Marc Crawford s’est adapté à une nouvelle réalité après son séjour en Suisse. «Les arbitres de la LNH sont comme les joueurs, ils n’acceptent pas de se faire crier après. J’ai dû changer à ce niveau et ça ne me manque pas.»

Crawford crie moins qu’à Vancouver

VANCOUVER — Les Sénateurs d’Ottawa ont une fiche de 3-4-1 depuis que Marc Crawford a remplacé Guy Boucher comme entraîneur-chef par intérim et le hasard du calendrier fait qu’il arrivera à mi-chemin de son essai de 18 parties derrière leur banc dans une ville qu’il connaît bien.

Ayant dirigé les Canucks de Vancouver pendant huit saisons, en plus de jouer dans leur organisation pendant plus de neuf campagnes (176 matches dans la LNH), Crawford demeure une figure populaire sur la côte du Pacifique, lui qui est deuxième sur la liste des entraîneurs des Canucks, derrière le Gatinois Alain Vigneault, pour le nombre de matches (529) et les victoires (246).

«C’est toujours bien de revenir à Vancouver, surtout quand il fait beau. La vue des montagnes sur le côté nord de la ville ne me rendra jamais malade. C’est une belle ville où vivre et où travailler... J’y ai toujours une résidence [où il passe environ deux mois l’été] et ma fille habite ici. Nos enfants ont grandi et sont allés à l’école ici, donc c’est toujours spécial de revenir ici pour moi», a-t-il indiqué après avoir dirigé une courte séance d’entraînement au Rogers Arena.

Crawford avait été embauché par les Canucks en janvier 1999 pour remplacer Mike Keenan et il dressait certains parallèles entre la formation dont il avait hérité à l’époque et celle qu’il dirige maintenant dans la capitale nationale.

«À ma première saison complète passée ici, l’équipe avait du bon jeune talent. Les Sedin [Henrik et Daniel] avaient été repêchés cette année-là, mais ils ont joué en Suisse. On savait que l’année suivante, il y aurait deux gros morceaux qui s’ajouteraient à l’alignement. On avait quand même plusieurs autres jeunes qui ont progressé. On a fait un échange pour Brendan Morrison qui s’est avéré énorme, alors qu’il a formé un gros trio avec Markus Naslund et Todd Bertuzzi. Des jeunes comme Matt Cooke, Harold Druken, Peter Schaefer se sont amenés, et on avait de bons défenseurs comme Ed Jovanovsky et Mattias Ohlund», s’est rappelé Crawford.

«Notre équipe [Ottawa] n’est pas à ce niveau-là encore, mais l’an prochain, on va s’attendre à ce que Thomas Chabot fasse un autre pas en avant, même chose pour Colin White et Brady Tkachuk, en plus des autres jeunes qui vont arriver et vont jouer leur première saison complète dans la LNH. C’est un groupe excitant pour nous. On développe un noyau qui devrait être pas mal bon autour duquel on pourra bâtir. Présentement, on veut s’assurer qu’ils progressent et qu’ils continuent à faire les bonnes choses», a-t-il ajouté, mentionnant aussi les noms de Max Véronneau, Christian Wolanin et Rudolfs Balcers comme des espoirs pour l’avenir.

Avant de venir en relève à Boucher, le 2 mars à Tampa Bay, Crawford avait dirigé son dernier match dans la LNH en 2011 avec les Stars de Dallas.

«J’adore être de retour dans la LNH, c’est la meilleure ligue au monde, tu affrontes les meilleurs et dirige les meilleurs... Ici, c’est une situation où on a tenté de faire quelques changements subtils, mais surtout de changer l’atmosphère autour des gars. Ce sont les joueurs qui font ça, ils s’approprient un peu plus ce qu’on fait. Nous sommes encore loin du produit final, de ce que le club était au milieu des années 2000 ainsi qu’en 2016. On est loin de ça, mais on joue mieux récemment», affirme Crawford, qui a vu son club coller deux gains de suite à la fin de la semaine dernière.

À son retour après un exil de quelques saisons en Suisse, l’homme de hockey originaire de Belleville a remarqué un grand changement dans la LNH. «La plus grande différence est que les arbitres de la LNH sont comme les joueurs, ils n’acceptent pas de se faire crier après. J’ai dû changer à ce niveau et ça ne me manque pas. Il y a eu un temps où je perdais les pédales un peu trop souvent. Vous pouvez aller voir sur YouTube si vous ne me croyez pas», a-t-il blagué.

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PAS CERTAIN QUE NILSSON AFFRONTE LES CANUCKS

Marc Crawford a causé une certaine surprise mardi en refusant de confirmer le gardien qui a remporté les deux derniers gains de son équipe, Anders Nilsson, comme partant pour affronter son ancien club, les Canucks, mercredi soir. 

«Je vais décider ça plus tard, la seule chose qui est certaine est que nos deux gardiens vont jouer chacun un match mercredi et jeudi [à Calgary]», a-t-il indiqué. Indice que Craig Anderson pourrait affronter les Canucks, qu’il a défaits 3-2 en tirs de barrage lors de la dernière visite du club en Colombie-Britannique (10 octobre 2017), il a pris place devant le filet du partant pour la pratique de mardi, sauf que celui qui n’a pas gagné à ses 14 derniers départs est resté plus longtemps sur la glace que Nilsson, acquis des Canucks le 2 janvier dernier. 

«Que je joue contre eux ou non, ça va être un match émotif pour moi. Ça va être une sensation différente alors que j’avais beaucoup d’amis au sein de leur équipe. En bout de ligne, ça reste le même jeu», a indiqué Nilsson, qui entendait aller fêter ses 29 ans avec quelques compatriotes suédois des Canucks, comme le gardien Jakob Markstrom.