile de la dernière semaine dans la NCAA. En deux parties, le week-end dernier, l’attaquant de 23 ans a marqué quatre buts et récolté une mention d’aide.