Craig Anderson n’a pas mâché ses mots quand il a été question du jeu défensif de l’équipe devant lui cette saison.

Guy Boucher « ne s’est pas adapté », dit Anderson

TAMPA BAY — Le congédiement de Guy Boucher a été une surprise dans le vestiaire des Sénateurs, s’il faut se fier aux vétérans Craig Anderson et Mark Borowiecki, les seuls qui ont été rendus disponibles pour le commenter avant le départ du club vers la Floride.

Mais leurs propos laissent croire que c’était ni plus ni moins une nécessité.

Le gardien Anderson, qui vivait un troisième changement d’entraîneur en huit ans, n’a pas mâché ses mots quand il a été question du jeu défensif de l’équipe devant lui cette saison.

« Ça a été le statu quo toute l’année, on ne s’est pas vraiment amélioré au fil de la saison. On répète les mêmes erreurs et il n’y a pas d’améliorations. Alors qu’est-ce qu’on fait ? On n’a pas essayé de changer, on tentait encore de mettre une cheville carrée dans un trou rond. Ça ne marchait pas et on continuait d’essayer ça, ce qui était frustrant d’un point de vue de joueur, parce que tu fais ce qu’on te demande, ou que tu penses qu’on te demande », a-t-il déclaré.

« Ça ne marche pas et si tu essaies autre chose, c’est un couteau à double tranchant. Ça pourrait marcher, mais si ça ne marche pas, tu te fais crier après parce que tu n’as pas fait ce que tu es supposé faire. Mais si tu fais ce que tu es supposé faire, tu cours après ta queue. Les gars doivent lire le jeu, c’est un jeu rapide, et parfois, la lecture du jeu n’est pas la bonne. Parfois, tu dois vivre avec ça, tant que les gars apprennent de leurs erreurs et qu’on peut grandir », a-t-il ajouté, mentionnant aussi que Boucher ne s’est pas adapté quand son système de jeu a été « exposé ».

Anderson a dit comprendre le geste de la direction. « Je vois une raison. Il y a un groupe de jeunes ici, on joue le même genre de hockey depuis un bout de temps et ça ne fonctionnait pas. On n’a rien changé pour s’adapter ou essayer de nouvelles choses. Le changement survient probablement en raison de la frustration de voir le même style de hockey depuis un bout de temps. On a un groupe de gars qui ont besoin de s’améliorer, peut-être que cette décision va relancer leur progression. »

Borowiecki, pour sa part, pensait que c’était une façon comme une autre d’essayer de changer l’atmosphère dans le vestiaire morose de l’équipe depuis les départs de Mark Stone, Matt Duchene et Ryan Dzingel.

« Dans n’importe quelle entreprise compétitive, si les résultats et les performances ne sont pas là, il va y avoir des changements. On voit ça ici... Ça fait longtemps qu’on n’obtient pas de résultats. Les joueurs ressentent les effets de ça, nous avons perdu des gars ici qui étaient importants pour nous et maintenant, nous perdons un entraîneur également. Je pense que ça montre qu’il y a beaucoup de blâme à distribuer... Quand les résultats ne sont pas là, il est difficile de garder les joueurs engagés dans la cause », a-t-il indiqué.

« Nous ne sommes pas satisfaits de juste jouer les 18 derniers matches en continuant à faire les mêmes choses pour perdre. Si c’est une façon d’explorer une option pour générer du succès pour notre équipe, je pense que les gars sont “OK” avec ça », a-t-il souligné également.

Concernant Marc Crawford, qui s’amène en relève, il a indiqué que « on ne peut rien redire concernant son c.v. dans la LNH. On a besoin de quelqu’un pour avoir une solide influence sur nous, nous avons un jeune groupe qui est en transition présentement », espère-t-il.