Joey Daccord déjoué par le capitaine des Sabres, Jack Eichel, en troisième période.

Daccord ne parvient pas à vaincre les Sabres

BUFFALO — Le verdict ? Daccord n’a pas été mauvais. Il n’a pas été génial, non plus. Il semblait fatigué en fin de match.

Joey Daccord a livré une performance digne d’un jeune gardien qui arrêtait du caoutchouc dans les rangs universitaires pas plus tard que la semaine dernière.

Il a effectué quelques beaux arrêts, ce qui nous laisse croire qu’il a une chance d’atteindre la Ligue nationale de hockey un jour.

Il a également laissé passer quelques tirs qu’un vétéran établi aurait maîtrisés.

Il n’a pas été capable de gagner son premier match.

Pour une rare fois, les pauvres fans des Sabres de Buffalo ont quitté le KeyBank Center avec le sourire.

Leurs favoris l’ont emporté, 5-2.

Une autre saison se termine en queue de poisson à Buffalo. Depuis la date limite des transactions, rien ne va plus chez les Sabres.

Ils présentaient une fiche de 2-15-2 à leurs 19 derniers matches, avant la visite des Sénateurs. Et encore. Leurs deux victoires avaient été acquises en prolongation.

La dernière victoire en temps réglementaire remontait au 23 février.

« Ils ont élevé leur jeu d’un cran à compter de la deuxième période. Nous n’avons pas été capables d’en faire autant. Joey nous a gardés dans le match. On aurait pu mieux le soutenir », pense Jean-Gabriel Pageau.

Le jeune Daccord n’est pas du genre à s’apitoyer sur son sort. « Le résultat n’a pas été celui que je souhaitais. Je suis quand même content d’avoir pu constater que j’ai du travail à faire si je veux connaître une longue carrière dans cette ligue », conclut-il.

Après avoir passé les trois derniers jours sous les feux de la rampe, il pourra retourner dans l’ombre.

Craig Anderson a regardé le match de jeudi en tenue de ville, sur la galerie de la presse. Par respect, on devrait lui permettre de prendre part au 82e et dernier match de la saison régulière, samedi soir, au Centre Canadian Tire.

Daccord retournera en Arizona, où il complétera sa session universitaire. On le reverra sans doute au camp de perfectionnement estival, en juillet.

En octobre, il poursuivra logiquement son cheminement dans les ligues mineures. Il pourrait se retrouver à Belleville. On pourrait aussi lui trouver un poste quelque part dans la Ligue East Coast.

Jason Pominville, Jack Eichel, Kyle Okposo, Sam Reinhart et le surprenant jeune défenseur suédois Victor Olofsson l’ont déjoué, à Buffalo.

Pageau marque

Les Sabres ont raté les séries chaque année depuis 2012. S’ils veulent éventuellement mettre un terme à cette séquence gênante, ils devront trouver une façon de s’améliorer devant le filet.

Carter Hutton a fait un superbe cadeau à Pageau, jeudi.

Le gardien qui provient du nord de l’Ontario cherchait la rondelle et ne regardait même pas dans la bonne direction quand le centre gatinois a marqué le deuxième but des Sénateurs.

C’était le premier but de Pageau en carrière contre les Sabres. Il avait affronté ce club rival de la section Atlantique à 19 reprises sans toucher la cible ! « Il doit bien y avoir d’autres équipes contre lesquelles je n’ai pas marqué », a-t-il réagi.

Anthony Duclair a marqué l’autre but des Sénateurs.

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POMINVILLE CRAQUE

Un petit match sans importance ?

Pas pour tout le monde !

Jason Pominville a été incapable de contenir ses émotions, jeudi. L’attaquant québécois des Sabres attendait les journalistes devant son casier, à la conclusion de l’entraînement matinal.

L’entrevue a duré un peu moins de 90 secondes.

« Excusez-moi. Je vais revenir sous peu », a-t-il dit, les yeux rougis.

Il n’est jamais revenu.

Le vétéran de 36 ans vit possiblement ses dernières heures dans l’organisation des Sabres. Son contrat arrive à échéance et l’équipe cherche constamment à se rajeunir.

« J’essaie de ne pas trop y penser. Vous m’en avez parlé à quelques occasions, durant la saison. Moi, j’essayais de profiter du moment », a-t-il lancé d’entrée de jeu.

Pominville a néanmoins reconnu que la réalité l’avait rattrapé de plein fouet, alors qu’il se rendait à l’aréna en voiture pour le tout dernier match de la saison régulière.

« Depuis le début de ma carrière, j’ai essayé de profiter au maximum de chaque expérience. Depuis le jour de mon repêchage, je n’ai voulu qu’une chose. J’ai toujours voulu porter le chandail des Sabres », a-t-il poursuivi.

« C’est à ça que je pensais en me rendant à l’aréna ce matin. »

Pominville a passé près de 70 % de sa carrière à Buffalo. Il a quitté pendant quatre ans, pour aller voir comment se déroulent les choses dans l’Association Ouest.

Il a joué son 1000e match en carrière à Ottawa, le 1er novembre dernier. Il a marqué un but dans une défaite de 4-2 des Sabres contre les Sénateurs.

« Jason est un être humain exceptionnel. Un coéquipier exemplaire. Un vrai pro. Il fait tout ce qu’on lui demande, sans hésiter », résume son entraîneur des deux dernières années, Phil Housley.