Défaite et hécatombe

Guy Boucher a parlé d'un véritable « désastre ».
Ses Sénateurs d'Ottawa ont non seulement encaissé un revers de 3-2 aux mains des Jets de Winnipeg dimanche soir devant une salle comble de 19 288 amateurs au Centre Canadian Tire, mais leur entraîneur-chef n'avait que huit attaquants en santé à sa disposition à la fin de celui-ci, marqué par un but refusé au Gatinois Jean-Gabriel Pageau dans les derniers instants.
Devant déjà se débrouiller sans les services de Bobby Ryan, blessé à une main samedi à Toronto, ils ont perdu les services de deux de leurs meilleurs compteurs, Mark Stone et Mike Hoffman, en plus de l'attaquant de quatrième trio Tommy Wingels.
C'est la perte de Stone qui fait le plus mal, évidemment. L'auteur d'un but et quatre passes samedi soir avait marqué le premier but des siens au deuxième tiers pour ramener les siens dans le match alors que les Jets avaient pris les devants 2-0 au premier engagement. Avec 13:18 à faire en troisième, il a cependant dû prendre le chemin du vestiaire avec ce qui pourrait bien être sa deuxième commotion cérébrale de l'année, victime d'un coup à la tête du défenseur Jacob Trouba. Ce dernier ne s'est vu imposer qu'une mineure pour le coup dangereux par l'arbitre gatinois Francis Charron et son partenaire Brian Pochmara.
« C'est clairement un coup à la tête avec l'épaule, à l'endroit d'un des meilleurs joueurs de la ligue. On va laisser la ligue s'occuper de ça, ils font du bon travail... Ça ne regarde pas bien pour tous ces gars-là, mais on va attendre à (lundi) pour voir les rapports des médecins. On parle de plusieurs de nos meilleurs joueurs, présentement, ça ressemble à un désastre. On verra demain si le désastre est moins pire qu'on le pense. Pour l'instant, j'aime autant être prêt au pire », a commenté Boucher, qui n'a pas trop voulu en dire sur les blessures de Hoffman (blessé au bas du corps au premier tiers) et Wingels (sonné par une mise en échec de Dustin Byfuglien en troisième période).
« C'est certes un coup à la tête, je ne sais pas si c'était salaud ou non, on verra ce que la ligue dira. Ce sont des décisions qui ne nous reviennent pas, on doit accepter ce qu'ils vont dire », a pour sa part noté le capitaine Erik Karlsson.
Zack Smith a réussi l'autre but des Sénateurs en faisant dévier une passe de Derick Brassard avec son patin à la sixième minute du troisième tiers, répliquant à un but chanceux de Josh Morrissey qui faisait 3-1, son tir de la pointe déviant sur le défenseur des Sénateurs Cody Ceci.
Byfuglien, dès la deuxième minute de jeu, et Mathieu Perreault, chacun sur des passes de Mark Scheifele et Patrik Laine, avaient lancé les visiteurs en avant.
« C'est un coup de malchance, il (Ceci) va bloquer ça 9 fois sur 10, mais cette fois, il a tenté de s'enlever du chemin, mais la rondelle venait vite et a dévié un peu sur lui. Parfois, ces choses-là vont en ta faveur, d'autres non au fil d'une longue saison. Les gars se sont quand même battus dans des circonstances difficiles, ils ont tout laissé sur la glace », a noté Condon, qui a fait face à 20 lancers devant la cage ottavienne.
À l'autre bout, Connor Hellebuyck a été mis à l'épreuve à 34 reprises et il a été solide pour que les Jets (28-29-5) récoltent au moins un point de classement pour un quatrième match de suite (3-0-1).
« C'était un match difficile, on a quand même fait du bon travail pour se rallier. Ça n'a pas aidé qu'on ne connaisse pas un aussi bon début de match qu'eux, on a joué du hockey de rattrapage tout le match », estimait Zack Smith de son côté. 
Les Sénateurs (31-20-6) vont maintenant prendre le chemin du New Jersey lundi alors qu'ils amorceront un voyage de quatre parties à Newark mardi, après quoi ils iront en Caroline et en Floride pour trois autres parties en fin de semaine.
Pageau pensait avoir marqué
Jean-Gabriel Pageau s'est vu refuser un but en fin de partie.
Jean-Gabriel Pageau était convaincu qu'il avait compté en fin de match, mais l'arbitre gatinois Francis Charron a dit non, et la reprise vidéo n'a pas montré de façon concluante que la rondelle avait traversé la ligne des buts.
« Oui, j'étais certain. Avec mon angle, je prends mon rebond, je pousse la rondelle, elle est en avant de ma palette et ma palette est complètement dans le but. Je pense que c'est ce qu'on voit à la reprise, ma palette, sa jambière et sa mitaine qui sont reculées. Mais c'est juste les angles des caméras, il y avait beaucoup de trafic aussi, le gardien est dans son filet et l'arbitre est de l'autre côté du filet, il n'a peut-être pas la meilleure vue du jeu. Ce sont des choses qui arrivent, il n'y a pas grand-chose qu'on peut y faire, il est trop tard là », a mentionné Pageau après le revers de 3-2 contre les Jets.
« Tous les matches sont comme ça, tu frappes un poteau, mais deux millimètres de côté, ça rentre. C'est ça le sport, que ce soit un jeu ou une décision. C'est la beauté du sport. Évidemment, la beauté du sport n'a pas viré en notre faveur ce soir, mais côté effort et côté caractère, c'est clair que je pense que nos joueurs ont tout fait ce qu'ils pouvaient faire aujourd'hui. Ils ont travaillé jusqu'à la dernière seconde », a souligné son patron, Guy Boucher.
Erik Karlsson était convaincu que la rondelle avait franchi la ligne des buts. « Je n'ai pas vu tous les angles de caméra, mais ils ont regardé les reprises et n'ont pu déterminer que la rondelle était dans le but. Moi, de mon angle, je pense que la rondelle a probablement franchi la ligne, mais ce n'est pas à nous de juger s'ils l'ont vu dedans ou non », a-t-il indiqué.