Après s’être fait un nom avec les Sun Devils d’Arizona State, Joey Daccord a participé à son premier entraînement avec les Sénateurs d’Ottawa, mardi.

Daccord prêt pour un défi

NEW YORK – Joey Daccord ne manque certainement pas de confiance.

Au terme de sa première séance d’entraînement en tant que hockeyeur professionnel, le gardien de but que les Sénateurs viennent de mettre sous contrat souriait.

« La différence entre les lancers des joueurs universitaires et ceux de la LNH n’était pas aussi grande que je pensais », a-t-il déclaré.

C’est son évaluation bien personnelle de la situation.

Spectateur attentif, Marc Crawford a eu l’impression que son protégé « en avait plein les mains », particulièrement au début.

« Et c’est parfaitement normal, dit l’entraîneur-chef. Les jeunes gardiens qui arrivent ont soif de se prouver. Les vétérans ont aussi très envie de montrer aux jeunes qu’ils ont encore beaucoup de chemin à parcourir. »

Daccord n’a pas besoin de se pincer. « Jouer ici, c’était mon but. Tout ce que j’ai fait, depuis quatre ans, je l’ai fait dans le but de me rendre jusqu’ici. »

Pas de complexe d’infériorité, donc, pour ce jeune homme qui a été sélectionné au 199e rang par les Sénateurs, lors du repêchage amateur de 2015.

Daccord nous rappelle par ailleurs que le quart-arrière des Patriots de la Nouvelle-Angleterre, Tom Brady, a lui-même été choisi au 199e rang, lors du repêchage de la NFL.

Daccord a grandi en banlieue de Boston.

Il connaît bien les Patriots et leur quart vedette.

« Quand j’ai su que les Sénateurs m’avaient repêché au 199e rang, j’ai tout de suite compris que mon avenir serait radieux », ricane-t-il.

LOYAUTÉ

Daccord s’est vraiment fait un nom dans la dernière année, durant laquelle il a permis aux Sun Devils d’Arizona State de participer pour la toute première fois au tournoi éliminatoire printanier dans la NCAA.

Il a gagné 21 matches en saison régulière. Il a obtenu sept de ces victoires par voie de blanchissage.

Selon certaines dispositions de la convention collective, il aurait pu refuser les offres contractuelles des Sénateurs. S’il avait choisi de se prévaloir de son autonomie complète, en juin. Il y a fort à parier que plusieurs équipes auraient alors frappé à sa porte.

« Plusieurs facteurs m’ont poussé à signer mon premier contrat avec les Sénateurs. Le facteur le plus important, c’est le temps et l’énergie que l’organisation ont investis dans mon développement au cours des dernières années », fait valoir le jeune homme.

Daccord a développé une bonne relation avec l’entraîneur des gardiens d’Ottawa, Pierre Groulx.

La présence de Groulx a pesé lourd dans la balance, quand le moment est venu de se brancher.

Groulx a sans doute trimé dur avec Daccord.

« Je serai honnête avec vous. Lors de nos premiers contacts, je ne savais pas trop à quoi ressemblerait Joey, une fois rendu à maturité », dit-il.

Et maintenant ?

« Je crois qu’il possède tous les outils pour faire carrière dans la LNH. »

Groulx ne travaillait pas avec les Sénateurs, en 2015, lorsque Daccord a été repêché.

À cette époque, il occupait un poste dans l’organisation des Panthers de la Floride.

« À cette époque, quand je le regardais, je trouvais qu’il avait l’air hyperactif. Il en faisait tout le temps un peu trop. Ses glissades... Tout était exagéré. Il essayait de se donner en spectacle quand il aurait pu se contenter d’effectuer des arrêts tout simples. Il a réglé ce problème. Il est désormais bien en contrôle dans son demi-cercle. »

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De bons mots pour tous les espoirs devant le filet

« Nous n’avons jamais eu autant de profondeur devant le filet ! »

Pierre Groulx est fort optimiste, quand on lui parle de l’avenir des Sénateurs.

Et ce, même si les deux autres gardiens d’avenir de l’organisation, Marcus Högberg et Filip Gustavsson, ont vécu des hauts et des bas durant la saison.

Gustavsson a même vécu plus de « bas » que de « hauts ».

« Nous avions un plan, pour lui. Il devait passer une grande partie de la saison dans la Ligue East Coast. Les blessures nous ont poussés à changer nos plans. À un certain moment donné, Filip dominait la Ligue américaine au chapitre des minutes jouées. Il était aussi le gardien qui avait affronté le plus grand nombre de lancers. Nous lui en avons un peu trop demandé, cette année », constate-t-il.

Gustavsson a joué quelques bons matches à Belleville, récemment.

Högberg, pendant ce temps, connaît une deuxième moitié de saison du tonnerre.

« Nous l’avons vu jouer dans la LNH pendant un bout de temps. Et je crois qu’il s’est plutôt bien débrouillé », dit Groulx, au sujet de celui qui a conservé une fiche de 0-2-1 en quatre présences devant le filet.

« Il aurait mérité de gagner un match, quand nous avons affronté les Canucks de Vancouver, dit Groulx. Il a quand même profité de son séjour avec nous pour démontrer qu’il était capable de jouer dans la LNH. Et il a identifié certains aspects de son jeu qui peuvent être améliorés. »

Avant de mettre un terme à sa rencontre avec les journalistes, Pierre Groulx a tenu à ce qu’on parle de tous les jeunes gardiens qui appartiennent aux Sénateurs.

« Il ne faudrait pas oublier Kevin Mandolese », a-t-il insisté.

Le jeune Québécois que les Sénateurs ont repêché en 2018 poursuit son petit bonhomme de chemin dans les séries éliminatoires de la LHJMQ.

« Il vient de gagner sa première ronde en quatre matches consécutifs. J’ai eu la chance de me déplacer pour voir ses matches numéro trois et quatre. Il est calme. Il est en contrôle. Il utilise bien son gabarit. »