Marc Crawford se souvient des débuts de Daniel Sedin (droite) et son frère Henrik dans la LNH alors qu’il était leur premier entraîneur chez les Canucks de Vancouver en 1999.

Crawford se souvient des «kids» Sedin

BUFFALO —Les hommages fusent de toutes parts pour les jumeaux Daniel et Henrik Sedin, qui vont mettre fin à toute une époque à Vancouver en disputant leurs derniers matches avec les Canucks cette semaine, après l’annonce qu’ils prendront leur retraite à la fin de cette saison.

L’entraîneur associé des Sénateurs Marc Crawford a ajouté le sien à ce concert mercredi, à la veille de leur dernier match devant leurs partisans au GM Center.

Il a été invité à le faire parce qu’il a été leur premier entraîneur quand ils sont débarqués dans la LNH à l’âge de 19 ans, après avoir été les deuxième et troisième choix du repêchage de 1999.

« Ils étaient des “kids” fantastiques quand je les ai eus, s’est-il rappelé. Je me souviens que nous avions eu notre camp d’entraînement en Suède quand ils sont arrivés. Ça avait été tout un “happening” pour nous parce que c’était gros là-bas, ils avaient remporté un championnat avec Modo l’année précédente, donc ils avaient appris à gagner à un jeune âge. On voyait dès le départ qu’ils avaient de l’excellence en eux, c’était juste une question d’ajouter de la force et de comprendre la ligue, toutes les choses qu’une maturité naturelle vous donne. »

Quand ils sont arrivés à Vancouver, les Canucks étaient menés par des vétérans comme Markus Naslund, Brendan Morrison et Todd Bertuzzi, avec Mattias Ohlund à la ligne bleue. « Ces deux Suédois (Naslund et Ohlund) ont eu beaucoup d’influence sur les jumeaux, ils leur ont donné un bon exemple de ce qu’est un professionnel, tout comme Trevor Linden », note Crawford.

Les Sedin n’ont pas viré la ligue à l’envers à leurs débuts, Daniel récoltant 34 points (20 buts) contre 29 pour Henrik (9 buts). « Ils étaient assez frêles quand ils sont arrivés, ils se faisaient brasser pas mal. Mais chaque année, on voyait une amélioration et ils étaient de plus en plus capables de composer avec les rigueurs du hockey de la LNH... Ils avaient une éthique de travail à un niveau différent. Ils faisaient beaucoup de choses ensemble, ce qui les a aidés et a aidé notre club aussi », note Crawford, qui les a dirigés pendant cinq saisons.

Comme le Gatinois Alain Vigneault après lui, Crawford a eu la tâche comme entraîneur de trouver un ailier droit capable de bien les compléter, ce qui n’était pas si compliqué que ça, selon lui.

« Ils avaient ce sixième sens pour savoir où l’autre était sur la glace... Mais ils travaillaient fort aussi pour comprendre les systèmes et la façon de jouer de leurs coéquipiers. Ils avaient le désir de toujours s’améliorer, ce qui leur a permis de devenir aussi bons qu’ils le sont devenus, souligne-t-il. Peu importe qui tu mettais avec eux, ils s’informaient sur ce joueur et ils étaient très bons pour identifier les forces de celui-ci pour les utiliser à leur avantage. Tout le monde qu’on plaçait à leurs côtés avait du succès. »

Crawford racontait l’exemple de Trent Klatt, un joueur qui était surtout dans les mineures. « Il n’arrivait pas à se faire une place avec nous. L’année suivante, on l’a mis avec les jumeaux et il a connu une bonne saison, ce qui lui a permis d’avoir un contrat de plusieurs années avec les Kings de Los Angeles. Jason King en est un autre, il savait comment se découvrir et les jumeaux l’aimaient bien. Il a été la recrue d’un mois cette saison-là dans la LNH. Anson Carter en est un autre, il faisait bien avec eux. Il a obtenu un contrat incroyable des Blue Jackets de Columbus, en grande partie en raison du travail de ces gars-là pour lui. Todd (Bertuzzi) adorait aussi quand on le “double shiftait” pour jouer avec eux, vu que son jeu était axé sur la possession de rondelle. Un soir, j’ai placé Wade Brookbank avec eux, un matamore, et il a compté deux buts. Les jumeaux étaient tellement contents pour lui », s’est-il remémoré.

Crawford a aussi indiqué que comme plusieurs personnes à travers la LNH, il a toujours eu de la misère à les départager. « Quand ils sont côte à côte, ça va. Mais quand tu vois un sans l’autre, il faut vraiment que je pense à ce qui les départage. J’ai encore de la misère aujourd’hui », a-t-il blagué, ajoutant qu’il ne les a pas séparés trop souvent.

LES SÉNATEURS EN BREF

Pas de Karlsson

Erik Karlsson n’avait pas voyagé avec ses coéquipiers mardi, et il ne s’est pas rapporté à Buffalo mercredi non plus. «Il ne jouera pas aujourd’hui. Je ne l’attends pas lors des prochains matches (à Pittsburgh et Buffalo), mais on va voir. Il l’a déjà fait (rejoindre le club par ses propres moyens)», a indiqué l’entraîneur-chef Guy Boucher en matinée. Mark Borowiecki l’a donc remplacé aux côtés de Thomas Chabot, alors que Filip Chlapik a réintégré l’alignement en attaque. Mark Stone, lui, n’était pas prêt à revenir. «Je dois encore faire attention, c’est assez solide, mais en une ou deux pratiques, il est difficile de dire si c’est à 100 %. Je jouerais si on était dans une course aux séries, mais tu ne veux pas te blesser à nouveau et affecter ton entraînement estival», a dit Stone, qui a révélé qu’il a subi une entorse à une jambe.

Commotion pour Condon

La saison du gardien Mike Condon a pris fin prématurément alors que Guy Boucher a fait savoir qu’il a subi une commotion cérébrale lorsqu’atteint par un tir en plein masque à la fin de la pratique de mardi à Ottawa. Craig Anderson a donc obtenu le départ à Buffalo qu’il devait obtenir, et Daniel Taylor a agit comme substitut, Boucher indiquant que ce dernier pourrait jouer un des derniers matches vu que son club jouera deux parties en 24 heures. «Quand tu es dans les mineures, tu dois toujours être prêt au cas où tu obtiennes cet appel», a dit Taylor, gardien originaire d’Orléans qui a joué deux matches dans la LNH avec Calgary en 2012-2013, avant son passage en KHL. Boucher ne pense pas que l’organisation fera appel à l’espoir Filip Gustavsson à Boston, vu que ce serait beaucoup demander à un jeune de 19 ans.

Entre les lignes

Le défenseur Cody Ceci a indiqué mercredi qu’il n’a pas encore reçu d’invitation d’Équipe Canada en vue du Championnat mondial de mai en Norvège. «Je n’ai rien entendu. Si ça arrive, tant mieux, sinon, je vais commencer mon entraînement estival. Ça avait été une excellente expérience il y a deux ans en Russie quand on avait gagné l’or», a-t-il dit... L’attaquant des Sabres Benoit Pouliot, originaire dAlfred, complète une saison décevante avec les Sabres, lui qui a été laissé de côté mercredi soir. «Ça a été correct, ordinaire, frustrant un peu avec la manière qu’on a joué, être au dernier rang et ne pas gagner, ce n’est pas plaisant», a-t-il confié au Droit. Ayant signé un contrat d’un an, Pouliot, qui a 13 buts et 19 points en 74 matches, risque de se chercher un huitième club dans la LNH cet été.